New money (privilège de conciliation) ou prêts accordés dans le cadre de la conciliation

Ndlr : la définition stricto sensu est surlignée en gras, c’est tout ce qu’elle a d’original, le reste du texte est naturellement gras par son contenu, et n'a donc pas besoin de cet artifice.

Il est bon de ne pas toujours mâcher ses mots, et d'ailleurs Jean Yanne disait de Cambronne qu'heureusement pour lui il ne mâchait pas ses mots.

Aussi, bien qu'absolument et définitivement allergique aux ridicules anglicismes employés par "d'amusants" (et ridicules ?) professionnels qui s'écoutent parler (généralement aucun ne comprend complètement les autres, ce qu'ils n'osent pas s'avouer mutuellement, chacun prenant un air entendu censé dissiper le doute ... rassurons nous cela ne changera d'ailleurs rien au résultat final ... les vrais Anglais, qui eux parlent l'anglais, ne comprennent pas non plus mais peu importe on ne le dira pas) et pensent que ces comportements affligeants révèlent au monde admiratif l'appartenance à une élite devant laquelle il serait quand même ahurissant que le vulgum pecus ne se prosterne pas d'éblouissement malgré de puissantes lunettes solaires, il faut bien donner une définition de ce terme, hélas employé ridiculement et fréquemment par lesdits.

Pour parler avec des mots que des gens normalement constitués comprennent, on pourrait dire en français "argent nouveau" ... certains diront "blé" et d'autres moins raffinés diront "thune" , et d'autres qui sont les plus "chers" diront "de suite" "la solde", le français étant, quoi qu'en pensent les sus-dits,  une langue riche qui se suffit à elle même.

Plus précisément l'expression, ou plus exactement le texte, puisque c'est la loi - française elle aussi - qui envisage la chose, vise "un nouvel apport de trésorerie" ... il suffisait d'y penser ... vous l'avez rêvé, le législateur l'a fait ... les autres ci-dessus (la position "au dessus" leur est réservée, ils s'y épanouissent), les autres qui n'imaginaient pas qu'on tomberait si bas (nous, pas eux évidemment) que la loi se comprenne sans eux, et ne peuvent se satisfaire de tant de simplicité qu'ils jugent dégradante, s'en remettent difficilement et resteront des reclus pathétiques campés dans leurs hautes sphères où on s'entre-congratule d'être tellement satisfait de soi  ... "new money"  ça leur restera comme un refrain, sans même qu'ils sachent que du britannique l'essentiel à conserver est Benny Hill et "sacré Grall" des Monty Python, et d'ailleurs il suffit de connaître l'histoire de la banqueroute de Law pour constater les dégâts occasionnés par l'inspiration britannique... mais, comme disait Brassens, "le pluriel ne vaut rien à l'homme" je me garderai de dire la suite, si vous voulez vous la trouverez, mais évitez de mettre plus de quatre d'entre eux ensemble, déjà qu'ils ont des prédispositions !

Evidemment, leur dire "un nouvel apport de trésorerie", c'est être regardé par eux avec mépris, effroi et dégout comme si on était une déjection canine dans laquelle ils viennent de marcher de concert mais du pied droit, on sent qu'on est suspecté d'avoir un cerveau d'huitre genre "zézette épouse x" dans "le Père Noël est une ordure", ... mais là encore faisons appel à Jean Yanne: "il n'est pas plus grande volupté que d'être pris pour un con par un imbécile"

Concrètement, au sens de la loi, il s'agit des apports de trésorerie effectués au profit d'une entreprise dans le contexte bien particulier d'une procédure de conciliation. S'il advient que l'entreprise soit ensuite en procédure collective, a priori ces apports sont traités en rang de créance antérieure et ont vocation à être des créances chirographaires ce qui n'est pas un traitement favorable, alors même que l'apport de trésorerie était précisément destiné à éviter la procédure collective et bénéficie donc aux autres créanciers. Pour cette raison la loi institue un privilège qui bénéficie à ces apports de trésorerie s'ils sont intervenus dans le cadre d'une conciliation avec accord homologué. Dans ce cas, ces créances sont traitées en rang très favorable, puisqu'elles passent avant même les  créances postérieures au jugement d'ouverture considérées comme utiles et ne sont primées que par les frais de justice et le superprivilège des salaires

L'article L611-11 , qui, contre toute attente de l'élite ratée évoquée ci-dessus, parvient donc, de surcroit assez facilement, à décrire en français un processus français ("étonnant non ?", comme aurait dit qui vous ne savez pas forcément) , dispose en effet :

"En cas d'ouverture d'une procédure ,de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, les personnes qui avaient consenti, dans le cadre d'une procédure de conciliation ayant donné lieu à l'accord homologué mentionné au II de l'article L. 611-8, un nouvel apport en trésorerie au débiteur en vue d'assurer la poursuite d'activité de l'entreprise et sa pérennité, sont payées, pour le montant de cet apport, par privilège avant toutes les autres créances, selon le rang prévu au II de l'article L. 622-17 et au II de l'article L. 641-13. Les personnes qui fournissent, dans le même cadre , un nouveau bien ou service en vue d'assurer la poursuite d'activité de l'entreprise et sa pérennité bénéficient du même privilège pour le prix de ce bien ou de ce service.

Cette disposition ne s'applique pas aux apports consentis par les actionnaires et associés du débiteur dans le cadre d'une augmentation de capital.

Les créanciers signataires de l'accord ne peuvent bénéficier directement ou indirectement de cette disposition au titre de leurs concours antérieurs à l'ouverture de la conciliation."

et l'article L622-17 auquel il renvoi dispose en son II

II.-Lorsqu'elles ne sont pas payées à l'échéance, ces créances sont payées par privilège avant toutes les autres créances, assorties ou non de privilèges ou sûretés, à l'exception de celles garanties par le privilège établi aux articles L. 3253-2, L. 3253-4 et L. 7313-8 du code du travail, des frais de justice nés régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins du déroulement de la procédure et de celles garanties par le privilège établi par l'article L. 611-11 du présent code."

Certaines décisions considèrent que le privilège subsiste si en suite de la conciliation est prononcée une première procédure suivie d'un plan, ensuite résolu et donnant lieu à une seconde procédure: le privilège pourra être invoqué dans cette seconde procédure ( Cour d'appel de Paris 6 octobre 2017 n°16-20078 Selarl Sarthe).

Enfin et comme il ne faut pas mourir idiot, ou en tout cas pas complètement, ce qui est parfois une lutte de tous les instants, de surcroit souvent vaine, mais certains y parviendront, on doit pour faciliter la chose autant que possible, dévoiler ici le seul anglicisme véritablement révélateur de l'appartenance à une élite, bien réelle celle là ... pas de danger tous ne comprendront pas : "my backside is chicken" ... ne sauront où le trouver et par quel exceptionnel talent il a été imaginé que les membres de l'élite en question, lecteurs du dit (ou plus exactement du non dit)  ... et ceux là sont rares. Il ne parlait certainement pas anglais, mais avait inventé un langage Rabelaisien bien à lui, tellement évident que tout lecteur qui le mérite le comprend - les autres ils s'en moquait - : c'est exactement la subtilité et la finesse de cet anglicisme: il est certainement impropre mais comment ne pas s'en délecter ? 

Personnellement je n'ai donné un livre de cet auteur qu'une fois et je ne le regrette pas, c'est la seule personne qui le méritait

Pour un "vrai" juriste (il y en a), de l'anglais tout est déjà dit, c'est déjà trop et lui donner une importance qu'il n'a pas.

Ajoutons que le français ça sonne bien quand même : ce n'est pas pour rien que l'académie Française dans son vocabulaire "disruptif " (voilà un mot français qu'il est joli !) a retenu le "vol à la souris" (pour ne pas dire au mulot) , du coup ça en devient presque sympa comme infraction, à la place de "mouse jacking" (voir journal officiel du 7 décembre 2018 Commission d'enrichissement de la langue Française)

En outre tout trouve son origine dans le droit romain qui, lui, était si riche, puis dans les constructions que des grands noms du droit français ont su imaginer.

Le sérieux qui préside à la rédaction de ce site oblige donc à revenir à des locutions latines.

En voici quelques unes. "Ecce Homo" "Manou Militari" "mens sana in corpore salo" "Testis unus, testis nullus" "Veni, vidi, vici" repensées en son temps par un génie de la langue française qui a su leur donner la plus exacte et savoureuse traduction. Mais, là encore, peu semblent partager le plaisir de le lire, sinon même à quatre ils seraient protégés des foudres de Brassens ... et encore faut-il pour cela avoir le privilège de savoir de qui nous parlons ici, pour rechercher lesdites traductions ... vous ne le regretterez pas.

Aussi si vous venez voir ce site uniquement pour lire d’obscures définitions juridiques, en pensant que son rédacteur s’emploie à essayer de rendre compréhensible ou en tout cas un peu plus lumineux ce que le législateur s’ingénie à rendre abscons, et qu’il est certainement un austère liquidateur, vous êtes sans doute en dessous et un peu à côté de la vérité ... alors si c’est ça, passez votre chemin sur d'autres pages et gardez le terme « new money », je vous le dis. Si vous pensez être un angliciste distingué, il n'est pas évident non plus que vous trouviez avantage à poursuivre la lecture, la vérité est parfois cruelle.

Pour ceux qui resteront sur cette page, on espère par attrait de la dérision, sachez que l’auteur des traductions de ces locutions latines disait d’un type que nous nommerons "xxx" pour ne pas lui faire une publicité imméritée, lequel avouait penser sincèrement que si on n'a pas de Rolex on a quand même raté sa vie (et comme c'est un type "distingué" il a ajouté, quand sa femme lui en a offerte une, que c'était la moins chère ... classieux non ?) : l'auteur donc, disait de ce type « xxx est-il un con? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu’à poser la réponse: xxx est-il un con ? De deux choses l’une, ou bien xxx est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien xxx n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »

Le possesseur de ce type d’engin est souvent utilisateur éclairé (c'est ce qu'il croit) d’anglicisme, et personnellement je n’aurais pas posé la question, et l’aurais classé d'office à un con virgule cinq, ne faisons pas de quartier en disant que c’est la moitié d’un con ! En plus le con angliciste Rolexé (modèle grosse loupe pour la date pour qu'on voit de loin que c'est bien une Rolex, je ne parle pas du joli modèle flipper) étant spontanément content essentiellement de lui, puisque lui seul existe véritablement à ses yeux, en aurait été flatté, con comme il est, ce con.

Faites le test:  sur la citation ci dessus remplaçons "xxx" par le nom de l'utilisateur d'anglicisme, Rolexé ou pas, candidat impétrant : vous ne serez pas surpris que la phrase soit si mélodieuse: ça sonne bien, il était tellement prédestiné ! Un beau profil de gagnant !

Certains passent presque inaperçus au premier abord: méfiez vous ils sont parmi nous, il semblent normaux ... mais ça ne dure pas. On s'y tromperait tant qu'ils n'ont pas parlé, surtout d'eux, et évidemment par de savants anglicismes. J'avais lu un tag dans la rue "les cons sont parmi nous" et je dois dire que le type était assez bien informé.

D'autres affichent de tels faciès de gueule de raie (je parle de raie culière bien entendu) qu'à ce stade ça en est de la franchise, on les inciterait volontiers à y enfiler un slip kangourou et à se nourrir de suppositoires, et on s'étonne qu'ils n'en usent pas régulièrement pour s'assoir ... tout le monde n'a pas bi-raie et c'est une riche alternative qui soulagerait l'œil de leurs contemporains ! C'est spécialement pour eux qu'on a inventé la célèbre blague "la procédure n'est pas orale elle est anale".

Ils annoncent la couleur en commençant leurs phrases par un espèce de borborygme qui leur permet de s'assurer que l'attention de tous est focalisée sur eux, sinon c'est pas la peine qu'ils gaspillent leur énergie si l'assemblée n'est pas captivée, suivi de "je  voudrais pas dire de connerie" ce qui est généralement un aveu, précisément, de ce que, malheureusement, ils en disent ... le miroir réfléchit sans parler pour autant, eux c'est exactement l'inverse.

La plupart trouverait une place plus appropriée dans un champ à regarder passer les trains avec d'autres bovidés dont il est bien connu que c'est l'activité neuronale majeure : une fois dans le troupeau on ne les distinguerait plus. De plus il convient, dans ce texte de haute tenue morale, de relever que le mot "train" s'écrit de la même manière en français et en anglais, l'anglais ayant lamentablement imité le français: le bovidé angliciste, bien que ne parlant ni totalement français ni du tout anglais, devrait arriver à s'entendre avec les autres pour écrire un recueil de pensées sous le titre "songeries bovines".

Enfin parlons des plus caractéristiques, attention je parle de l'élite de l'élite, préparez vous à être épatés. 

On les repère facilement : en principe ils se déplacent par paire (comme les fesses mais en moins pratique ), généralement déguisés avec des codes d’habillement (ils disent évidemment dress-code) bien rodés (ce qui présente l’avantage non négligeable de dissimuler une partie leur pénible anatomie) ... comme un uniforme imposé :  même style de cravate, mocassins à gland (il faut oser !), blazer bleu marine croisé avec boutons dorés avec une ancre, un blason d'opérette, (si si, c'est à ce point)

Je sais pas vous, moi, déjà les blazers je suis pas emballé, mais les blasons sur les blazers alors là je suis vraiment pas fan, en principe c'est un aigle royal, ça fait un peu gardien de zoo - ce qui en l'espèce serait une comparaison intéressante - mais là le bestiau il est tout vouté, en fait c'est un vautour, qui tient fermement un code civil, avec une telle détermination qu'on risque pas de l'ouvrir, ce qui pour le coup n'est pas grave, l'heureux porteur du blazer n'en a jamais ouvert il va pas commencer maintenant et si on y regarde de plus près l'oiseau charognard a les menottes, ce qui est mauvais signe pour le client, une pochette qui mousse, assortie aux chaussettes (avec des jarretelles pour chaussettes évidemment, pas de quoi s'exciter c'est pas du tout sexy, c'est simplement ridicule, je savais même pas que ça existait), chemises à leurs initiales comme si on avait besoin de les connaître, et, détail qui fait très piche (mais là tout le monde peut pas comprendre le mot qui est intraduisible et vraiment local, à la capitale on sait pas), le dernier bouton de la chemise pas boutonné sous le nœud de cravate bien gros et bien lâche (on espère que c'est pas une chemise à manches courte mais on peut raisonnablement le craindre). 

Evidemment, mais ça tombe sous le sens, la chemise c'est pas n'importe quelle chemise. Vous savez rayée blanc et bleu, sauf le col qui est tout blanc, ils pensent que ça fait "traider" : en fait cet accoutrement et la tête de carnassier, mon pauvre, c'est un truc à pas leur confier son sac le temps d'aller pisser, au contraire même, le type tu le croises, il a même pas besoin de te demander quoi que ce soit, tu poses doucement ton portefeuille et ta montre par terre, ton costume (normal ton costume, pas un truc de clown) bref tu gardes juste le caleçon et tu mets les mains en l'air comme pour un hold up tellement il porte sur sa figure qu'il est là pour te dévaliser. Et encore bien heureux qu'il te laisse le caleçon, la chance, c'est juste parce que lui il met des slips (enfin un), le modèle kangourou à poche devant (une poche, je vous demande à quoi ça peut bien servir à cet endroit où a priori on stocke pas du poil à gratter, sauf pour ceux qui espèrent retrouver ainsi une sensibilité perdue), et à fins trous-trous qui rendent toute décence impossible, qu'on dirait une cote de maille, mais bien lâche, avec les couilles qui pendent en dehors, comme gros dégueulasse de Reiser.

Bref je vous le dis, vous prenez un épouvantail dans la campagne, vous le déguisez comme ça, à supposer qu'il accepte, ce qui est pas gagné car il a de l'amour propre l'épouvantail, et ben les oiseaux se partagent en deux groupes, mais c'est pas pour jouer au foot, un groupe qui rigole à en pleurer et l'autre, horrifié, qui déménage définitivement dans la vallée voisine. Y a juste un garagiste qui récupère la chemise rayée à col blanc pour essuyer les jauges à huile, mais même pour ça c'est pas bon, le tissus est trop amidonné, et son apprenti se fout de sa gueule à cause des rayures. 

Il convient de préciser dans cette étude scientifique que pour leurs "déplacements professionnels" en province - pour ceux qui proviennent de la capitale, c'est à dire la très grande majorité, vous vous en doutiez - , histoire d'en mettre plein la vue à l'adversaire et que la stupéfaction le déstabilise, "ils" (eux, l'élite, pas les garagistes) mettent parfois malgré tout une tenue style "dé-con-tracté chic" (c'est ce qu'ils pensent mais le "dé" n'est pas privatif et la seconde syllabe a tendance à faire bande à part). 

S'ils osaient ils mettraient leur belle casquette de capitaine avec l'ancre de marine qu'ils arborent pour piloter leur yacht (au moteur), mais ils veulent pas trop susciter l'envie et l'admiration, d'autres tentent le pantalon de gardian, la chemise à fleur et le béret, pensant passer inaperçus (ce qui n'est pas leur qualité première, et pour le coup c'est un échec cinglant, tout le monde hurle de rire) et faire couleur locale, dans la droite ligne de l'image arriérée qu'ils ont du bas peuple.

Le plus du plus c'est le chapeau en feutre avec une plume de paon véritable (la plume, et d'ailleurs le paon aussi à y être), encore qu'il faille ici reconnaître que c'est réservé à des spécimens hors norme.

Mais la plupart du temps ils se "contentent" :

- d'un pantalon rouge (ça fait corrida, mais à mon avis ils surestiment un peu la célérité de leur salutaire fuite) à large revers, avec

-  si on a de la chance un "polo" d'une marque avec un sympathique carnassier vert,

- si on en a moins une chemise blanche de costume, en tergal, bien cintrée avec le col bien raide et pointu mais là sans cravate et ouverte sur le torse in-musclé, laquelle dépasse du pantalon pour faire "débraillé on va chez les ploucs", 

- et des mocassins bateau - à gland quand même, et avec des chaussettes ultra fines de ville - ,

- et l'idéal c'est quand ils sont deux car ils rivalisent d'imagination dans le domaine défilé de mode clownesque, un met une belle veste en velours bien brillant avec des coudières en cuir et l'autre en velours côtelé à carreau avec des coudières en daim pour faire partie de chasse,

le tout pour bien afficher d'où ils viennent et surtout où le labeur les contraint à s'abaisser à descendre et le mépris dans lequel ils tiennent ces lieux où ils se précipitent néanmoins aux premières vacances venues, histoire de virer à un beau rose marbré avec des pointes couleur écrevisse ébouillantée du meilleur effet, qui fait bien marrer les vrais gens  ... mais dans ce cas ils améliorent l'esthétique - enfin c'est ce qu'ils pensent, comme quoi !!! - en rehaussant la chose :

- d'une visière de metteur en scène,

- en remplaçant le pantalon rouge par un bermuda bardé de poches larges et profondes, rouge également, on va pas renoncer à une couleur qui gagne,

- et en chaussant de magnifiques sandales sur chaussettes de ville bien hautes (et s'il fait mauvais des brodequins de chasse à large semelle et épais bourrelet sur tout le tour, modèle mis au point par la NASA avec ça vous pouvez gravir l'Annapurna,

- et, cerise sur le gâteau, pour être absolument certains d'être ridicules, en se harnachant dans un gilet de camouflage genre parachutiste avec plein de poches de tous les côtés et même, mais là c'est un truc de champion du monde, en se ceinturant avec une banane dissimulée qui leur fait un ventre que mon pauvre on dirait un durillon de comptoir de buveur de bière, sur laquelle ils greffent des étuis, les étuis ils aiment: un horizontal à lunettes, un vertical pour le téléphone, un vertical lui aussi pour quelques cigares dont le prix total dépasse le plafond du livret A, plus une chaine pour attacher les clefs, et je te parle pas de l'énorme appareil photo qui leur bat sur le ventre, pendu à une sangle noire et jaune, équipé d'un rétroviseur puisqu'ils ne prennent des photos que d'eux … on prend pas l'arc de triomphe sans Jules César … au retour ils ont 3000 photos de leur tronche, pour un nouvel album de leurs aventures chez les vrais gens. Bon l'avantage c'est que leurs héritiers (s'ils se reproduisent évitez de m'en garder un de la portée) pourront toujours vendre les photos à une marque de médicaments contre la constipation pour renforcer l'efficacité, on peut même à ce stade vendre du placebo, la photo suffira.

En tout cas, effectivement les récipiendaires du tableau de mode ainsi dévoilé à leur sidération admirative comprennent immédiatement à qui ils ont affaire ... mais la blague avec la tête de chien ne se pratique presque plus. Je vous rassure "ils" en viennent, mais surtout "ils" y retournent une fois que le mal est fait, on est d'ailleurs aussi peu tenté de le retenir qu'eux de prolonger leur séjour en terres incultes.

Donc, pour revenir au cœur de cette définition, ils sont deux :

- un, dit « senior » (attention je parle pas d'un "of councel, c'est à dire hors d'âge, mais ça vieillit moins bien que le bon vin, je parle juste d'un "sénior", vieux mais pas encore complètement hors d'âge, surtout ne pas confondre) , magnifique chevalière de 180 grammes qui précipite son arthrose au doigt à force de tenir cette phalange en avant comme si rien n'était (mais ça n'a pas le prestige du doigt d'honneur), avec des armoiries qu'il prétend de famille d'un air faussement modeste, genre je suis issu de la noblesse mais je m'en vante pas (sa généalogie est en effet chargée de diverses anomalies), armoiries en réalité inventées par lui, (la devise c'est, en toute humilité "au dessus de tous" comme Henri IV et évidemment les armoiries il y a un dragon qui terrasse un troupeau de lions sous le contrôle de Dalloz habillé en rouge qu'il croit être le Dieu de la justice et de toute façon ça fait bien), lequel "sénior" fait de la figuration intelligente (c’est ce qu’il pense) et de la facturation très très intelligente, juste le regarder respirer, le compteur tourne comme quand on fait le plein d’essence mais sans la virgule, même s’il a mangé de l’ail et fumé un cigare qui vaut plus cher que la prime de fin d'année qu'il alloue généreusement à sa secrétaire et qu’il incommode tout le monde avec son haleine de canalisation d'égout crevée, les zéros défilent, mais il y a plusieurs chiffres devant ... s’il parle (il connaît les lois « d’avant », ça sert à rien) ça compte double et s’il médite (en fait il pense qu’il va devoir changer sa voiture une fois de plus pour toujours avoir le modèle au dessus des autres seniors, histoire de montrer qu’il est le meilleur) ça compte triple ... un super placement , ledit "sénior" contient tant bien que mal l’ascension d’un autre, dont il est flanqué (mais en réalité c'est plutôt l'autre qui est affublé du "sénior" pour lui faire prendre l'air de temps en temps, mais, sans doute par excès de modestie, le "sénior" s'appelle rarement "Médor", même s'il travaille dans un "cabinet de niche" - terme véridique

- lequel autre est dit « junior » (comme quoi les anglicismes et la cotation qui va avec leur font perdre tout sens critique, accepter d'être traité de "sénior" ou de "junior" faut avoir l'amour propre en roue libre), travaille pour deux, mais surtout pour que le "sénior" brille (ça relève de l'exploit, il faut un bon cirage et une brosse souple), ne parle que si le "sénior" lui fait un signe que par convention on qualifie d'intelligence (c'est juste une convention, traiter le mal par le mal) : dans ce cas le "sénior" dit "mon jeune assistant qui, je vous rassure a une formation complète ("formation complète" expression véridique; en entendant ça on se demande s'il a terminé sa puberté, le "junior" et si ces furoncles buboniques bien luisants, au sommet blanc comme le Fuji Yama, ambiance paysage de volcans sur tarte aux fraises, qu'il se trimbale sur la tronche, ça serait pas de l'acné juvénile au lieu d'une banale vérolerie).. je répète puisque je suis sans arrêt interrompu: mon jeune assistant vous donnera les détails" , histoire de montrer qu'il prend l'autre pour un minus pas fini (lequel va supporter pendant quelques années en espérant l'accident vasculaire mais pour que ce soit cérébral cela suppose un cerveau, et deviendra à son tour odieux quand il sera "sénior" et que l'obsolescence programmée du précédent aura enfin fait son office sur ses quelques neurones résiduels et une prostate devenue cruellement défaillante, dont les conséquences sont une variante du "waterfall" moins connue mais aussi moins élégante que les nobles définitions que nous découvrirons plus bas avec admiration, et qu'en l'espèce Pampers traite avec succès chez les nouveaux nés, c'est sérieux comprenez vous c'est une marque américaine)

Le second raye le parquet de ses dents trop longues, contient lui même la poussée des plus jeunes que lui à grand coups de latte et grand renfort de petites piques vipérines et insidieuses, et pousse vers la maison de retraite le premier, qui sait ce que c’est puisque lui même à l’époque, quand il est arrivé dans la boite et "s'est mis avec plaisir au service de l'équipe" (expression véridique, faut quand même avoir un égo surdimensionné pour dire ça, déjà il le dit pour indiquer l'honneur qu'il fait à l'équipe en question, et préciser à quel point on lui a déroulé le tapis rouge tant sa science est vaste et irremplaçable et même qu'on s'est battu pour le convaincre de venir tant son nom sur le papier entête ajoute au prestige de la boite ... mais nous on peut pas comprendre, en plus parfois ça veut dire que ce qui compte c'est pas que le type travaille, et même surtout pas, par convention on lui demande de ne faire absolument rien pour ne pas compromettre les intérêts du client, c'est juste une espèce de location de son nom pour faire bien ... enfin c'est ce qu' "ils" pensent, et "avec plaisir" c'est pour indiquer qu'il a bien négocié sa rémunération ), donc lui, le "sénior" passait à l'époque ses journées à intriguer pour que le vieux dégage et éviter que le plus jeune lui passe dessus (si possible du pied gauche ça porte chance).

Le "senior" a été dressé pour distribuer sa carte de visite : dès qu’il arrive quelque part il a sa pile de cartes, comme on distribue à Géant Casino des bons de réduction (lui il dirait flyer) pour les saucissons Cochonou .. mais là il y a pas de réduction, au contraire, déjà à la calligraphie de la carte de visite on sent que ça va vous couter aussi cher de gagner le procès avec lui que si vous le perdez sans avocat (si par miracle il gagne, il faut que le dossier soit très très bon, et on part avec un handicap car en principe les juges ne parlent pas anglais, eux non plus, donc ils ne se comprendront pas) .

Le "junior", lui, n’existe pas encore complètement et ne distribue pas son pédigrée, il est dans l’ombre de l'autre tâche, émule de Cochonou. 

Le plus drôle c’est quand deux « seniors » de boites (on dit "firme", en plus ça évite d'employer le mot cabinet qui en l'espèce évoque les camarades Jacob et Delafon et incite à tirer la chasse) concurrentes se rencontrent : on les a équipés en option d’un truc exprès pour stocker les cartes de visites adverses ... toute une vie de rencontres passionnantes au plus haut niveau de la dégénérescence humaine rassemblée dans ce machin ! Et je vous dis pas les discussions, si possible en parlant fort pour que tout le monde soit captivé, sur des concepts que vous savez même pas qu'ils existent: rappelons nous à ce sujet la devise Shadok "il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes": mais à l'impossible nul n'est tenu. 

Et, encore plus drôle, à hurler de rire même (si on est moderne on dit MDR), il faut savoir qu'ils éditent des classements entre eux, dans des catalogues spécialisés dans les carnassiers de luxe, édités avec un papier tellement glacé que les dents brillent comme des crocs et les pupilles reflètent le billet de 500 (dollars évidemment, on va pas parler en monnaie de singe).  

Déjà il y a un truc qui s'appelle "Toute la franchise" qui te les présente, que justement tu te dis qu'autant de franchise c'est louche, avec des "spots" publicitaires qui feraient passer un pitbull affamé dont on vient de piétiner la queue par erreur, qui de surcroit s'est pris un oreille dans la porte et auquel on enlève l'os pendant qu'il le ronge, pour la plus douce et sympathique des oies blanches. 

Evidemment ces magazines sont édités en anglais pour faire bien, mais comme la plupart ne comprennent pas cette langue, c'est ensuite traduit, ce qui donne lieu à de très savoureuses erreurs de traduction: par exemple le "cabinet" le plus primé, à tel point que le patron est obligé de se déplacer jour et nuit avec des lunettes de soleil pour se protéger des flashs tellement on le prend en photo sans arrêt, est qualifié de "boutique", je dis bien "boutique" ce qui est quand même assez péjoratif, on se croirait dans un bazar style tout à un euro ... on est vite détrompé ... mais quand même ... "boutique" ! leur boite prestigieuse !!!... ils doivent pas relire c'est pas possible. "Boutiquemoncul" répondront d'autres avec une ironie mal placée qu'on se défend de relayer ici.

Il y a même un magazine où le type qui a gagné pose avec une couronne, que même un vrai roi trouverait que c'est trop lourd (on lui a un peu limé les dents, sinon il pouvait pas fermer la bouche, et il a une mine que s'il avait des coliques hépatiques il semblerait plus en forme, il est tellement blanc qu'on se dit que depuis qu'il est né il travaille, surtout très très tard le soir, dans des réunions où celui qui part le premier a honte de rentrer chez lui, même si ça sert à rien ("eux ils disent qu'ils vont "nighter" enfin "faire la night" faut oser non ?), ce type il sait même pas que le soleil existe, il a pas le temps), et explique que le plus important dans sa vie c'est de plus prendre ces affreux avions de ligne avec les vrais gens et de se déplacer en jet spécial, hélicoptère, d'être toujours conduit par un chauffeur et d'avoir une carte de VIP (dire vi aie pi) qui lui évite de perdre son temps dans les files d'attente: où que ce soit il passe devant ceux qui sont moins importants que lui, c'est à dire qu'il passe devant tout le monde, ça se discute pas, s'il avait le temps il signerait des autographes.

Le summum de ces publicités (il faut être lucide, ce sont des publicités, plus chères encore que pour le jambon Monique Ranou, ils payent des agences de communication pour ça, mais c'est pas pour vendre des confitures, des boules de pétanque ou des barils de lessive, c'est moins utile) le summum donc, c'est la ligne "track record", là où on dévoile fièrement le nom de ses clients, contre qui on a fait un procès, l'argument qu'on a soutenu, le montant de la condamnation ... bref tout ce qui est protégé par le secret professionnel ... qui ne doit pas leur être applicable, c'est la seule explication.

Le classement, il faut avoir vu ça une fois dans sa vie: c'est le genre :

- "machin" est classé "incontournable" (si si c'est vrai, un truc d'une modestie à hurler) dans tel domaine dont personne ne sait à quoi ça correspond, et fait partie des "plus puissants de France" (mais oui, on se refuse rien). Il fait même à ses moments perdus de la "gymnastique intellectuelle" et du "catch verbal" mais c'est vraiment quand il a rien à faire, bref un cerveau sur pied, mais je vais énormément vous surprendre : malgré tout, il utilise des toilettes comme tout le monde, mais avec plus d'élégance quand même.

- "chose" est dans la catégorie "forte notoriété", que si tu sais pas qu'il existe, ce qui est le cas de 99,999999 % de la population (6 décimales c'est à dire effectivement que quelques types qui rentrent à l'aise ensemble dans une cabine téléphonique - avec celui qui sent l'ail ça va être pénible, surtout s'il a une fuite de waterfall en canalisation basse - connaissent le dénommé "chose") , tu es nul et non avenu et on te montre du doigt (celui de la chevalière) pour te faire la honte de ta vie, que tu oses même plus sortir avant la nuit noire et encore en rasant les murs. En plus la "forte notoriété" c'est l'aboutissement de la "valeur" "faire preuve d’imagination, le tout pour satisfaire le client", ce qui entre nous, vous en conviendrez avec moi, si on était dans un salon de massage et si c'était dit avec un voix suave et sucrée, pourrait être mal interprété.

- et "bidule" est classé "excellent" (je vous assure) en retournement (il fait pas sauter les crêpes, et il fait pas demi tour sur l'auto-route, il retourne les entreprises) et en "restructuring"

Le "restructuring" tu prends (façon de parler je vous rassure) une vieille bique hors d'âge, géronte exténuée dont la date de péremption est dépassée malgré un maquillage à la truelle, colmatée et replâtrée de toutes parts, tous orifices sud étanchéifiés pour lutter contre les fuites intempestives et/ou pestilentielles (l'étanchéité c'est toujours un problème), dévastée par les heures de vol et dont on est sur le point d'arrêter les compteurs, qui ô-rage ô-désespoire n'a-t-elle donc tant vécu que pour cette infamie, et que je vous dit pas comme ses lauriers sont flétris et que son bras tant de fois affermi est devenu comme des ailes de chauve-souris qu'elle peut se jeter par la fenêtre - précipice élevé - elle planera à tous les coups, mais qui se prend pour une star, et ben tu le crois si tu veux, elle va voir un chirurgien "esthétique" (là "esthétique" c'est plus que de l'optimisme ça relève pratiquement de la magie) pour un ravalement de façade complet, commander des seins à la place des oreilles de cocker momifiées (mais le désastre est un peu plus poilu que le modèle canin) harnachées dans de vieilles chaussettes fripées et rapiécées (les chaussettes, pas les oreilles de cocker .... enfin les oreilles sont fripées elles aussi), qui lui pendouillent au delà du cratère moisi issu de l'ancien nombril, qu'on dirait (comparaison au choix) des blagues à tabac vides ou des gants de toilette grisâtres, et demander par la même occasion la pose d'une bande de velcro pour remonter à une altitude admissible les cascades (rien à voir avec le waterfall) de bourrelets "ventraux" constellés de fissures, de crevasses, bubons, verrues à aigrette et autres véroleries, qui lui dégringolent jusque sur les genoux, remonter les décharnances qui tiennent lieu de fesses tristes, qu'elle a toute la malle arrière qui pend comme une chambre à air crevée, réparer autant que faire se peut les éboulements, coulées cellulitiques et affaissements calamiteux que si tu es lucide tu te dis qu'il vaut mieux tout démolir et repartir à zéro, et ben le "restructuring" c'est un peu pareil mais c'est pour les entreprises qui ont besoin des conseils de l'élite excellentissime pour passer du stade de la poubelle renversée à celui de la multinationale clinquante, et bling bling évidemment, le ridicule ne tuant pratiquement plus.

- et "trouduc" (je sais pas pourquoi c'est un patronyme assez fréquent dans cet univers, ils sont toute une dynastie, sans doute consanguins) est "n°1 et trophée d'or", au niveau national (car il y a des niveaux pour corser le truc) et "développe une forte expérience" (expression véridique) de "barrister" (c'est comme le cri des éléphants, c'est toujours plaisant dans une assemblée, sauf si le client vend de la porcelaine auquel cas il faut éviter), ce qui est, il faut bien l'avouer, "Most Innovative".

Ses pairs (bref "eux") qui ont le sens du raccourci (et même du très très court) disent de lui "quand on le choisit comme avocat, on est sûr d’être défendu", ce qui, il faut bien le dire, est assez exceptionnel et inattendu pour un avocat, ça fait slogan publicitaire genre "avec Canard WC vos toilettes sont tellement propres que vous pouvez faire la vaisselle et vous laver les pieds dedans (dans cet ordre c'est plus rationnel, il vaut mieux avoir les pieds qui sentent la soupe que les assiettes qui sentent les pieds), ce qui est une variante du célèbre slogan de Hari Kiri "pour montrer que vous êtes sensible à l'hygiène écartez les assiettes avant de pisser dans l'évier" ... en tout cas pour affirmer ça, "quand on le choisit comme avocat, on est sûr d’être défendu", on se demande ce qu'ils (eux) pensent des autres avocats, vous savez l'avocat "de base", le type normal quoi : il doit attaquer ses clients sans doute !

Et si vous en voulez encore, histoire de faire rire à l'apéro, (mais attention avant faites des exercices pour bien respirer, comme pour faire de l'apnée, sinon c'est un truc à s'étouffer tellement on rit, le mieux c'est qu'il y en ait un qui ait un brevet de secouriste à l'apéro), il y a :

- des (enfin un seul) "eminent practitioner" qui devancent ceux qui sont recommandés, j'ai bien dit recommandé, comme on vous recommande la tarte au citron dans le resto voisin, mais en moins bon évidemment, donc recommandé par le guide "Duchnock" (nom d'emprunt où il y en a 500 du gratin, mais le dessus du gratin quand il est resté trop au four, les plus carbonisés d'entre eux, mais c'est pas pour manger, rien à voir avec le Gault et Millau, c'est juste le truc qu'on laisse négligemment dans la salle d'attente ouvert à la bonne page).

- et des "senior statesmen" lesquels sont supplantés par des "star individuals"

"star individual" c'est à se rouler par terre à pas s'en relever, et il faut avoir vu ça, mais ne faites pas trop les malins, le "star individual" a un effet laxatif quand il parle trop longtemps, on dit en principe de lui qu'il fait iech sans arrêt, et là, sauf si vous êtes constipé chronique auquel cas le "star individual" débouche les canalisations avec une performace fulgurante, vous rigolerez moins, d'autant plus que l'effet est immédiat : dès que le "star individual" commence à parler, c'est aussi efficace qu'un lavement, le truc à avoir un début de calamité dans le falzar si tu es pas prévenu .. l'idéal quand le "strar individual" parle, c'est que la salle soit spécialement aménagée: on enlève les sièges et on installe des rangées de chiottes : c'est pas que ça devienne un plaisir mais au moins c'est rationnel et bien pensé, ça prend en considération les contraintes techniques, même si ça enlève de la noblesse à son intervention, pour autant qu'elle en ait, mais avouez que ça serait farce quand même, le type arrive pour faire le malin et tout le public est installé sur des cuvettes de chiottes pour l'écouter !

En plus c'est une bonne occasion pour le "star individual" d'améliorer la rentabilité de son intervention, il pourrait faire parrainer ses prestations par une marque de papier toilette et aussi par une marque de sanitaires, ça serait classe quand même de grandes banderoles "Lotus et les sanibroyeurs SFA vous recommandent le star individual untel"  - je mets "untel" car il n'y a pas la place pour tous, après ça ceux qui arrivent "simplement" avec un code civil ou le Dalloz sous le bras sont complètement "has been", il faut être moderne quoi ! -).

Le "star individual" déjà c'est un type qui sait avec une profonde conviction qu'il est pas comme les autres, quand "ils" sont en réunion de "flies fucker" (anglicisme adapté à la circonstance, qui, pour le coup, vaut absolument, j'insiste, d'être deviné par vous, sauf si vous vous sentez mouche), et qu' "ils" (la bande dont parlait Brassens) sont tranquillement assis autour d'une table et végètent (ils savent faire, le compteur tourne pour le client) en racontant leurs exploits à "Courch" (ne cherchez pas, c'est pas pour nous, et d'ailleurs on veut pas y aller, c'est un truc rien que pour les parvenus, et en plus il faut relativiser, l'exploit c'est de faire de la patinette avec une ridicule combinaison surréaliste, argentée et boudinée, mais à condition que le "valet" - si si - du palace - on dit pas de l'hôtel - leur mette puis leur enlève ses chaussures, comme disait Sacha Guitry "le luxe est une affaire d'argent, l'élégance est une question d'éducation", surtout ne pas confondre ce qu'ils ont et ce qu'ils n'auront jamais), bref pendant qu'ils se gargarisent de la facilité avec laquelle ils vaporisent l'argent trop facilement gagné et trop gagné, lui, le "star individual", pour parler il se lève, c'est absolument nécessaire car comme ça il s'écoute mieux, c'est un tel plaisir pour lui, il s'arrêterait pas. Donc c'est long, une dysenterie verbale. Comme disait un de mes auteurs favoris, "le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres".

Pour les vrais gens, subir les bêlements du "star individual" c'est pire que les hululements du percepteur pour Raymond Devos, c'est aussi intolérable qu'un récital de cornemuse (certains disent BDG, c'est à dire "bord du gouffre" pour les plus ignorants), un truc à devenir violent pour que ça s'arrête de manière absolument immédiate et définitive .. mais n'oublions pas le prétendu proverbe chinois (j'en doute) "c'est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu'on réalise qu'on ne peut pas résoudre tous les problèmes par la violence" .. ça sauve le "star individual" d'un étranglement avec le premier lacet de chaussure venu. C'est d'ailleurs une belle occasion manquée pour le "star individual", ça aurait été la seule fois où on aurait eu quelque chose d'intéressant à dire de lui, après une vie de barreau (barreau de chaise évidemment).

Quand le "star individual" parle, on peut penser à la réplique du film "les tontons flingueurs" avec en outre un anglicisme, destinée à inciter le type à dégager "écoute, on te connaît pas, mais laisse-nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des "nervous breakdown" comme on dit de nos jours".

Le "star individual" est aux vrais gens ce que le moustique est à une paire de couilles : un nuisible voire même un parasite, on est encore moins joyeux de le voir que de recevoir ensemble un commandement de payer, un sommation de quitter les lieux, la notification du retrait des derniers points qui nous restaient sur notre permis de conduite, et de toute façon un avis pour nous signaler que notre voiture est en fourrière après que l'élagage municipal ait provoqué la chute d'un arbre dessus pour la transformer en crêpe, un peu comme une compression de César mais sans valeur, il va même falloir payer (et comme on était mal garé l'assurance marche pas).

Chez moi on dit volontiers "il est comme une valise sans poignée" ou "c'est un balai sans manche" ce qui est bon descriptif de l'utilité du "star individual" dans la vie de tous les jours, peu flatteur il est vrai pour la valise et le balai concernés qui n'ont pas demandé à être ridiculisés, en plus d'être inutiles par erreur de constitution.

Il faut être de Montpellier (on prononce Mont-pé-lié, ça se transige pas) pour comprendre, mais ça me fait penser à un type de 22ème ordre dénommé banane qui racontait avec modestie, en admirant ses ongles manucurés, qu’il était à l’avocat ce que la Rolls est à la deux chevaux, bref tout le prestige de la deux chevaux ! Le type en question n'utilisait pas d'anglicisme, peu en vogue dans les temps très très reculés où il sévissait, mais je vous rassure tout de suite, un spécimen de ce calibre visait naturellement et avec un succès avéré le haut du curseur de la connerie et compensait ses lacunes anglicistes par la caricature cocasse et même quasi clownesque en s'habillant à Londres, seul endroit au monde, selon lui, où il trouvait des vêtements de son standing, comme quoi l'anglais est un dénominateur commun incontournable … et de fait il est indéniable qu'il portait de ridicules costumes qui faisaient hurler de rire sur son passage … bon maintenant c'est une épave de Rolls qui passerait pas le contrôle technique et tous sont retombés dans l'agréable ignorance de son existence. Nous ne lui avons donné ici que trop d'importance, et ce n'est pas par nostalgie, loin s'en faut, mais un petit coup de rétroviseur sur l'insignifiant c'est toujours savoureux. 

Donc le "star individual", pour en revenir à lui, il sait parler que s'il est debout, c'est le résultat d'une évolution génétique pour qu'il surveille mieux que les autres l'écoutent, sinon il s'arrête, les fusille du regard que mon pauvre tu t'avises pas de recommencer.

Il aime bien commencer son monologue par "c'est un procédé de reprise d'entreprise très complexe et très élaboré que j'ai (là, pour dire "j'ai" il hausse fortement la voix pour que tout le monde soit ébloui) mis au point il y a de nombreuses années, et sur lequel j'ai écrit beaucoup d'articles, mais les professionnels de province (là il fait une grimace avec un petit rictus, qu'on croirait qu'il va vous vomir dans les pompes tellement il est dégouté, c'est tellement atroce pour lui d'associer le mot "professionnel" avec le mot "province" que son visage se déforme, il ressemble à la photo de sa dernière coloscopie), les professionnels de province" donc (douleur) "ne sont pas prêts pour ces techniques qu'ils ne comprennent pas et qui sortent de ce que la loi prévoit" (et c'est vrai qu'en province, si on est bête (bête mais pas con, la différence est sensible) et discipliné, ce qui est le cas de la plupart, on a tendance à juste appliquer la loi, ça se soigne pas en plus, c'est ancré dans les gènes, on y peut rien). 

Après ça, il y a deux attitudes possibles: ou tu supportes, tu lui cires les pompes, lui baise la chevalière, et tu t'inscrit en classe de rattrapage de capacité de droit, ou tu supportes pas et tu fais fabriquer une cible de fléchettes, un punching ball et du papier toilette à son effigie (le fabriquant à l'habitude, il connaît le modèle par cœur), cette dernière application rétablissant l'ordre des choses de manière on ne peut plus radicale.

Il a aussi un truc bien rodé le "star individual" c'est quand il est pris au piège et acculé à ne plus sortir que des arguments de la pire mauvaise foi, qui valent pas tripette : il vire de son rose habituel à un amusant rouge marbré, il se met à sentir mauvais, et hurle "ah là ça suffit, autant de mauvaise foi, si c'est ça je préfère partir" (il a une larme à l'œil pour montrer combien la mauvaise foi ça le rend triste, il commence à pleurer à gros sanglots comme un goret qu'on étrangle, appuyé contre un mur, la tête cachée dans son bras, puis il réalise que c'est de sa propre mauvaise foi qu'il parle, arrête les singeries et se ravise en espérant que personne n'a compris) ...

On l'espère tous, qu'il parte, mais évidemment il ne part finalement pas, il reste, histoire d'essayer de faire dire à la Cour de Cassation ce qu'elle n'a jamais écrit, pensant que si c'est lui qui l'affirme on va le croire aveuglément, vous pensez un Dieu vivant, et en effet il lit pas comme les autres, mais si on l'a déjà pratiqué on connait ces méthodes pathétiques. S'il osait, de rage, il ferait pipi par terre et il se roulerait dedans, mais il a peur de gâcher sa belle mise en pli, il se contente de secouer la tête dans une pluie de pellicules, qu'on croirait qu'il jette des confettis pour fêter Halloween (dommage que sa teinture capillaire sub-citrouillesque ne soit pas orange). 

Ce qu'il préfère, le "star individual", c'est quand il est filmé ... oui oui filmé, il y en a qui filment ça, bon vous me direz l'avantage avec le numérique c'est qu'on peut effacer, mais il y a des pervers qui gardent les enregistrements ... il est vrai que projeté sans le son, enfin muet, ça fait un peu reportage animalier sur un spécimen non répertorié, d'ailleurs son vétérinaire de famille, lui aussi, lui a toujours dit qu'il était pas comme les autres. 

Ça change des reportages sur les guenons où on nous explique que l'homme descend du singe, là c'est l'inverse, ça fait penser à une tentative pour y retourner, mais le singe, pas con (lui), en veut pas.

Pour être plus scientifique, on aimerait être paléontologue pour comprendre comment à partir du singe on est arrivé à l'homme d'une part, et au "star individual" d'autre part, qui en est la branche bâtarde ... sans doute dans la lignée du "star individual" y-a-t-il eu un croisement malencontreux avec un truc bizarre ou dans ses gènes une pollution quelconque .. peut être tout simplement l'eau d'un bidet (nous y reviendront car c'est scientifiquement une belle question), véritable bouillon du culture qui véhicule traditionnellement des ADN dépravés divers et entremêlés issus de copulations les plus hétéroclites, outre gonocoques, poils de provenance humaine et autres, et chtouilles variées. Bon je vous rassure la dégénérescence est telle que la lignée sera stoppée net après quelques portées expérimentales, c'est ce qu'on appelle être "fin de race".

Ce qui est certain est que le "star individual" ne descend pas de l'homme et qu'il n'est pas question que l'homme descende du "star individual"

Le "star individual" cohabite (mal, ils se haïssent) avec les "rising stars" (qui est aussi une série comique, mais là on rigole pas du tout, on mord en premier et on discute ensuite). Inutile de téléphoner chez eux si vous ne parlez que français, déjà le message d'attente est en anglais, et vous ne comprendrez donc pas le slogan publicitaire qui vous est débité par une voix suave d'hôtesse d'accueil de salon de massage. 

- il y a aussi des "speakers confirmés" (mais c'est pas pour la météo, c'est juste pour dire que c'est absolument impensable de les contredire, ça n'existe pas, ils détiennent la vérité)

- et également des "général counsel"  ou des "légal counsel" qui précèdent la piétaille, c'est à dire les "catégorie 2" qui sont à la catégorie 1 ce que des croquettes pour chien en solde (les croquettes, pas le chien) sont au tournedos Rossini  ... non mais sans blague vous vous voyez arriver chez un client en disant "bonjour je suis de catégorie 2" ?

Et, pour faire un syllogisme, comme la catégorie 1 est au "star individual" ce que le mou que Ma Dalton dans Lucky Luke donne à son chat est au lièvre à la royale, on en arrive à la conclusion que les vrais gens sont au "star individual" ce que les uniques toilettes à la turque surmenées de la rave-partie sauvage d'une horde de crasseux pouilleux sont à un bidet de palace à peine installé (le bidet pas le palace), je dis à peine installé, car par la suite ça dépend de la candidate qui chevauche vaillamment le bidet en question, dont la vocation est certes de permettre à l'utilisatrice de se torchonner la babasse et les abats pour réintégrer sa culotte la tête haute, mais quand même certains bidets démissionnent. 

Mais on va pas comparer le "star individual" à un bidet à jet rotatif déshonoré par une authentique truie, femelle (à ce stade on ose pas dire femme) qui, après avoir hurlé à gorges (le pluriel est volontaire, il y a nord et sud) largement déployées, lors d'ébats peu glorieux, qu'elle part qu'elle part qu'elle part, ce qui n'est d'ailleurs qu'une vue de l'esprit car on part rarement dans ces moments là, histoire d'alerter les occupants des sommiers environnants, après encore s'être fait défoncer le fondement, démanteler le pot, ramoner jusqu'aux amygdales, empaler la malle arrière il ne vaut mieux pas énumérer sur quoi, et avoir subi les derniers outrages, se désenfoutraille la lucarne et se désendolorise la calebasse sur ce pauvre bidet qui n'a rien demandé, histoire de tenter de se dévolcaner et retrouver la dignité quelle croit placée dans son hémisphère sud, avant de réintégrer des hardes minimalistes rendant impossible tout décence autre que porcine, contrainte en outre de marcher pendant quelques jours les jambes arquées comme si elle descendait l'Everest sur des talons aiguilles, car une tringlée pareille ça laisse des séquelles !!! Ceci étant dit pour rester dans la bienséance qui préside à la rédaction de cette définition "classieuse", comme aurait dit Gainsbourg.

Et il y a d'autres trucs fabuleux, c'est par exemple le papier entête et la signature.

Le papier entête de ceux qui se prennent le plus pour ce qu'ils ne sont pas, présente une caractéristique : il y a que le nom, même pas l'adresse, tout le monde est tellement censé savoir. C'est écrit en caractère poildecuté, on se croirait au moyen âge, sur un papier tellement épais que chaque fois qu'ils écrivent une lettre c'est une arbre qui meurt, et le facteur affecté à leurs bureaux fait l'objet d'un entrainement spécial de musculation.

Et la signature c'est un autre truc à hurler: la moitié de la page, que ça use une demi pompe de leur stylo numéroté, il leur faut 25 secondes pour la faire, qu'heureusement ils signent pas grand chose. C'est un espèce de ressort mal enroulé, une trentaine de cercles qui se croisent, comme une spirale sans fin, avec des machins, des poils par-ci par là, le tout sur deux courbes d'encéphalogramme, un plat, comme le leur, et un agité en dent de scie ... tu la regardes de près tu vas immédiatement chez l'ophtalmo pour qu'il te change tes lunettes tellement tu prends le vertige (en plus du fou-rire), tu montres ça à un psychiatre il commande d'urgence la camisole et tu demandes son avis à un graphologue il ose même pas te dire la vérité mais il te déconseille absolument de l'embaucher, ce qui de toute façon n'était pas l'objet, et/ou de le demander en mariage, ce qui n'était pas prévu non plus et il prend des photos pour le montrer au prochain congrès où on expose le cas des sujets les plus perturbés.

Pour revenir à leurs classements, chacun a sa fiche, avec des rubriques hilarantes que je vous dit que ça, où ils se décrivent eux mêmes, évidemment en toute objectivité, avec notamment les traits de caractère et les "valeurs". Curieusement ils ont que des qualités, énergiques, impliqués (pour le prix on l'espère), "excellente capacité à simplifier les sujets complexes" , il y en a même qui "rentrent vite dans les dossiers" (si si !!) et la valeur qu'on retrouve souvent c'est "passer du temps avec les clients" ce qui démontre une très grande aptitude à la facturation. Ils font tous un sport collectif et un sport d'endurance, ces mentions étant d'ailleurs a priori prohibés par leur règlement.

Mais on relève sur leur site internet qu'ils ont des cabinets "de tout premier plan en France" et même pour certains "désormais un des plus importants cabinets internationaux", ce qui est tout aussi prohibé, on est pas à ça près et c'est tellement bon de se sentir différent et admiré .. Le pauvre type de base, vous savez celui qui attaque ses clients pendant qu'"ils" défendent les leurs, lui il met une chiure de mouche de trop sur sa plaque professionnelle il passe en conseil de discipline. Eux, n'oublions pas que ce sont des "flies fuckers" (j'espère que vous aurez traduit), alors évidemment, les chiures de mouche, ils en ont des lessiveuses et personne ose les en blâmer puisque c'est ce qui les caractérise.

Pour montrer qu'ils sont importants, ils aiment aussi dire qu'il y a plein de gens qui travaillent pour eux, enfin à leur service (du latin "servus") : certains emploient 62,2 "productifs" et on se demande avec inquiétude quelle est la physionomie du type qui représente 0,2 productif (enfin le morceau de type), d'autres sont passés en un an de 48,44 à 52,65 productifs, c'est à dire qu'avec plusieurs ont arrive en à avoir quelques uns de complets mais il reste toujours un type qui n'est qu'une virgule. Il rentre chez lui à dos de libellule, se couche dans une boite à chaussures et avec un grain de raisin il a des provisions pour tout l'hiver. 

Evidemment ils sont tous licenciés en catastrophe: le client est au bord du gouffre, ils arrivent et en deux secondes et une facturation massive il est téléporté sur un transat au bord d'une piscine.

Il y a même une fabuleuse rubrique divinatoire intitulée "les grands avocats de demain" avec ceux qu'on sait même pas qu'ils existent, mais déjà on vous prévient que c'est sur eux qu'il faut miser si vous avez un procès dans 10 ans ... vous devriez même les réserver pour le cas où. On parie sur eux, comme sur un lévrier de course.

On dirait volontiers que ces classements sont sans suite ! Mais non ! Le palmarès donne lieu à une soirée de gala où ils s'entre-remettent des trophées, mais là non plus c'est pas comme à Casino où on gagne son poids en vache qui rit et en bidon de bière, ce qui avantage les bovines, truies mafflues, gorets, vachasses, et autres bovidés (il y en a, si, si); là, la vache elle rit plus du tout, on a le choix entre deux modèles de bon point : un c'est un bonhomme stylisé qui tient un immense signe € pour bien montrer que le seul truc qui compte c'est le tiroir caisse, l'autre, qui est un signe absolu de lucidité, c'est une Marianne qui tient la balance de la justice, mais la Marianne en question a les yeux largement bandés pour ne pas voir les outrages que doit subir le peu de dignité qui reste à ladite justice malmenée.

Pour eux c'est absolument vital, comme l'autre con virgule cinq qui aurait raté sa vie, ce connaud, s'il avait pas eu la montre: eux c'est le classement : ils alignent ça sur leur CV: "en 2010 j'étais "excellent", en 2011 j'ai eu une gastro, j'avais du faire installer une cuvette de toilettes à la place de mon fauteuil dans mon bureau, du coup j'étais juste catégorie 2, la honte, mais en 2012 j'ai disjoncté l'ascenseur avec les autres séniors dedans pendant 3 jours, du coup j'ai été classé "incontournable" ("con" c'est sûr, le reste est moins évident), "trophée d'or" et "éminent", on a du modifier la taille du caractère sur mes cartes de visites ça rentrait plus, et j'ai fait agrandir ma cheminée pour mettre tous ces trophées" (à coté de têtes de cochon naturalisées, car il va à la chasse - à courre évidemment, dans des tenues ahurissantes de valet de pisse de Louis XIV - mais comme il a la vue basse, il explose des cochons en croyant que ce sont des cerfs, pour se consoler il leur met du persil dans les narines et les oreilles, ça lui fait penser à ses photos de familles, elles mêmes tellement évocatrices d'une engageante vitrine de charcuterie, on sait à quel point il est pertinent d'expérimenter sur le porc les médicaments destinés à l'homme, on découvre dans ce cas particulier l'évidente pertinence de la réciproque, avec cependant une petite pensée pour une célèbre réplique du film "le Père Noël est une ordure", "c'est là que je me rends compte que malheureusement je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc".

En fait il y a eux ("eux", pas les porcs, enfin c'est presque pareil) qui comprennent tout, et le reste du monde que c'est que des ahuris .. mais n'empêche qu'on hésiterait à prendre l'ascenseur avec eux tellement ils ont des tronches patibulaires (pas tibulaires mais presque aurait dit Coluche) et, surtout, on doit les remercier des très grands moments des ces fou-rire qu'ils nous procurent, qu'on tente de contenir entre "vrais gens", vous savez en se mordant les joues et en pensant à quelque chose de triste pour essayer de pas exploser de rire en regardant l'autre "vrai gens" qui est en face de nous et qui en peut plus lui non plus (parce que nous les vrais gens on arrive à communiquer entre nous par le regard, on est presque humains, ça ils l'imaginent pas): sans eux la vie serait tellement moins drôle et en plus sans eux on pourrait se méprendre et se croire quasiment intelligent ... heureusement qu'ils nous rappellent à la vérité vraie, dont il ressort que, pour nous, c'est impossible, ça leur est réservé, que sinon ça servirait à quoi tout ce cirque.

Bref, tout ça est un concentré de la vraie vie dans un univers de requins d’élite, dans lequel leur chance c’est que plus il paye cher, plus le client a l’impression qu’il est bien assisté et se sent important (mais on parle pas d'argent ouvertement, on "se met à disposition du client" ce qui est à mourir de rire, la facture c'est plus tard, les vrais gens du midi qui assistent à la remise de la facture disent "bé couillon" mais à la capitale on comprend pas).

Tout le monde est con-tent et s’y retrouve et plus le senior est senior plus il doit rapidement changer ses costumes pour acheter la taille au dessus, il rentre plus dans ses pantalons.

C’est d’ailleurs un signe : quand il a systématiquement de grandes traînées de sauce sur sa cravate, c’est qu’il a assez engraissé (par souci de rester dans la bienséance qui préside à la rédaction de cette définition je n'évoquerai pas dans le détail les giclées prostatiques de "waterfall" sur son pantalon dans le pourtour de sa braguette et aussi hélas en grandes trainées jusque dans ses chaussures, ni la flaque waterfaulleuse consécutive qui s'étend sous sa chaise) et on le fait livrer à la maison de retraite. On lui offre une nouvelle chevalière, pour l'autre main, avec la devise "si les cons étaient sur orbite ... " et le junior devient senior, se fait imprimer des cartes de visites et accède enfin au bureau qui a la moquette la plus épaisse et la surface adaptée à son rang. Le sénior pour sa part aura une fin méritée, et passera sans le savoir d'un statut à l'autre "quand on est mort, on ne sait pas qu'on est mort c'est pour les autres que c'est difficile, quand on est con c'est pareil"

Ils sont nombreux, n'oublions pas le magnifique Bernard Blier auquel on demandait s'il avait beaucoup d'ennemis et qui répondait "oui, comme tous les gens qui n'aiment pas les cons" , et je ne sais plus qui, qui disait qu'il y a chaque année plus de cons que l'année d'avant, mais que cette année, en plus de la croissance inflationniste de cons, ceux de l'année prochaine sont arrivés à l'avance, en renfort.

Tellement nombreux qu'on pourrait faire un congrès ("save the date" comme "ils" disent, comme si ça pouvait pas se dire en français) et les y inviter, par exemple sur le thème très porteur "l'usage en droit Français : est-ce l'habitude du con ?" avec en sous titre (inspiré de l'auteur des locutions latines)  "L'usage est-il l'habitude du con? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu’à poser la réponse: l'usage est-il l'habitude du con ? De deux choses l’une, ou bien l'usage est l'habitude du con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien l'usage n'est pas l'habitude du con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »

A l'issue du congrès, on désignerait parmi les candidats survivants.

Vu le sujet c'est comme quand Mireille Mathieu chantait en duo avec le dénommé "Jules des Eglises" accompagnée à l'accordéon par la regrettée madame Yvette Horner, tout le public se mettait à genoux, mais c'était pas pour se prosterner, ni même contrairement à l'apparence prendre des coup de pied au cul en ringuette, ils étaient déjà assez masochistes pour être là, c'était pour se taper le plus efficacement possible la tête par terre pour devenir le plus vite possible sourd et aveugle ... que ça s'arrête. On désignerait donc le meilleur spécialiste de l'utilisation de l'anglicisme. Un peu comme un diner de cons mais plus "gratifiant" car le con utilisateur d'anglicisme est fier, a besoin de reconnaissance et d'être mis en "valeur" (c'est le mot) ... la fierté d'en être ... oui mais de quoi au fait ... je vous laisse deviner.

- un des postulants "et moi ce matin pendant que je drinkais mon café (là avec drinker, qui est véridique même si le correcteur ne connaît pas, on touche les bas fonds de la connerie, le caniveau de la connerie même)  j'ai dit trois fois "new money" au petit déjeuner, et je l'ai répété à la boulangère qui me rendait la monnaie, puis ensuite à mon bureau en "conf call" (quand les cons parlent au téléphone ça prend des proportions excessives) en "one to one" (essayez de pas exploser de rire, mais je dois vous dire que "one to one"' "ils" écrivent ça "121" histoire de faire agent secret) avec un client pour un "reporting" sur le "restructuring de ses mid caps" avant le cut off final (mais c'est pas qu'il va dehors pour couper des lardons pour les carbonara) mais évidemment en dollars, comme quoi j'ai vraiment réussi dans la vie, et d'ailleurs la boulangère a dit avec envie à l'autre vendeuse "il est con ce type" , et à mon desk (c'est juste le bureau) mon staff (c'est le con suprême) m'a dit "vous au moins vous avez pas oublié d'être con" : comme quoi c'est une évidence pour tout le monde !. Dans l'open space ils rigolaient tous de jalousie et ils ont passé plein de call pour répandre la nouvelle (un "call" , c'est comme un coup de fil mais c'est uniquement quand la conversation est de la plus haute importance, du style l'avenir du monde est en jeu ou l'apéro du soir), et il ajoute fièrement, ce con "en tout cas il faut plus jouer au plus con avec moi, vous êtes certain de perdre".

- un autre, bronzé à la lampe, brushing et balayage savant, bien manucuré et toiletté comme un caniche royal "moi, j'ai tout checké, j'ai corrigé mon draft (pas de quoi s'affoler, c'est juste un brouillon) et enlevé tous les mark-up ("ils" écrivent mkup, tout le monde est censé comprendre, moi j'ai cherché sur internet je suis tombé sur un truc de maquillage ça doit pas être ça, je renonce) avant la deadline, je l'ai "printé" (on le plaint le pauvre d'avoir si peu de vocabulaire) et forwardé (simplement envoyé) ASAP (ASAP c'est pire, c'est une abréviation d'anglicisme, un truc que si tu es simplement con tu comprends pas, il faut être un con primé pour savoir) au "sleeping partner" (c'est un type qui a un très gros matelas et un bon oreiller et qui paye très cher pour dormir tranquille, on espère que ces communications insignifiantes mais qui coutent un bras l'auront pas réveillé) my legal opinion (ndlr: ça veut juste dire mon avis, mais ça provoque généralement des fou-rires chez le vulgum pecus) d'advisor (c'est un type qui sait des trucs que les autres ils savent même pas que ça existe) sur le waterfall et le joint venture, avec juste un petit FYI" (toi quand tu vois écrit FYI tu te dis que tu as intercepté par erreur un message codé des services secrets, tu fais gaffe que ça t'explose pas à la tronche ... et ben sois rassuré, c'est juste "pour information" mais le type il sait pas que le mot existe en français) 

Ndlr 1 Waterfall se prononce "ouaa ter fooooll" (finir léger, avec deux ailes, comme si on avait dans la bouche de la panse de brebie farcie à la gelée à la menthe, "plat" (j'ose pas dire met) anglais lui aussi , conçu spécialement pour être avalé sans le mâcher, histoire d'essayer de pas vomir sur l'instant, en plus en se bouchant le nez pour pas sentir l'odeur infecte, que ça sent tellement la bouse de vache fraiche que c'est pas possible il doit y en avoir dans la recette, c'est même l'ingrédient principal, mais bon en principe de toute façon quoi qu'on fasse c'est inévitable et salutaire pour ses propres tripes, on vomit rapidement après quand même, et alors là c'est déjà pas bon à manger mais à vomir c'est pas mieux, et attention de pas vomir n'importe où c'est un truc à faire un trou dans le plancher, avoir des plaintes de tout le quartier, être refusé dans les transports en commun et les lieux publics et passer pour un sado-maso hard -), les vrais gens du midi disent "va ter faaaa leu-eu-eu-eu" les mots sans "eu-eu-eu-eu" à la fin étant fort justement jugés ridicules et non avenus.

Ndlr 2: le "waterfall" a quatre significations nobles (mise à part la version accident de prostate déjà évoquée) :

* signification un du waterfall : cascade et chute d'eau (ne confondre ni avec une fuite dans les toilettes, ni avec la chasse qui s'arrache du mur quand on la tire) où l'utilisateur d'anglicisme enlève ses chaussures sur mesure pour faire ses ablutions (ce qui me fait penser que dans le catalogue des élites j'ai oublié le "rainmaker", il faut les avoir bien accrochées pour oser s'appeler comme ça, lequel est un bon complément du waterfall, le type, comme un barde, il fait quelques incantations - un code de commerce à la main, pas déballé, après la photo il le ramène à la librairie, (c'est lourd non ? j'aurais jamais imaginé que ce soit si gros ! heureusement que je m'en sert pas, ça a l'air écrit tout petit en plus il y a plein de mots j'en ai jamais vus autant), et on se prend d'un coup 500 litres de flotte jusque dans les pompes, trempé de la tête aux pieds, le "rainmaker" c'est un microclimat à lui tout seul, partout où il va, il pleut, c'est que du bonheur, d'ailleurs avec le trophée on lui offre des bottes de pluie, un ciré (avec un blason) et un chapeau de pluie assorti, on rêve de l'embaucher à plein temps quand on a planté des tomates dans son jardin, mais si on aime pas les tomates ou si on a pas de jardin, on s'en passe assez bien, l'ambiance catastrophe naturelle merci bien).

* signification deux du waterfall:  graphique mais si on dit pas graphique de quoi ça sert à rien,

* signification trois du waterfall qui m'est assez personnelle: un doigt d'eau pour mouiller le pastis

et enfin le top du top, roulements de tambour: 

* signification quatre du waterfall : ça ne veut rien dire, c'est juste pour se donner un genre.

C'est bien entendu la signification quatre qui est la plus usitée par "eux" , en principe ceux des vulgum pecus qui ont la rate en rodage ne survivent pas tellement ça les fait exploser de rire, certains disent "MDR" , il faut bien que le français évolue ... ce qui fait que si on vous propose de vous payer avec une tranche de waterfall vous saurez pas si vous allez prendre un seau d'eau dans la tronche, ou gagner votre poids en fil de fer pour vous amuser à faire des graphiques compliqués et incompréhensibles, ou encore si c'est du vent complet ... mais rappelez vous quand même que ces types c'est souvent essentiellement du vent qu'ils produisent, à l'issue de journées réunionitiques aigues (ils passent 3 heures à table à midi, 4 le soir, dorment peu, pas plus de 8 heures, et travaillent au moins 18 heures par jour ... heu quoi ça fait plus de 24 heures ça ???  vous devez vous tromper)  

Le "joint venture" (dire jo-i-ain-t en tordant la bouche, venture c'est imprononçable, imiter un barrissement ça ira) c'est ni un truc de plombier pour l'étanchéité du waterfall, ni un joint de shit, c'est juste un truc en commun, un groupement, un rassemblement, mais austère et classieux,  c’est moins drôle que le repas au château de Montmirail dans le film les Visiteurs, quand le distingué président Bernay se prend la soupière pleine dans la tronche pendant que dame Ginette, élégante clocharde fort justement qualifiée de laideron  lui explique « C’est le bordel dans ce sac y a tellement de poche , on pourrait chier dedans ! » après avoir dit, avec distinction « on chie dans des truelles ça nous fait des tuiles »

Dans le "joint venture" on fait silence quand le président lape sa soupe, on l’appelle « monsieur le président » même si c’est un con (lui aussi) et on évite de parler gras et les bons mots grivois, même si nous savons tous que c’est de parler d’argent à table qui est mal élevé, mais là on ne parle que de ça .. il faut choisir: les Visiteurs ou jointer : être ou ne pas être ! Mais vous pensez si leur joint on s'en balec dans les chaumières.

- un candidat qui lui va pas à la victoire, il y a des ratés quand même ... lui il allait faire son "closing", quand ça a dévié en trombe sur un "deal breaker", que mon pauvre c'était complètement "the shit in blades fan", et là tu as intérêt à te planquer que sinon tu es moucheté de la tête aux pieds, ces trucs ça pardonne pas. Il a perdu tout le "goodwill" qu'il avait négocié

Le "goodwill" c'est un truc sympa. Même si on est nul on comprend « good » on se dit que c’est bon , ça fait penser à une tarte au citron. « Will » c’est trop savant, le genre ces infâmes auxiliaires incompréhensibles qui gâchent l’adolescence. Je connais un type que depuis tout petit on est jamais arrivé à lui apprendre un seul mot d’anglais: on a tout essayé, ça a jamais marché, hermétique total.

Plus tard on a essayé de lui faire dire juste « yes », on lui a tout bien expliqué, ils s’y sont mis à plusieurs, des « star individual », des juniors, des seniors et même des administrateurs judiciaires, que des gens intelligents comme ça tu l’imagines même pas en rêve, on aurait pas déjà inventé l’eau chaude à leur naissance les anthropologues pensent qu’ils auraient peut être eu l’idée de se laver à l’eau froide (cold waterfall voire même ice waterfall), c’est te dire comme ils sont forts. Et ben après tant de pédagogie on s’attend à ce qu’il dise enfin « yes » comme tout un chacun, ce type drame du prof d’anglais, mais c’est pas complètement évident, que quand même si on s’écoutait on lui demanderait peut être pas son avis pour pas courir de risque inutile.

Et ben le type, y se lève et il dit non, tu le crois toi, pas le "yes" attendu, un vrai non ! Et même, il dit pas que non , il ajoute « ça commence à m’énerver » et il prend un papier et il fait des tirets comme un qui fait l’addition dans une épicerie : tiret un article 22 bis du code pénal 20 ans, tiret 2 article 34 ter du code pénal 30.000 €, et ça continue.

Puis il fait lui aussi l’addition, longue comme ma jambe, que mon pauvre tu te dis qu’il t’a pas coupé les couilles à ras c’est déjà ça de gagné, on sent que c’est juste pour pas niquer la moquette que ce genre de truc ça gicle partout et que tu peux pas la ravoir. Et ben lui "goodwill" ça lui provoque une réaction occitane, il dit « Se fotre de lo monde" ... le prochain il aura les couilles en salade c’est couru (s’il en a, dans certains cas comme celui là il vaut mieux pas en avoir ... ça arrive plus souvent qu’on le croit).

Mais bon on va quand même essayer d’expliquer le goodwill aux vrais gens même si peu sont demandeurs, ça fera toujours vendre des tartes au citron.

En fait le goodwill c’est un peu le loto mais adapté aux Affaires avec un grand A, c’est pas Francis Blanche dans les tontons flingueurs, hélas, les chaussures vernies et le costume noir à large rayures blanches on hésite de plus en plus je sais pas pourquoi, sans doute c’est trop une preuve de franchise, et c'est vrai que les rayures sont tellement épaisses qu'on croit que le type est (déjà) en prison.

Mais au loto la quine à carton plein, tu gagnes un panier garni avec un coq vivant (que du bonheur dans un studio de 9 mètres carrés en plus il est déréglé il chante même en pleine nuit et iI risque de bouffer les poissons rouges du précédent loto qui vivent dans la baignoire, dont on ignorait jusque là l’utilité), 220 kilos de flageolets en conserve que vous en avez pour plusieurs générations, un vrai capital, et 64 rouleaux de papier toilette, ce qui est un bon complément du flageolet, l’usage du premier est quasi simultané avec celui du second, le mieux c’est de manger (a priori ce sont les flageolets qu'on mange, même si ce ne saute pas aux yeux), déjà assis aux toilettes, enfin le plus fort de la famille les autres se contorsionneront (ils font souvent des promotions jumelées, une boîte de flageolet et un rouleau de papier toilette ). Le "goodwill", pour te le faire simple, tu as un type qui vient te voir et qui te dit « Bonjour monsieur le vendeur vous le vendez votre truc qui vaudrait 10 € s’il était neuf et qui vaut rien maintenant qu’il est « banca rota » (expression latine) ? ».

Le vendeur en puissance il est scié il répond juste « good ». Monsieur l’acheteur qui pense avoir compris lui amène une tarte au citron et l’autre il dit « will » et l’avale d’un coup comme dans le corbeau et le renard où ce couillon de corbeau laisse tomber son fromage. C’est toute l’histoire du mot "goodwill". Mais c’est pas aussi simple, le futur vendeur il sent qu’il peut gratter une autre part de tarte au citron. Monsieur l’acheteur, lui il se méprend, et il est sur le point d’en proposer 30 € du truc banca rota, mais heureusement son avocat est là et lui il est pas gastronome (à ce niveau on a pas le temps de manger on s’alimente simplement), c'est le type dont l'intervention est toujours un plus, et là c'est particulièrement remarquable puisqu'il lui conseille, après une consultation étayée avec plein d’écritures savantes, d’en proposer 50 € ce que fait un abonnement chez le pâtissier pour une tarte au citron quotidienne.

Voilà l’autre explication plus scientifique du "goodwill" : c’est ça, c’est ce que ça coûte en plus à l’acheteur : la formule en mathématique financière c’est le prix payé, c’est à dire 50 dans notre exemple pédagogique , moins valeur réelle c’est à dire zéro dans notre exemple toujours pédagogique , plus la tarte au citron et plus les honoraires de l’avocat de monsieur l’acheteur (15% de l’économie ... comment ça il y a pas d’économie ? Mais si vous comprenez rien taisez vous !).

Voilà le "goodwill" en quelques mots , le genre angliciste pour les nuls ... y a pas de quoi en faire un flan (au citron). Il y a même des types chanceux qui portent un casque en permanence tellement ils ont des "goodwill" qui leur tombent dessus. Mais c’est pas comme quand Isaac Newton se prend une pomme gâtée dans la tronche et découvre l’attraction terrestre, le "goodwill" c’est pas toujours bénéfique « La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais" disait le pauvre Cesar Birotteau: avec le "goodwill" c’est couru.

- pour en revenir à notre concours, un autre candidat, mieux placé "oh mais moi hier, j'avais "switché" (échangé mais en plus noble) avec mon boss, je me suis retrouvé en "prime time" à un "workshop" (c'est juste le début d'un séminaire de "flies fucker" mais là comme déjà indiqué c'est un anglicisme spécifique qui vaut le coup d'être deviné, sauf si on est mouche) sur le sourcing, j'ai parlé qu'en anglais (c'est ce qu'il croit) .. personne a rien compris, pourtant c'était des anglais, mais ils ont pensé que c'était savant et m'ont applaudi de tant de science .. moi même je ne comprenais pas ces expressions mises bout à bout , mais j'ai fait un effet bœuf et au "debriefing" (rien de grave, inutile de sortir le défibrillateur, c'est juste le bilan de la réunion) j'ai eu un super feedback, ils étaient tout "supportive", on m'a félicité en me disant d'un air entendu "vous au moins vous annoncez la couleur, vous n'êtes pas que la moitié d'un con" (expression qui décidément est fort utile) .. J'ai répondu fièrement "oui je sais, je suis bien plus, tout le monde me le dit " ...

En parlant de bœuf, le "gagnant" serait décoré d'une cocarde, en grandes pompes, comme les bœufs au salon de l'agriculture (si le lauréat est un "rainmaker" attention avec la tornade qui accompagne ce type en permanence: celui qui remet la décoration a intérêt à prendre un solide parapluie pour pas niquer d'un coup son costume à mille balles et son expérimentation capillaire, à mille balle aussi, il a un capilliculteur (mot inventé par l'auteur des traductions latines) "full of talent" qui lui fait des colorations personnalisés noir de jais avec tellement de gel pour bien agencer les mèches sur sa future calvitie qu'on croirait qu'il a un casque , une vraie botte de foin, une réussite que je vous dis pas, mais plus cher que de vraies bottes ).. un petit tampon sur le front .. comme disait Coluche, c'est comme le Port Salut c'est écrit dessus "premier prix : un virgule quatre vingt dix neuf sur l'échelle de la connerie" (qui est graduée jusqu'à deux, les sommets sont atteints à une goutte de waterfall près) et si vous voulez lui faire très plaisir vous ajoutez "limited edition" (ce qui est heureux finalement).

« Étonnant non » (toujours le même magicien de la langue française ) 

Franchement, on aimerait bien être capable d'un élan très éphémère (on a quand même mieux à faire) de compassion, pour leur dire qu'on les plaint beaucoup de croire que la vraie vie c'est ça ... et quelle chance on a, nous, de le savoir, de ne pas se prendre au sérieux et de rire un peu entre vrais gens ... "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui", "il" (qui ?) le disait aussi ! ... mais non franchement non ... en plus ils nous traiteraient de con, nous !!! eux !!!

En outre, à voir tous ces ignorants, saboteurs de la langue française, qui pensent orgueilleusement compenser leur infâme inculture en employant des anglicismes pour donner ce qu'ils pensent être de grandes leçons de droit, on aurait plaisir à indiquer que l'ironie de la chose est que, précisément, tout donneurs de leçon qu'ils soient, ils sont en infraction avec la loi.

Oui, la loi n°94-665 du 4 aout 1994 , qui dispose en son article 1 "Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics.".

Mais on ne fera pas constater l'infraction, ça serait leur donner une importance qu'ils n'ont pas, et on ne va pas non plus leur apprendre le droit, ça serait prétentieux de notre part, et surtout mission impossible qui durerait la vie des rats ...autant uriner dans une contrebasse.  

Et puis il faut être indulgent, on est pas responsable de ses propres tares et ce serait quand même cruel de leur dévoiler qu'en réalité ils ne connaissent du droit que ce qu'on peut en lire dans la chronique judiciaire de Gala ou Closer. Il vaut mieux les tenir dans l'ignorance, même si il n'y a pas de pire con que celui qui ne sait pas qu'il est con .. et la plupart l'ignorent !

Voilà, pour en terminer, un conseil : prenez une minute de divertissement et cherchez ces traductions inventées par cet être si orfèvre de notre langue  ... vous en apprendrez plus sur le rire que de droit sur ce site , on peut se passer du second mais le premier est indispensable.

Je vous en donne quelques unes, vous trouverez les autres et celles que je n'ai pas citées, elles sont magnifiques

"- Ecce homo : Voici la lessive.

- Manou Militari: Germaine s'est engagée dans les paras!

- Mens sana in corpore salo : En tout homme, il y a un cochon qui sommeille.

- Testis unus, testis nullus : On ne va pas loin avec une seule couille (Vieux dicton romain. D'abord employé par les garagistes à propos des roues des chars brisés dans les courses, il a pris un sens moderne sensiblement différent. Signifie actuellement : "Pour moi ce sera une glace à deux boules.")

- Veni, vidi, vici : Je suis venu nettoyer les cabinets."

- Chi va piano, va sano: Fais pas dans le piano, va aux toilettes.

Ce sont tous ces fou-rires qui confirment que j'ai bien fait de donner le livre du précédent à quelqu'un qui est l'inverse de n'importe qui.

L'humour et la dérision ne sont finalement pas toujours où on croit, ce qu'une page de la plume de l'inégalable Reiser, reproduite ci dessous, illustre à merveille.