New money (privilège de conciliation) ou prêts accordés dans le cadre de la conciliation (version développée et même plus)

Ndlr : La définition stricto sensu est surlignée en gras, c’est tout ce qu’elle a d’original, le reste du texte est naturellement gras par son contenu, et n'a donc pas besoin de cet artifice.

Préambule : L'auteur de cette élégante définition tient à préciser que toutes les citations sont absolument véridiques, et dans la plupart des cas, c'est à dire pour les citations "adverses", on peut dire qu'il aurait mieux valu pour leurs auteurs qu'elles ne le soient pas.

La génétique "humaine" y révèle en effet ses déplorables déviances, et si le séquençage du génome du porc a mis en exergue de très grandes similitudes avec l'ADN humain (absolument véridique), force est de constater que le porc en est peu fier .

D'ailleurs, même si des scientifiques ont implanté sans rejet des cellules souches humaines dans des embryons de cochons ensuite transférés dans l'utérus de truies porteuses, ils ont démontré, je cite, que "la similarité génétique apparente entre l'homme et le cochon est trompeuse", ce qui rassurera malgré tout le porc.

La science démontre également le processus inverse: on peut greffer avec succès des organes porcins sur l'homme (encore absolument véridique), ce qui conduit certains, qui ne croient pas si bien dire, à affirmer que le porc est l'avenir de l'homme, et la publication de cette expérience enseigne, je cite que "de premiers embryons viables homme-cochons ont été créés".

Ce n'est pas pour nous une grande nouvelle, car notre étude, tout aussi scientifique, permet de confirmer que les cellules du porc prolifèrent volontiers chez certains "humains" ... on peut même affirmer que la greffe de tête de cochon a, avec un succès croissant, dépassé depuis longtemps le stade expérimental.

Cela permet d'ailleurs de relever que ceux qui, outrés de ces résultats scientifiques peu flatteurs (pour le porc), s'exclament que si tout cela était exact l'homme ressemblerait (encore) plus au cochon et aurait une queue en tire bouchon, manquent de lucidité ou ont la vue basse (pour la ressemblance, pas pour la queue, évidemment, cela va sans dire, on est pas là pour ironiser). 

D'autres s'offusqueront du recours aux truies porteuses, alors qu'à mieux y regarder ...

Sous titre de la définition : "présences porcines, où on voit que le porc n'est pas forcément celui qu'on croit"

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Revenons à nos "moutons" : New money : (rires ... mais indignation des moutons)

Il est bon de ne pas toujours mâcher ses mots, et d'ailleurs Jean Yanne disait de Cambronne qu'heureusement pour lui il ne mâchait pas les siens.

Aussi, bien qu'absolument et définitivement allergique aux ridicules anglicismes employés par "d'amusants" (et ridicules ?) professionnels qui s'écoutent parler (généralement aucun ne comprend complètement les autres, ce qu'ils n'osent pas s'avouer mutuellement, chacun prenant un air entendu censé dissiper le doute ... rassurons nous cela ne changera d'ailleurs rien au résultat final ... les vrais Anglais, qui eux parlent l'anglais, ne comprennent pas non plus mais peu importe on ne le dira pas) et pensent que ces comportements affligeants révèlent au monde admiratif l'appartenance à une élite devant laquelle il serait quand même ahurissant que le vulgum pecus ne se prosterne pas d'éblouissement malgré de puissantes lunettes solaires, on doit bien donner une définition de ce terme, hélas employé ridiculement et fréquemment par lesdits, et en profiter pour, de manière plus générale, recenser les anglicismes et dévoiler, scientifiquement, ce qu'il convient raisonnablement d'en penser quand on est normalement constitué (il y en a).

"New money" donc, avant tout (enfin "tout"  avant "rien", c'est à dire les autres anglicismes)

Pour parler avec des mots que des gens normalement constitués comprennent, au lieu de "new money" (explosions de rire) on pourrait dire en français "argent nouveau" ... certains diront "blé" "oseille" ou "carbure" et d'autres moins raffinés diront "thune" , et d'autres qui sont les plus "chers" diront "de suite" "la solde", et pour les vraiment plus chers "la solde dans la malette" le français étant, quoi qu'en pensent les sus-dits, une langue riche qui se suffit à elle même.

Plus précisément l'expression, ou plus exactement le texte, puisque c'est la loi - française elle aussi - qui envisage la chose, vise "un nouvel apport de trésorerie" ... il suffisait d'y penser ... vous l'avez rêvé, le législateur l'a fait ... les autres ci-dessus (la position "au dessus" leur est réservée, ils s'y épanouissent), les autres qui n'imaginaient pas qu'on tomberait si bas (nous, pas eux évidemment) que la loi se comprenne sans eux (qui ne la comprennent pas pour autant, mais c'est un autre débat), et ne peuvent se satisfaire de tant de simplicité qu'ils jugent dégradante, s'en remettent difficilement et resteront des reclus pathétiques campés dans leurs hautes sphères où on s'entre-congratule à renfort de leurs anglicismes à la con d'être tellement satisfait de soi  ... "new money"  ça leur restera comme un refrain, sans même qu'ils sachent que du britannique l'essentiel à conserver est Benny Hill et "sacré Grall" des Monty Python, et d'ailleurs il suffit de connaître l'histoire de la banqueroute de Law pour constater les dégâts occasionnés par l'inspiration britannique... mais, comme disait Brassens, "le pluriel ne vaut rien à l'homme" je me garderai de dire la suite, si vous voulez vous la trouverez, mais évitez de mettre plus de quatre d'entre eux ensemble, déjà qu'ils ont des prédispositions !

Evidemment, leur dire "un nouvel apport de trésorerie", c'est être regardé par eux (je dis eux, enfin les pseudos anglicistes qui ce faisant vomissent la langue française trop subtile pour eux) avec mépris, effroi et dégoût, comme si on était une déjection canine dans laquelle ils viennent de marcher de concert mais du pied droit.

On sent qu'on est suspecté d'avoir un cerveau d'huître genre "zézette épouse x" dans "le Père Noël est une ordure", on se sent rejeté comme si on se promenait au Cap Ferret sans mocassin bateau ni Méhari Citroën rutilante ou Jeep Willys reconditionnée pour véhiculer une horde de bobos, y compris bonnes femmes blond fillasse vêtues de grandes robes informes achetées (trois fois le prix) au marché local (on les voit venir, le vendeur change des étiquettes exprès pour elles), in-coiffées sous de grands chapeaux de paille que "ma chère c'est amusant ce folklore, la bonne a chiffonné ma robe ce matin pour que ça fasse plus décontracté vous en pensez quoi ?", qui sont en permanence en "face time" avec le son à fond, avec quelque pouffiasse de leur genre, histoire que toute la plage profite de leurs histoires de règles douloureuses et de tampon malencontreusement resté coincé dans le chaudron car ces connes l'ont inséré à l'envers avec la ficelle à rôti qui fait lasso autour des trompes, que ça risque d'être plus douloureux à la sortie qu'à l'entrée.

Bref de vraies connes, qu'on voit pas à quoi ça sert que le fabricant se décarcasse pour donner audit tampon une forme de fusée interplanétaire pour faire juste un voyage intra-conne, que si c'était un suppositoire elles le goberait par le côté plat, connes comme elles sont.

Bref, tu dis "un nouvel apport de trésorerie" et tu te prends la honte de ta vie,... mais là encore faisons appel à Jean Yanne: "il n'est pas plus grande volupté que d'être pris pour un con par un imbécile" .

D’ailleurs à bien y regarder la langue française s’honore qu’ils ne la parlent pas et qu’ils bégaient des anglicismes comme des cons 

Concrètement, au sens de la loi, il s'agit des apports de trésorerie effectués au profit d'une entreprise dans le contexte bien particulier d'une procédure de conciliation. S'il advient que l'entreprise soit ensuite en procédure collective, a priori ces apports sont traités en rang de créance antérieure et ont vocation à être des créances chirographaires ce qui n'est pas un traitement favorable, alors même que l'apport de trésorerie était précisément destiné à éviter la procédure collective et bénéficie donc aux autres créanciers. Pour cette raison la loi institue un privilège qui bénéficie à ces apports de trésorerie s'ils sont intervenus dans le cadre d'une conciliation avec accord homologué. Dans ce cas, ces créances sont traitées en rang très favorable, puisqu'elles passent avant même les  créances postérieures au jugement d'ouverture considérées comme utiles et ne sont primées que par les frais de justice et le superprivilège des salaires

L'article L611-11 , qui, contre toute attente de l'élite ratée évoquée ci-dessus, parvient donc, de surcroît assez facilement, à décrire en français un processus français ("étonnant non ?", comme aurait dit qui vous ne savez pas forcément) , dispose en effet :

"En cas d'ouverture d'une procédure ,de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, les personnes qui avaient consenti, dans le cadre d'une procédure de conciliation ayant donné lieu à l'accord homologué mentionné au II de l'article L. 611-8, un nouvel apport en trésorerie au débiteur en vue d'assurer la poursuite d'activité de l'entreprise et sa pérennité, sont payées, pour le montant de cet apport, par privilège avant toutes les autres créances, selon le rang prévu au II de l'article L. 622-17 et au II de l'article L. 641-13. Les personnes qui fournissent, dans le même cadre , un nouveau bien ou service en vue d'assurer la poursuite d'activité de l'entreprise et sa pérennité bénéficient du même privilège pour le prix de ce bien ou de ce service.

Cette disposition ne s'applique pas aux apports consentis par les actionnaires et associés du débiteur dans le cadre d'une augmentation de capital.

Les créanciers signataires de l'accord ne peuvent bénéficier directement ou indirectement de cette disposition au titre de leurs concours antérieurs à l'ouverture de la conciliation."

et l'article L622-17 auquel il renvoi dispose en son II

II.-Lorsqu'elles ne sont pas payées à l'échéance, ces créances sont payées par privilège avant toutes les autres créances, assorties ou non de privilèges ou sûretés, à l'exception de celles garanties par le privilège établi aux articles L. 3253-2, L. 3253-4 et L. 7313-8 du code du travail, des frais de justice nés régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins du déroulement de la procédure et de celles garanties par le privilège établi par l'article L. 611-11 du présent code."

Certaines décisions considèrent ( et cela nous semble fort discutable) que le privilège subsiste si en suite de la conciliation est prononcée une première procédure suivie d'un plan, ensuite résolu et donnant lieu à une seconde procédure: le privilège pourra être invoqué dans cette seconde procédure ( Cour d'appel de Paris 6 octobre 2017 n°16-20078 Selarl Sarthe).

Enfin et comme il ne faut pas mourir idiot, ou en tout cas pas complètement, ce qui est parfois une lutte de tous les instants, de surcroît souvent vaine, mais certains y parviendront, on doit pour faciliter la chose autant que possible, dévoiler ici le seul anglicisme véritablement révélateur de l'appartenance à une élite, bien réelle celle là ... pas de danger tous ne comprendront pas : "my backside is chicken"

Ne sauront où le trouver et par quel exceptionnel talent il a été imaginé que les membres de l'élite en question, lecteurs du dit (ou plus exactement du non dit)  ... et ceux là sont rares.

Il ne parlait certainement pas anglais, mais avait inventé un langage Rabelaisien bien à lui, tellement évident que tout lecteur qui le mérite le comprend - les autres ils s'en moquait - : c'est exactement la subtilité et la finesse de cet anglicisme: il est certainement impropre mais comment ne pas s'en délecter ? 

Personnellement je n'ai donné un livre (bleu) de cet auteur qu'une fois et je ne le regrette pas, c'est la seule personne qui le méritait.

Je précise en outre que ledit auteur m'a largement inspiré et il me pardonnera d'avoir - sans prétention aucune - emprunté quelques unes de ses expressions. 

Pour un "vrai" juriste (il y en a), de l'anglais tout est déjà dit, c'est déjà trop et lui donner une importance qu'il n'a pas.

Murons une bonne fois pour toutes l'inutile tunnel sous la Manche qui nous rend moins éloignés ces individus auxquels il ne faut pas trop prêter attention.

Ajoutons que le français ça sonne bien quand même : ce n'est pas pour rien que l'académie Française (voir journal officiel du 7 décembre 2018 Commission d'enrichissement de la langue Françaisedans son vocabulaire "disruptif " (voilà un mot français qu'il est joli !) a retenu le "vol à la souris" (pour ne pas dire au mulot) , du coup ça en devient presque sympa comme infraction, à la place de "mouse jacking" employé par les illettrés et ceux dont nous allons parler - qui sont souvent les mêmes -.

En outre, tout trouve son origine dans le droit romain qui, lui, était si riche, puis dans les constructions que des grands noms du droit français ont su imaginer.

Le sérieux qui préside à la rédaction de ce site oblige donc à revenir à des locutions latines.

En voici quelques unes. "Ecce Homo" "Manou Militari" "mens sana in corpore salo" "Testis unus, testis nullus" "Veni, vidi, vici" repensées en son temps par un génie de la langue française qui a su leur donner la plus exacte et savoureuse traduction dont vous trouverez quelques exemples plus bas.

Mais, là encore, peu semblent partager le plaisir de le lire, sinon même à quatre ils seraient protégés des foudres de Brassens ... et encore faut-il pour cela avoir le privilège de savoir de qui nous parlons ici, pour rechercher lesdites traductions ... vous ne le regretterez pas.

Aussi, si vous venez voir ce site uniquement pour lire d’obscures définitions juridiques, en pensant que son rédacteur s’emploie à essayer de rendre compréhensible ou en tout cas un peu plus lumineux ce que le législateur s’ingénie à rendre abscons, et qu’il est certainement un austère liquidateur, vous êtes sans doute en dessous (pour l'austérité dudit en tout cas) et un peu à côté de la vérité ... alors si c’est ça, passez votre chemin sur d'autres pages et gardez le terme « new money », je vous le dis.

Si vous pensez être un angliciste distingué (mots incompatibles, c'est juste pour les besoins de la démonstration), il n'est pas évident non plus que vous trouviez avantage à poursuivre la lecture, la vérité est parfois cruelle.

Pour ceux qui resteront sur ces pages, on espère par attrait de la dérision, sachez ce que l’auteur des traductions de ces locutions latines disait d’un type que nous nommerons "xxx" pour ne pas lui faire une publicité imméritée, lequel avouait penser sincèrement que si on n'a pas de Rolex on a quand même raté sa vie.

Et comme c'est un type "distingué" il a ajouté, quand sa femme lui en a offerte une, que c'était la moins chère ... classieux pour la meuf non ? 

Mais je me distrais : l'auteur donc, disait de ce type "xxx" à la Rolex « xxx est-il un con? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu’à poser la réponse: xxx est-il un con ? De deux choses l’une, ou bien xxx est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien xxx n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »

Je dois à la vérité de dire que bien que d'une prétention que les parvenus arborent généralement avec fierté, le type était relativement lucide.

Il disait en effet "un con qui marche vaut mieux que 10 intellectuels assis, moi je voudrais être un con qui court".

Pour autant, s'il a magnifiquement réussi en tant que con, il n'a jamais couru, mais c'est rassurant de savoir qu'il ne se prenait pas pour un intellectuel (infâme mot, vous vous voyez dire "moi je suis un intellectuel" ???)

Donc ce spécimen de con, qui suggérait avec un air détaché aux clochards de "quand même mettre 1.500 € de côté" (sic) a une Rolex, pas chère, et il pense pour cette raison avoir réussi sa vie (de con).

Le possesseur de ce type d’engin est souvent utilisateur éclairé (c'est ce qu'il croit) d’anglicisme, et personnellement je n’aurais pas posé la question, et l’aurais classé d'office à un con virgule cinq, ne faisons pas de quartier en disant que c’est la moitié d’un con !

En plus le con angliciste Rolexé (modèle grosse loupe pour la date pour qu'on voit de loin que c'est bien une Rolex, je ne parle pas du joli modèle flipper qui n'est porté que par une véritable et unique élite d'un bleu nuit interplanétaire) étant spontanément content essentiellement de lui, puisque lui seul existe véritablement à ses yeux, en aurait été flatté, con comme il est, ce con.

Faites le test:  sur la citation ci dessus remplaçons "xxx" par le nom de l'utilisateur d'anglicisme, Rolexé ou pas, candidat impétrant : vous ne serez pas surpris que la phrase soit si mélodieuse: ça sonne bien, il était tellement prédestiné !

Un beau profil de gagnant ! La vraie justice, la seule d'ailleurs, c'est que le con a l'air con.

Le mec complètement "touchy". Comme disait mon auteur préféré, ll y a plusieurs façons d'être con, mais le con choisit toujours la pire. C'est con-firmé.

Certains passent presque inaperçus au premier abord: méfiez vous, ils sont parmi nous, il semblent normaux ... mais ça ne dure pas.

On s'y tromperait tant qu'ils n'ont pas parlé (encore qu'ils sont généralement trahis par leur allure et leur tronche), surtout d'eux, et évidemment par de "savants" (c'est ce qu'ils croient) anglicismes.

J'avais lu un tag dans la rue "les cons sont parmi nous" et je dois dire que le type était assez bien informé.

Et d'ailleurs je vous invite à faire un expérience scientifique: dans une rue très fréquentée criez "Hé con !" et vous verrez que les deux tiers de la rue vont se retourner, preuve irréfutable d'une lucidité absolue chez le con. 

D'ailleurs, toujours selon mon auteur favori, le taux de con est tel qu'en réalité un individu intelligent est un con raté.

Précisons que, concernant le troisième tiers qui ne se retourne pas, il y a quelques unités qui sont "non cons", mais méfiez vous des autres, ce sont les pires.

Car c'est bien connu, il n'y a pas pire con que celui qui ne sait pas qu'il est con, et, par connerie congénitale beaucoup l'ignorent.

C'est pourtant immuable, un caractère inné, comme on dit en génétique (dans une étude scientifique de ce niveau, on ne peut passer à côté de la génétique du con) et d'ailleurs Brassens résumait parfaitement la chose "quand on nait con, on est con, le temps ne fait rien à l'affaire".  

Spontanément j'ai tendance à redouter les vieux cons, mais à la réflexion, les jeunes cons, qui ne sont que des vieux cons en devenir, sont peut-être encore plus à bannir car ils affichent avec une arrogance conne leur ignorance de leur propre connerie pourtant flagrante.

Pour revenir à notre étude scientifique, d'autres affichent de tels faciès de gueule de raie (je parle de raie culière bien entendu) qu'à ce stade ça en est de la franchise, c'est pas pour rien qu'en argot le singe c'est le patron, là c'est carrément "cul de singe" (d'où l'utilité du peigne cul dont nous parlerons plus bas, la science ne nous pardonnerait pas de l'omettre).

On les inciterait volontiers à enfiler un slip kangourou sur ladite gueule de raie, à se nourrir de suppositoires et claquer des dents dans leur slip, le truc c'est déjà facile pour prendre la température (vérifier avant, si possible, que l'utilisation "standard" n'ai pas précédé cette utilisation "buccale") et on s'étonne qu'ils n'en usent pas régulièrement pour s'asseoir ... tout le monde n'a pas bi-raie et c'est une riche alternative qui soulagerait l'œil de leurs contemporains !

C'est spécialement pour eux qu'on a inventé la célèbre blague "la procédure n'est pas orale elle est anale", qu'"ils" mettent en application avec tant de sérieux et de rigueur.

Ils annoncent la couleur en commençant leurs phrases par un espèce de borborygme pour se ramoner le tout à l'égout, qui leur permet de s'assurer que l'attention de tous est focalisée sur eux, sinon c'est pas la peine qu'ils gaspillent leur énergie si l'assemblée n'est pas captivée, suivi de "je  voudrais pas dire de connerie" ce qui est généralement un aveu, précisément, de ce que, malheureusement, ils en disent ... on dit parfois que le miroir réfléchit sans parler pour autant, eux c'est exactement l'inverse.

La plupart trouverait une place plus appropriée dans un champ à regarder passer les trains avec d'autres bovidés dont il est bien connu que c'est l'activité neuronale majeure : une fois dans le troupeau on ne les distinguerait plus. De plus il convient, dans ce texte de haute tenue morale, de relever que le mot "train" s'écrit de la même manière en français et en anglais, l'anglais ayant lamentablement imité le français: le bovidé angliciste, bien que ne parlant ni totalement français ni du tout anglais, devrait arriver à s'entendre avec les autres pour écrire un recueil de "pensées" (enfin tout est relatif) sous le titre "songeries bovines".

Enfin parlons des plus caractéristiques, attention je parle de l'élite de l'élite, préparez vous à être épatés.

Ils sont le résultat d'une rigoureuse sélection précoce : tout petits déjà on les repère, c'est facile il y a un indice, c'est le nombril, il faut avoir le nombrilisme déjà prometteur.

On leur inculque l'auto satisfaction pour laquelle ils sont prédisposés, l'esprit de supériorité et, évidemment, le "fameux" anglicisme (là encore ces deux mots sont incompatibles, c'est juste pour les besoins du raisonnement). C'est à dire qu'on leur fait adopter un espèce d'accent, comme ceux qui font semblant de parler anglais. On leur fournit également le peigne dont s'agit.

Et miracle (enfin façon de parler), ils deviennent ce qu'on espérait. Parfois on dit qu'il faut de tout pour faire un monde, peut-être qu'en l'espèce c'est superflu, mais ça s'impose à nous.

On les repère facilement : en principe ils se déplacent par paire (comme les fesses mais en moins pratique ), généralement déguisés avec des codes d’habillement (ils disent évidemment "dress-code") bien rodés (ce qui présente l’avantage non négligeable de dissimuler une partie leur pénible anatomie) ... comme un uniforme imposé :  même style de cravate, mocassins à gland (il faut oser !), blazer bleu marine croisé avec boutons dorés avec une ancre, un blason d'opérette, (si si, c'est à ce point). Vu de loin c'est tous les mêmes. 

Je sais pas vous, moi, déjà les blazers je suis pas emballé, mais les blasons sur les blazers alors là je suis vraiment pas fan, en principe c'est un aigle royal, ça fait un peu gardien de zoo - ce qui en l'espèce serait une comparaison intéressante - mais là le bestiau il est tout vouté, en fait c'est un vautour, qui tient fermement un code civil, avec une telle détermination qu'on risque pas de l'ouvrir, ce qui pour le coup n'est pas grave, l'heureux porteur du blazer n'en a jamais ouvert il va pas commencer maintenant et si on y regarde de plus près l'oiseau charognard a les menottes, ce qui est mauvais signe pour le client.

Evidemment "ils" (l'élite angliciste, pas les vautours !) ils portent une pochette qui mousse, assortie aux chaussettes (avec des jarretelles pour chaussettes évidemment, pas de quoi s'exciter c'est pas du tout sexy, c'est simplement ridicule, je savais même pas que ça existait), chemises à leurs initiales comme si on avait besoin de les connaître, et, détail qui fait très piche (mais là tout le monde peut pas comprendre le mot qui est intraduisible et vraiment local, à la capitale on sait pas), le dernier bouton de la chemise pas boutonné sous le nœud de cravate bien gros et bien lâche (on espère que c'est pas une chemise à manches courte mais on peut raisonnablement le craindre). 

Evidemment encore, mais ça tombe sous le sens, la chemise c'est pas n'importe quelle chemise.

Vous savez le modèle rayée blanc et bleu, sauf le col qui est tout blanc, le truc qu'on a tous évité dans les rayons, les magasins les mettent en tête de gondole, car ils se sont fait fourguer ce modèle dont personne ne veut. Ben eux justement si. Ils se les arrachent.

Ils pensent que ça fait "trader" (on dit trédeur, ne faisons pas de faute de gout en disant tra-der on serait ridicule ... enfin encore plus).

Bref cette chemise, ça déshonorerait une poubelle pendant une grève prolongée d'éboueurs devant une halle spécialisée dans la poissonnerie.

En fait cet accoutrement et la tête de carnassier, mon pauvre, c'est un truc à pas leur confier son sac le temps d'aller pisser, au contraire même, le type tu le croises, il a même pas besoin de te demander quoi que ce soit, tu poses doucement ton portefeuille et ta montre par terre, ton costume (normal ton costume, pas un truc de clown) bref tu gardes juste le caleçon et tu mets les mains en l'air comme pour un hold-up tellement il porte sur sa figure qu'il est là pour te dévaliser.

Et encore bien heureux qu'il te laisse le caleçon, la chance, c'est juste parce que lui il met des slips (enfin un), le modèle kangourou à poche devant (une poche, je vous demande à quoi ça peut bien servir à cet endroit où a priori on stocke pas du poil à gratter, sauf pour ceux qui espèrent retrouver ainsi une sensibilité perdue), et à fins trous-trous qui rendent toute décence impossible, qu'on dirait une cote de maille, mais bien lâche, avec les amygdales sud qui pendent en dehors façon curé de Camaret, comme gros dégueulasse de Reiser, bref l'entresol qui dégouline.

Précisons ici pour être totalement objectif, ce qui est le propre du scientifique, que s'ils font propres sur eux pour la partie visible, ils négligent volontiers le reste : le slip en question est dévasté par l'obsolescence, élastique défaillant et de larges trous en complément de ceux prévus par le fabricant (on va pas s'aventurer sur la couleur et l'odeur, là on penserait qu'on exagère). 

Bref je vous le dis, vous prenez un épouvantail dans la campagne, vous le déguisez comme ça, à supposer qu'il accepte, ce qui est pas gagné car il a de l'amour propre l'épouvantail, et ben les oiseaux se partagent en deux groupes, mais c'est pas pour jouer au foot, un groupe qui rigole à en pleurer et l'autre, horrifié, qui déménage définitivement dans la vallée voisine.

Y a juste un garagiste qui récupère la chemise rayée à col blanc pour essuyer les jauges à huile, mais même pour ça c'est pas bon, le tissus est trop amidonné, et son apprenti se fout de sa gueule à cause des rayures, ça lui fait penser aux Dalton en bagnards dans Lucky Luke. D'ailleurs la chemise alternative est également rayée, mais à très très grosses rayures noires, que mon pauvre on les croirait (déjà) derrière les barreaux.

Il convient de préciser dans cette étude scientifique que pour leurs "déplacements professionnels" en province - pour ceux qui proviennent de la capitale, c'est à dire la très grande majorité, vous vous en doutiez - , histoire d'en mettre plein la vue à l'adversaire et que la stupéfaction le déstabilise, "ils" (eux, l'élite, pas les garagistes) mettent parfois malgré tout une tenue style "dé-con-tracté chic" (c'est ce qu'ils pensent mais le "dé" n'est pas privatif et la seconde syllabe a tendance à faire bande à part). 

S'ils osaient ils mettraient leur belle casquette de capitaine avec l'ancre de marine qu'ils arborent pour piloter leur yacht (au moteur), mais ils veulent pas trop susciter l'envie et l'admiration, d'autres tentent le pantalon de gardian, la chemise à fleur et le béret, pensant passer inaperçus (ce qui n'est pas leur qualité première, et pour le coup c'est un échec cinglant, tout le monde hurle de rire) et faire couleur locale, dans la droite ligne de l'image arriérée qu'ils ont du bas peuple.

Le plus du plus c'est le chapeau en feutre avec une plume de paon véritable (la plume, et d'ailleurs le paon aussi à y être), encore qu'il faille ici reconnaître que c'est réservé à des spécimens hors norme (mais sachez que c'est quand même un détail absolument véridique, on est pas là pour raconter un désastre imaginaire, la réalité suffit largement à alimenter cette étude plus zoologique qu'anthropologique)

Mais la plupart du temps ils se "contentent" :

- d'un pantalon rouge (ça fait corrida, mais à mon avis ils surestiment un peu la célérité de leur salutaire fuite) à large revers, avec

-  si on a de la chance un "polo" d'une marque avec un sympathique carnassier vert,

- si on en a moins une chemise blanche de costume, en tergal, bien cintrée avec le col bien raide et pointu mais là sans cravate et ouverte sur le torse in-musclé, avec les bourrelets qui dépassent entre les boutons hyper tendus (je suis certain que vous voyez le truc, entre les boutons la chemise laisse échapper des bouts de bide adipeux et blancas), laquelle (la chemise) dépasse du pantalon pour faire "débraillé on va chez les ploucs", et ce d'autant plus que la chemise a d'abord été mise dans le pantalon, puis ressortie une fois qu'elle est bien froissée en bas.

- et des mocassins bateau - à gland quand même (vous savez le modèle bien large, tellement large même qu'avec on peut faire du ski nautique sans les skis), et avec des chaussettes ultra fines de ville - ,

- et c'est idéal, comme ils sont deux, car ils rivalisent d'imagination dans le domaine défilé de mode clownesque, un met une belle veste en velours bien brillant avec des coudières en cuir et l'autre en velours côtelé à carreau avec des coudières en daim pour faire partie de chasse,

le tout pour bien afficher d'où ils viennent et surtout où le labeur les contraint à s'abaisser à descendre et le mépris dans lequel ils tiennent ces lieux où ils se précipitent néanmoins aux premières vacances venues, histoire de virer à un beau rose marbré avec des pointes couleur écrevisse ébouillantée du meilleur effet, qui fait bien marrer les vrais gens  ... mais dans ce cas ils améliorent l'esthétique - enfin c'est ce qu'ils pensent, comme quoi !!! - :

- en rehaussant la chose d'une visière de metteur en scène,

- en remplaçant le pantalon rouge par un bermuda bardé de poches larges et profondes, rouge également, on va pas renoncer à une couleur qui gagne,

- et en chaussant de magnifiques sandales sur chaussettes de ville bien hautes, et s'il fait mauvais des brodequins de chasse à large semelle et épais bourrelet sur tout le tour, modèle mis au point par la NASA avec ça vous pouvez gravir l'Anapurna,

- et, cerise sur le gâteau, pour être absolument certains d'être ridicules, en se harnachant dans un gilet de camouflage genre parachutiste avec plein de poches de tous les côtés et même, mais là c'est un truc de champion du monde, en se ceinturant avec une banane dissimulée qui leur fait un ventre que mon pauvre on dirait un durillon de comptoir de buveur de bière, sur laquelle ils greffent des étuis, les étuis ils aiment: un horizontal à lunettes, un vertical pour le téléphone, un vertical lui aussi pour quelques cigares dont le prix total dépasse le plafond du livret A, plus une chaîne pour attacher les clefs, et je te parle pas de l'énorme appareil photo qui leur bat sur le ventre, pour ne pas dire les noix (mais dans leur cas c'est indolore), pendu à une sangle noire et jaune, équipé d'un rétroviseur puisqu'ils ne prennent des photos que d'eux … on prend pas l'arc de triomphe sans Jules César … au retour ils ont 3000 photos de leur tronche, pour un nouvel album de leurs aventures chez les vrais gens. On dit qu'ils font du "reporting" (enfin je crois).

Bon l'avantage c'est que leurs héritiers (s'ils se reproduisent évitez de m'en garder un de la portée) pourront toujours vendre les photos à une marque de médicaments contre la constipation pour renforcer l'efficacité, on peut même à ce stade vendre du placebo, la photo suffira.

Bref un tenue que seul un couturier forcené aurait pu concevoir pendant son transfert en hôpital psychiatrique spécialisé dans les cas les plus graves, pour autant qu'on lui enlève sa camisole de force.

Inspirons nous des Tontons Flingueurs, chef d'oeuvre inégalé, pour rappeler que "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait": c'est ici on ne peut plus flagrant.

En tout cas, effectivement les gonzes récipiendaires du tableau de mode ainsi dévoilé à leur sidération admirative comprennent immédiatement à qui ils ont affaire ... mais la blague avec la tête de chien ne se pratique presque plus.

Je vous rassure "ils" en viennent, mais surtout "ils" y retournent une fois que le mal est fait, on est d'ailleurs aussi peu tenté de le retenir qu'eux de prolonger leur séjour en terres incultes.

Les gonzesses pour leur part, hurlent de rire, un hurlement comme tu en as jamais entendu, elles auraient une mygale dans la culotte, un cobra dans le soutif, et un tampon jex en guise de tampon, elles hurleraient pas plus, pour te dire.

Donc, pour revenir au cœur de cette définition, ils sont deux blazéreux :

- un, dit « senior » (attention je parle pas d'un "of councel, c'est à dire hors d'âge, mais ça vieillit moins bien que le bon vin, je parle juste d'un "sénior", vieux mais pas encore complètement hors d'âge, surtout ne pas confondre) , magnifique chevalière de 180 grammes qui précipite son arthrose au doigt à force de tenir cette phalange en avant comme si rien n'était (mais ça n'a pas le prestige du doigt d'honneur), avec des armoiries qu'il prétend de famille d'un air faussement modeste, genre je suis issu de la noblesse mais je m'en vante pas (sa généalogie est en effet chargée de diverses anomalies et même de voies de garage dans lesquelles quelques femelles se sont fourvoyées pour se faire défoncer par on ne sait qui), armoiries en réalité inventées par lui, (la devise c'est, en toute humilité "au dessus de tous" comme Henri IV et évidemment les armoiries il y a un dragon qui terrasse un troupeau de lions sous le contrôle de Dalloz habillé en rouge, dont il a toujours pensé -connement - qu'il est le Dieu de la justice et de toute façon ça fait bien ), lequel "sénior" fait de la figuration intelligente (c’est ce qu’il pense) et de la facturation très très intelligente, juste le regarder respirer, le compteur tourne comme quand on fait le plein d’essence mais sans la virgule, même s’il a mangé de l’ail et fumé un cigare qui vaut plus cher que la prime de fin d'année qu'il alloue généreusement à sa secrétaire et qu’il incommode tout le monde avec son haleine de canalisation d'égout crevée et ses effluves pestilentielles, les zéros défilent, mais il y a plusieurs chiffres devant ... s’il parle (il connaît les lois « d’avant », ça sert à rien) ça compte double et s’il médite (en fait il pense qu’il va devoir changer sa voiture une fois de plus pour toujours avoir le modèle au dessus des autres seniors, histoire de montrer qu’il est le meilleur) ça compte triple ... un super placement , ledit "sénior" contient tant bien que mal l’ascension d’un autre, dont il est flanqué (mais en réalité c'est plutôt l'autre qui est affublé du "sénior" pour lui faire prendre l'air de temps en temps, mais, sans doute par excès de modestie, le "sénior" s'appelle rarement "Médor", même s'il travaille dans un "cabinet de niche" - terme véridique). Le sénior, c'est le standard de ce que tous ces cons aimeraient être, le "new normal" on peut dire si on veut verser dans le pathétique. Un concept à lui tout seul (ils disent un "poc")

- lequel autre est dit « junior » (comme quoi les anglicismes et la cotation qui va avec leur font perdre tout sens critique, accepter d'être traité de "sénior" ou de "junior" faut avoir l'amour propre en roue libre), travaille pour deux (il n'y a aucune "equity" !), mais surtout pour que le "sénior" brille (ça relève de l'exploit, il faut un bon cirage et une brosse souple), ne parle que si le "sénior" lui fait un signe que par convention on qualifie d'intelligence (c'est juste une convention, traiter le mal par le mal) que l’autre semble malgré tout comprendre : dans ce cas le "sénior" dit "mon jeune assistant qui, je vous rassure a une formation complète ("formation complète" expression véridique; en entendant ça on se demande s'il a terminé sa puberté, le "junior" et si ces furoncles buboniques bien luisants, au sommet blanc comme le Fuji-Yama, ambiance paysage de volcans sur tarte aux fraises, qu'il se trimbale sur la tronche, qu'on dirait une plantation d'hémorroïdes vue d'avion, ça serait pas de l'acné juvénile au lieu d'une banale vérolerie, d'ailleurs il fait encore un peu ado rondouillard, vous savez la veste de costume qui marque bien les bourrelets, le genre porcinet, pour rester dans le thème).. je répète puisque je suis sans arrêt interrompu: mon jeune assistant vous donnera les détails" (dans un "wording" évidemment) , histoire de montrer qu'il prend l'autre pour un minus pas fini (en fait il a pas encore fini son "on boarding"), qui va devoir le supporter pendant quelques années en espérant l'accident vasculaire mais pour que ce soit cérébral cela suppose un cerveau (ils ont pas "dealé" sur le débarassage de l'épave), et deviendra à son tour odieux quand il sera "sénior" et que l'obsolescence programmée du précédent aura enfin fait son office sur ses quelques neurones résiduels et une prostate devenue cruellement défaillante, dont les conséquences sont une variante du "waterfall" moins connue mais aussi moins élégante que les nobles définitions que nous découvrirons plus bas avec admiration, et qu'en l'espèce Pampers traite avec succès chez les nouveaux nés, c'est sérieux comprenez vous c'est une marque américaine)

Le second raye le parquet de ses dents trop longues, contient lui même la poussée des plus jeunes que lui à grand coups de latte et grand renfort de petites piques vipérines et insidieuses, et pousse vers la maison de retraite le premier, qui sait ce que c’est puisque lui même à l’époque, quand il est arrivé dans la boite et "s'est mis avec plaisir au service de l'équipe" (expression véridique, faut quand même avoir un égo surdimensionné pour dire ça, déjà il le dit pour indiquer l'honneur qu'il fait à l'équipe en question, et préciser à quel point on lui a déroulé le tapis rouge tant sa science est vaste et irremplaçable et même qu'on s'est battu pour le convaincre de venir tant son nom sur le papier entête ajoute au prestige de la boite ... mais nous on peut pas comprendre, en plus parfois ça veut dire que ce qui compte c'est pas que le type travaille, et même surtout pas, par convention on lui demande de ne faire absolument rien pour ne pas compromettre les intérêts du client, c'est juste une espèce de location de son nom pour faire bien ... enfin c'est ce qu' "ils" pensent, et "avec plaisir" c'est pour indiquer qu'il a bien négocié sa rémunération ), donc lui, le "sénior" passait à l'époque ses journées à intriguer pour que le vieux dégage et éviter que le plus jeune lui passe dessus (si possible du pied gauche ça porte chance).

Le "senior" a été dressé pour distribuer sa carte de visite : dès qu’il arrive quelque part il a sa pile de cartes, comme on distribue à Géant Casino des bons de réduction (lui il dirait flyer) pour les saucissons Cochonou .. mais là il y a pas de réduction, au contraire, déjà à la calligraphie de la carte de visite on sent que ça va vous coûter aussi cher (c'est le "pricing") de gagner le procès avec lui que si vous le perdez sans avocat (si par miracle il gagne, il faut que le dossier soit très très bon, et on part avec un handicap car en principe les juges ne parlent pas anglais, eux non plus, donc ils ne se comprendront pas) .

Le "junior", lui, n’existe pas encore complètement, il est même pas sur le "board" et ne distribue pas son pédigrée, il est dans l’ombre de l'autre tâche, émule de Cochonou (ce qui, par parenthèse maintien le lien avec le sous titre de notre définition). Un jour il aura le "lead" (attention si vous voulez pas passer pour le dernier des ploucs, dire le liiiiid)  mais plus tard, quand l'autre con ne sera plus en "front". Pour reprendre Brassens, le jeune con remplacera le vieux con, histoire d'un con à l'autre en quelque sorte.

Je te parle même pas de la gent féminine, non admise dans ce monde macho, sauf s'il faut absolument en avoir une ou deux représentante dans le "cabinet" (si possible pas associée) "pour faire les divorces" (sic), auxquelles ont accorde alors le mépris le plus absolu sauf évidemment pour leur mater le cul plus ou moins ouvertement, et on alloue les surnoms les plus sexistes possibles, genre "la vierge bêlante" (sic), laquelle d'ailleurs, il faut bien le dire, réussit bien sa carrière de "bêlante" comme une chèvre et a connu un échec récurent dans celle de "vierge".

Elle a pas réussi à préserver intact le moule à gaufre pourtant dissimulé dans une brouette de choucroute mal peignée (et pourtant comme déjà indiqué ça manque pas de peigne cul).

Une conne de chez conne, je préfère te le dire tout de suite, mais c'est ce qui lui permet de supporter les autres nazes, conne au point qu'elle est toujours étonnée que ses règles ne soient pas bleues comme dans la pub à la télé pour les tampons, tu sais le truc où on trempe un tampon dans une carafe et où l'eau devient bleu des mers du sud (on peut boire le contenu de la carafe avec un peu de gin) ... bref conne y a pas d'autres mots.

Le plus drôle c’est quand deux « seniors » de boites (on dit "firme", en plus ça évite d'employer le mot "cabinet" qui en l'espèce évoque les camarades Jacob et Delafon et incite à tirer la chasse) concurrentes se rencontrent : on les a équipés en option d’un truc exprès pour stocker les cartes de visites adverses ... toute une vie de rencontres passionnantes au plus haut niveau de la dégénérescence humaine rassemblée dans ce machin ! 

Et je vous dis pas les discussions, si possible en parlant fort pour que tout le monde soit captivé, exclusivement en anglicismes (et non pas en anglais), sur des concepts que vous savez même pas qu'ils existent et du "business abroad" (concrètement leurs vacances à l'étranger) : rappelons nous à ce sujet la devise Shadok "il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes": mais à l'impossible nul n'est tenu. 

Et, encore plus drôle, à hurler de rire même (si on est moderne on dit MDR), il faut savoir qu'ils éditent des classements entre eux, dans des catalogues spécialisés dans les carnassiers de luxe, édités avec un papier tellement glacé que les dents brillent comme des crocs et les pupilles reflètent le billet de 500 (dollars évidemment, on va pas parler en monnaie de singe).  

Déjà il y a l'édition des "best lawyers" qui concentre des types (qui payent discrètement mais grassement pour être mentionnés) qui exercent des spécialités inconnues, genre KYC, CVAE, BSPCE, ESFP (le tout véridique évidemment, extrait du site d'un type qui non seulement est juriste mais également serrurier, il donne la clef pour comprendre le droit - enfin il la vend plutôt).

Mais attention pas des prétentieux, les "best lawyers" pas du tout du tout. C'est les meilleurs, c'est tout mais c'est pas de leur faute, c'est à l'insu de leur plein gré comme on dit, c'est leur ADN comme ils disent sans savoir ce qu'est l'ADN.

Pour te les situer, il y en a un, son site internet décrit Paris, unique au monde, avec la tour Eiffel, Notre Dame ... et son cabinet d'avocat. Son regret c'est qu'il y ait pas une merveille du monde de plus ... LUI.

Mais je répète, c'est en toute modestie. Il a fait mouler un buste en bronze de sa tronche, avec la même pose que Voltaire pour la statue qui est au Louvre, mais, et là c'est un truc de pro, à une échelle à peine supérieure, que si des fois en les mets un jour à côté, ce qui est très très probable selon lui, il soit un peu plus remarqué que Voltaire.

En attendant le Louvre, il (le buste) trône dans la salle d'attente de son bureau, mais un truc vraiment humble, ce sont juste les nécessités de l'histoire qui s'imposent à lui, préserver pour les générations futures la mémoire des personnalités qui marquent leur époque ... ce qui est exactement son cas.

Les "best lawyer" pour te les décrire, tu arrives à une audience et tu vois trois de ces spécimens, mon père qui avait un vocabulaire d'une extrême précision aurait dit ces trois peigne cul (décidément c'est récurent) ...  évidemment avec des robes sans le plumeau, car évidemment ce sont des parisiens.

Ils te tendent leur carte avec des couronnes de laurier gravées en relief à la feuille d'or, et par curiosité malsaine et ironique te demandent quelle est ta spécialité. C'est pas pour savoir, ils s'en foutent, c'est juste avec la certitude de se foutre de ta gueule en entendant ta réponse.

Spontanément tu réponds que tu es généraliste. Oui généraliste. Presque on s'excuserait d'exister.

Et ça ne loupe pas, c'était couru d'avance.

Immédiatement ils t'arrachent leur carte des mains, pas la donner à n'importe qui, vous pensez une carte qui coute la peu du cul (une fois peigné), puis un part d'un grand rire (comme prévu) et sort son peigne pour se recoiffer (c'est le même peigne que pour le cul, mais il y a pas pensé ce con, ce coup-ci il coiffe le foin qui surmonte son crane) , pour l'autre, ça dépasse l'entendement, il pensait juste se foutre de ta gueule, mais là, "généraliste" c'est trop, il s'appuie sur le mur pour vomir son caviar du petit dej, et le troisième, lui il a un accès de folie, il se roule par terre (dans le vomi du second, il y a une justice).

Bref tu te prends la honte. Et puis tu réfléchis et c'est toi qui te mets à rire ... mais d'un rire intelligent, c'est la différence.

Il y a aussi d'autres publications à ne pas mettre entre toutes les mains, tellement c'est à mourir de rire.

Déjà un magazine qui s'appelle "Décideurs", concentré de tous ceux sans lesquels le monde s'arrêterait à l'instant, un peu comme "les visiteurs" à l'envers, s'ils n'étaient pas là, en un instant de raison (comme disent les notaires, qui s'y connaissant en raison sinon en droit, c'est bien connu) on se retrouve à l'âge de pierre, en peau de bête, à essayer de frotter des cailloux pour faire du feu, à s'épouiller mutuellement et à chasser le Mammouth à coup de massue. Remarque je pense pas qu'à cette époque on se risquait à employer l'anglicisme, le type de Néandertal qui rencontrait le Sapiens, s'il faisait le malin avec un anglicisme, il se prenait un parpaing de 20 kilos dans les gencives, que même prognathe tu regrettais plus qu'il y ait pas de dentiste à cette époque que de "best lawyer", tu peux me croire.

Le type qui se pointait avec une mallette de "best lawyer" , pour leur proposer une convention d'honoraire pendant qu'ils faisaient des peintures rupestres, je préfère te dire qu'il finissait en pot au feu ou à la broche, avec la pique à broche plantée à la place du peigne.

"Décideurs", je te laisse lire (tu peux t'abonner, on t'offre le peigne en prime), tu seras effrayé de voir ces tronches, et surtout, surtout, tellement content de ne pas y figurer par suite d'une erreur de l'éditeur ou une mauvaise blague de quelqu'un qui te veut du mal.

Mais surtout il y a un truc (on dit une publication) qui s'appelle "Toute la franchise" qui te les présente, que justement tu te dis qu'autant de franchise c'est louche, avec des "spots" publicitaires qui feraient passer pour la plus douce et sympathique des oies blanches un pitbull affamé, tout juste séparé de force, avec un seau d'eau glacée dans la gueule (c'est à dire l'eau puis le seau), juste au moment où il allait éternuer la purée, de la femelle caniche royal (certains savent ce que ça évoque) qu'il fourrait bestialement, laquelle se faisait avec fatalisme défoncer les babines sud, dont on vient de surcroît de piétiner la queue à peine sortie (sortie i - e c'est de la queue qu'on parle) sortie donc, de la caniche (ben oui elle était dans la caniche, c'est la vie), qui de surcroit s'est pris un oreille (le pitbull pas la queue, ça a pas d'oreille la queue) dans la porte et auquel (le pitbull) on enlève l'os qu'il comptait ronger pour se consoler d'avoir été dé-ventousé des moustaches de la bestiole qu'il misait furieusement. 

Bref "Toute la franchise" c'est un vrai récital de violon pour le bal du patronage caritatif local, tout juste s'il y a pas un bon pour faire un don aux nécessiteux, mais l'imprimeur a fait savoir que déontologiquement il pouvait pas se foutre du monde à ce point et que déjà il fallait vraiment avoir faim pour accepter de publier ces fables. 

Evidemment ces magazines sont édités en anglais pour faire bien, mais comme la plupart ne comprennent pas cette langue (information top NDA, ce qui, je vous le précise pour le cas où vous soyez totalement nul, veut dire non disclosure agreement, ce qui, si vous êtes encore plus nul, veut dire "ferme la"), c'est ensuite traduit, ce qui donne lieu à de très savoureuses erreurs de traduction: par exemple le "cabinet" le plus primé, à tel point que le patron est obligé de se déplacer jour et nuit avec des lunettes de soleil pour se protéger des flashs tellement on le prend en photo sans arrêt, est qualifié de "boutique", je dis bien "boutique" ce qui est quand même assez péjoratif, on se croirait dans un bazar style tout à un euro ... on est vite détrompé ... mais quand même ... "boutique" ! leur boite prestigieuse !!!... ils doivent pas relire c'est pas possible. "Boutiquemoncul" répondront d'autres (qui ont voyagé en Afrique) avec une ironie mal placée qu'on se défend de relayer ici.

Ces magazines, y te présentent pas des cabinets d'avocat, je te rassure, ils te présentent les "best lawyers", encore eux.

Et surtout je te rassure encore plus, c'est pas des types dont tu auras besoin si le coq de ton voisin te réveille toutes les nuits ou pour des litiges qui pourrait arriver dans la vraie vie du vulgum pecus.

Non non, pas de souci, ces types n'interviennent que dans des domaines que tu sauras jamais que ça existe, et dont tu n'auras jamais besoin, d'ailleurs heureusement car on ne comprend même pas ce que ça veut dire. Genre "advertising Law", "Broadcasting law", "capital Market law" , "corporate governance and compliance practice" , "derivatives", "leverage Buyouts" "merger law" "Product Liability Litigation" (ça je pense que c'est pour se faire ligaturer les trompes) ... bref que des trucs que dans la vraie vie on imagine pas, ce qu'on sait c'est que ça se pratique qu'à la capitale, et que quelques ratés de province qui voudraient bien faire parisiens (te dire le niveau de connerie) essayent de se greffer sur le peloton, genre le gonze qui intervient en droit du travail contre une pauvre femme de ménage sous payée et qui se pointe avec une carte de visite de spécialiste en "Labor and employment Law".

Au conseil des Prud'hommes du trou du cul de la France (mais on a pas de peigne), te dire comme on rigole quand on voit ça, on risque pas de lire ses conclusions, ça déclenche des fou-rire qui, à force, deviennent dangereux si on fait pas d'apnée à un niveau professionnel.   

Il y a même un magazine où le type qui a gagné pose avec une couronne, que même un vrai roi trouverait que c'est trop lourd. Pour te le situer, Brutus semblait plus franc, le fameux jour où Jules lui a dit "tu quoque fili" (mais c'était pas un oeuf coque)

Pour la photo, le pseudo rex, on lui a un peu limé les dents, sinon il pouvait pas fermer la bouche, et on a accentué sa mine blette que s'il avait des coliques hépatiques il semblerait plus en forme, il est tellement blanc qu'on se dit que depuis qu'il est né il travaille, il est "early bird" mais en plus il travaille très très tard le soir, dans des réunions où celui qui part le premier a honte de rentrer chez lui, même si ça sert à rien ("eux ils disent qu'ils vont "nighter" enfin "faire la night" faut oser non ?), ce type il sait même pas que le soleil existe, il a pas le temps. Il est "full complet" comme y disent ces nazes de concours de nazes.

D'ailleurs la seule fois où il a voulu aller dans la nature pour vérifier qu'il existe des endroits non bétonnés et non goudronnés (si si je vous promets; l'autre crème d'andouille il le croyait pas, il a été atterré que ça existe), il avait mis un beau costume de campagne en tergal camaïeu de marron, c'est une couleur spéciale, si on veut être précis, c'est la couleur dénommée dans la palette "diarrhée de coquillages pas frais le retour, rechute, deuxième slave attention ça va gicler", un truc à chier, c'est le cas de le dire, et ce con pour montrer la nature à son brise jet, a voulu pisser contre un buisson ... mais évidemment ce con il a pissé contre le vent, mon pauvre rincé de la tête aux pieds, de grandes traînées sur son costume, on aurait dit qu'en plus de s'être roulé dans une fosse à purin il s'était pris toutes les fientes de pigeon et les déjections de mouettes de la création, une vrai oeuvre d'art, ça lui a servi de leçon.

Il TRAVAILLE, c'est tout ... Plus exactement il "worke", il est même "full" mais ça veut pas dire qu'il a trop mangé (encore qu'il se trimballe un bide de constipé chronique), c'est juste qu'il est "overbooké". A un point qu'on peut pas comprendre (et d'ailleurs on comprend pas ce que ça veut dire).

Mais revenons à son élément, dans l'article à sa gloire (là il se pisse aussi dessus, mais c'est de plaisir), il (le couronné) explique avec suffisance que le plus important dans sa vie c'est de plus prendre ces affreux avions de ligne avec les vrais gens et de se déplacer en jet spécial, hélicoptère, d'être toujours conduit par un chauffeur et d'avoir une carte de VIP (dire vi aie pi) qui lui évite de perdre son temps dans les files d'attente: où que ce soit il passe devant ceux qui sont moins importants que lui, c'est à dire qu'il passe devant tout le monde, ça se discute pas, s'il avait le temps il signerait des autographes. Il explique tout ça avec gravité comme s'il informait le monde de la date de la prochaine guerre nucléaire, car n'oublions pas que "la gravité est le bonheur des imbéciles" comme écrivait Montesquieu.

Le summum de ces publicités (il faut être lucide, ce sont des publicités, plus chères encore que pour le jambon Monique Ranou, ils payent des agences de communication pour ça, mais c'est pas pour vendre des confitures, des boules de pétanque ou des barils de lessive, c'est moins utile) le summum donc, c'est la ligne "track record", là où on dévoile fièrement le nom de ses clients, contre qui on a fait un procès, l'argument qu'on a soutenu, le montant de la condamnation ... bref tout ce qui est protégé par le secret professionnel ... qui ne doit pas leur être applicable, c'est la seule explication.

D'ailleurs pour ne pas être taxé de faire de la critique facile et gratuite je rappellerai le règlement intérieur du barreau de Paris (mais les autres sont identiques et d'ailleurs le règlement intérieur national de la profession d'avocat adopté par le Conseil National des Barreaux reprend les mêmes mentions) à propos de la communication par les avocats (article 10.2) applicable à ces individus :

"sont prohibées ...

- toute mention comparative ou dénigrante ...

- toute mention susceptible de créer dans l'esprit du public l'apparence d'une qualification professionnelle non reconnue,

- toute référence à des fonctions ou activités sans lien avec l'exercice de la profession d'avocat".

Ajoutons que le Garde des sceaux a publié par arrêté du 28 décembre 2011 la liste des 26 mentions de spécialisation autorisées qui sont les suivantes : 

  • Droit de l’arbitrage
  • Droit des associations et des fondations
  • Droit des assurances
  • Droit bancaire et boursier
  • Droit commercial, des affaires et de la concurrence
  • Droit du crédit et de la consommation
  • Droit du dommage corporel
  • Droit de l’environnement
  • Droit des étrangers et de la nationalité
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit de la fiducie
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit des garanties, des sûretés et des mesures d’exécution
  • Droit immobilier
  • Droit international et de l’Union européenne
  • Droit des nouvelles technologies, de l’informatique et de la communication
  • Droit pénal
  • Droit de la propriété intellectuelle
  • Droit public
  • Droit rural
  • Droit de la santé
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit des sociétés
  • Droit du sport
  • Droit des transports
  • Droit du travail

Enfin je te parle même pas du terme "expert" qui a déjà été sanctionné par le Bâtonnier de Paris (28 juin 2017) car "l'usage du terme expert est de nature à créer une confusion dans l'esprit du public" et "n'apporte pas une information loyale au public" ...( je dirais même que c'est totalement déloyal) : donc "je suis expert" , "j'ai une réelle expertise" et autres singeries c'est interdit, mais évidemment le terme reste largement employé (et le fait que ce soit interdit ajoute au plaisir provocateurs qu'ils ont à l'utiliser, puisque personne n'ose le relever).

Ne nous étendons pas, non plus, sur le règlement intérieur national qui rappelle que l'information doit être loyale, et que sont, à ce titre, "contraires aux principes essentiels de probité et de modération" "la diffusion de commentaires faisant l'éloge de l'avocat ou de son cabinet" ce qui "constitue un manquement aux principes de délicatesse, de modération, de dignité et de loyauté, étant observé que l'avocat est automatiquement responsable des commentaires publiés" (CNB Comm RU avis 2015-019 du 18 mai 2015 CA Paris 18 décembre 2015) : bref tous ce qui payent de faux journalistes pour mettre en scène leur éloge, raconter qu'ils sont si intelligents, si brillants, si efficaces, et si "mes couilles" sont en infractions flagrante avec les principes fondamentaux de leur profession ... et nous verrons à quel point il n'est pas compréhensible que ladite profession ne s'élève pas contre ces pratiques de caniveau.

Autrement dit "je suis le meilleur" c'est interdit, "je fais de la plongée sous-marine" (évidemment je répète que toutes les citations sont véridiques) c'est interdit, "je fais partie de l'association des amis de Marcel ou Gérard" c'est interdit, "j'aime la chasse" c'est interdit, "je suis spécialisé dans un truc en anglais que personne sait que ça existe", c'est interdit.

A la limite parler d'activité dominante, mais pas une liste longue comme ma jambe, juste 3, et évidemment l'anglais n'a aucune raison d'être. Et évidemment les longues tartines d'auto-félicitations et auto-congratulations pour déclamer l'éloge de soi même, c'est totalement interdit.

Pour te dire la vérité, le jour de mon anniversaire (hélas à un âge déjà avancé, quand je pense que j'aurais pu vivre sans le découvrir !!), en cherchant, pour le fun la photo d'un avocat (en fait en l'espèce on doit dire une avocate) qui avait saboté - par nullité congénitale - un dossier où elle était contre moi, histoire de voir sa tronche d'exception de procédure (j'ai pas été déçu, c'était mérité), je suis tombé par hasard sur un des trucs les plus fabuleux qui m'ont été donnés de lire ... c'était donc un splendide cadeau.

Le truc s'appelle "les grands avocats" ou un machin de ce gabarit.

Mais attention pas "grand" par la taille, non non, "grand"  car sans eux la profession d'avocat resterait sans âme, sans talent et sans intelligence. Que des cons, il y aurait sans eux.

Alors que grâce à eux, il y a aussi des non cons (mais à la réflexion on se demande où se situe le camp "adverse").

Et là si tu lis le truc, c'est presque dangereux tellement tu ris, le truc à pas retrouver son souffle, et évidemment en violation de toutes les règles. 

Un type qu'on pourrait appeler Gérard ou Maurice (plutôt Maurice d'ailleurs) te raconte qu'il est catholique, mais attention pas le catholique qui va uniquement à la messe de minuit, et qui se confesse jamais, non non, lui il est catholique "engagé" (commentaire évidemment aussi prohibé que s'il était catholique dégagé), et d'ailleurs il a fait en douce rembourrer ses pantalons, car à force d'être à genoux à tout instant il commençait à se niquer les rotules. 

Il précise que s'il fait pas de l'opéra, c'est pas qu'il a pas le talent, au contraire même, le talent c'est justement son truc.

Pas d'opéra certes mais il n'en crie pas pour autant sans relâche, et il crie pas n'importe quoi, il crie "la vérité", rien que ça. A en perdre la voix.

Déjà à la crèche, il défendait les avortons qui se pissaient dessus, et au catéchisme on l'avait élu délégué de sa classe, pour te dire si sa vocation est dans les gènes (évidemment tout est véridique).

Ceci dit en toute modestie, il est pas le meilleur ou le plus puissant, rien de tout ça. Non non.

Il est juste le "cinquième plus puissant de France" (si si, je vous assure, mais il faut reconnaître que certains disent que c'est plutôt le "troisième plus puissant", c'est facile à trouver, tu sors des toilettes à la turque du métro, tu prends la troisième à droite, mais vraiment à droite et c'est là), juste derrière quelques statues de la profession, mais la différence c'est que lui il traite directement avec "Saint Yves" (mais en anglicismes évidemment, ) dont on rappellera que c'est (il parait) le saint patron des avocats, le pauvre Saint Yves a dû apprendre l'anglais, s'il avait imaginé il aurait jamais accepté, déjà qu'on lui avait dit que rendre la justice c'était gratuit, on s'est bien foutu de lui.

D'ailleurs à lire le dénommé Maurice, on se demande comment être avocat si on est pas catholique intégriste "engagé jusqu'à l'os".

Il a fait plein de trucs sympas, ce spécialiste de la déontologie (pour ne pas la respecter en parfaite connaissance de cause), il attaque des ploucs qui on cru utile (quelle imprudence et surtout quelle connerie) de parler de lui (a priori manifestement des cons et une conne reconnue), mais attention il garde le contrôle de lui, jamais un mot plus haut que l'autre, il est totalement "fair-play" en toute circonstance.

Et d'ailleurs "en bon stratège" il "ne prend jamais la parole dans les médias" (ceci pour te signaler, si tu l'avais pas déjà vu à la télé -bien peigné évidemment - , quand même qu'il est souvent interviewé tant son témoignage et son avis sont essentiels en toute matière) sans avoir appris par coeur ce qu'il va dire.

En fait c'est effectivement stratège, ça évite une partie des conneries, comme quoi le type est lucide.

Bref le type est à "un très bon niveau" , aussi bon que quand il jouait au foot (il met des protège tibias pour le cas - improbable - où on le trouverait prétentieux).

Il défend, pas seulement les barres de foot, mais aussi la veuve et l'orphelin (mais riches quand même).

Mais pour être précis, c'est un type "discret", pas du tout un type "de réseau", mais alors pas du tout du tout, au contraire même.

Et d'ailleurs il est dans "les grands avocats" pratiquement contre son gré, il va certainement les attaquer eux aussi, il prendra comme avocat soit le numéro un des plus puissants de France, qu'on surnomme modestement "le boss", ou le numéro quatre surnommé "le séducteur" (on sait pas de quoi sinon de qui) et je te parle pas du numéro trois qui est le "défenseur des mondains", c'est à dire des parvenus (non mais vous voyez arriver et dire bonjour, moi je suis mondain ??? La honte !!! ).

Pour te dire à quel point il est modeste, ce pauvre type qui n'est que numéro cinq (échec total quoi !!) "il se voit décerner la Légion d'Honneur", c'est à dire qu'au coin du bar tabac où il va boire son café (il est d'ailleurs président de "l'international bar association" qui est, je crois, une association de "barmans" Ou alors peut être que bar en anglicisme c'est autre chose), on l'a attrapé de force, on lui a mis un miroir en face, et il s'est vu, oui il s'est vu recevoir la Légion d'honneur en pleine veste de costume. 

Il s'y attendait pas du tout, et évidemment surtout il avait jamais demandé (ne dites pas qu'il faut la demander, c'est vrai mais pour lui NON), et d'ailleurs ça a fait un trou dans le revers de son costume, ça lui a complètement niqué la soie sauvage à dix mille balle le costar sur mesure, depuis il ose plus l'enlever (la médaille, pas le costume, hé plouc) sauf le week-end où il la transfère sur sa veste de pyjama pour que sa concierge l'admire quand il sort la poubelle.

Il est tellement fort qu'il "ne perd pas une minute à résoudre les situations les plus complexes" . On doit sans doute en déduire que quelques secondes lui suffisent, là où les autres (nazes évidemment) facturent des heures (sauf que lui facture la seconde au prix que d'autres facturent la journée).

Il travaille parfois avec un autre spécimen, mais le spécimen, déjà il est "d'avant garde" et d'ailleurs "il bouscule les codes pour mieux servir les intérêts de ses clients" ... alors que l'autre, là, il a fait des études de droit, lui il se sert des codes pour caller ses chaises bancales ... surtout ne pas les ouvrir. En vrai, lui, la loi il s'en balec, et c'est vrai qu'en particulier en matière pénale quand il y a pas la loi c'est plus facile de défendre le client. Bref le type c'est un as.

Le type, d'ailleurs, il est différent : sa "différenciation" (sic) c'est "un mélange unique d'expertise en droit et de compréhension des enjeux et problématiques". Autrement dit, lui il a fait des études de droit - on suppose que les autres non - et en plus il est loin d'être con, il comprend - et c'est bien le seul. Bref un atout quand tu as qu'un deux et un trois de pique dans ton jeu et que l'atout c'est carreau. Il te sert à rien, car de toute façon avec un deux et un trois de pique tu fais pas grand chose , mais quand même, ça permet d'être ridicule avec panache.

Autant dire les choses franchement, nous allons voir dans cette captivante (enfin pour moi c'est déjà ça, je m'intéresse moi même) étude scientifique que si les bâtonniers étaient un minimum couillus, tous ces clampains insanes devraient refaire leur papier à entête, leur site internet, et tous les articles dans lesquels ils font, en toute impunité mais de manière parfaitement volontaire - ça relève du bras d'honneur - exactement l'inverse de tout ce qui est permis et affichent leur supériorité (fantasmée), leurs "looby" , leur appartenance religieuse, sportive (de pure circonstance, comment veut-tu que ces types fassent de la plongée sous-marine, la ligue de protection des poissons s'y oppose), une longue meute de pseudos spécialités anglicistes inventées entre eux pour impressionner (c'est ce qu'ils espèrent) le chaland, et surtout surtout un descriptif de leur petite personne que même un aboyeur de fête foraine fera pas mieux pour te faire rire pendant qu'on te vole ton portefeuille.

Et je te parle même pas, non plus, des photos (on dit qu'ils sont "touchy"' mais je te rassure rien de sexuel), évidemment retouchées, que franchement certains d'entre eux, on serait au Far-West et ça serait une affiche avec écrit "wanted plutôt mort que vif", ça te surprendrait à moitié, tellement qu'ils ont des tronches de bandits de grands chemins à détrousser la veuve, l'orphelin, son caniche, son chat et autres, ils détrousseraient même le canari de leur propre famille pour lui arracher ses graines.

De les voir ça fait frémir d'épouvante, des dents, mon pauvre, de vampire, pour un film d'horreur on les embauche pas, ça ferait trop peur et ça serait censuré. D'ailleurs pour rester dans l'ambiance western, ils parlent pas de prêt, tout le monde comprendrait, ils parlent de "revolving" mais c'est pas un colt pour tirer sur d'autres porcs, c'est rechargeable, mais c'est pas le flingue qui est rechargeable, c'est le prêt, le truc une arnaque absolue, tu rembourses mais tu en finis jamais, plus tu rembourses plus tu dois, c'est magique.

Le classement, enfin leur classement, il faut avoir vu ça une fois dans sa vie, c'est le genre (et maintenant que vous êtes informés, vous relèverez point par point les infractions flagrantes avec le règlement) :

- "machin" est classé "incontournable" (si si c'est vrai, un truc d'une modestie à hurler, le "in" n'est pas, lui non plus, que privatif de la seconde syllabe qui prend volontiers de l'autonomie), "incontournable" donc (mention interdite mais il s'en bat son peu de couilles, ça l'éclate tellement), dans tel domaine dont personne ne sait à quoi ça correspond, et "machin incontournable" fait partie des "plus puissants de France" (mais oui, je vous assure, véridique, on se refuse rien, "machin incontournable" s'assied au passage, avec son pantalon en tergal marron foncé, sur la déontologie qui interdit ce genre de publicité grotesque). Et même, le dénommé "machin incontournable", quand il a du "spare" à ses (rares car non rentables) moments perdus il fait de la "gymnastique intellectuelle" et du "catch verbal" (véridique évidemment) mais c'est vraiment quand il a rien à branler, bref un cerveau sur pied, mais je vais énormément vous surprendre : malgré tout, il utilise des toilettes comme tout le monde, mais avec plus d'élégance quand même. Si si je vous assure ! D'ailleurs il utilise du papier toilette marqué  à ses initiales, qui trouvent ainsi une place exactement méritée.

- "chose" est dans la catégorie "forte notoriété" (mention interdite mais il s'en bat toujours son peu de couilles, ça l'éclate tellement), que si tu sais pas qu'il existe, ce qui est le cas de 99,999999 % de la population (6 décimales c'est à dire effectivement que quelques types qui rentrent à l'aise ensemble dans une cabine téléphonique - avec celui qui sent l'ail ça va être pénible, surtout s'il a une fuite de "waterfall" en canalisation basse - connaissent le dénommé "chose") , tu es nul et non avenu et on te montre du doigt (celui de la chevalière) pour te faire la honte de ta vie, que de peur de te faire escagasser la margoulette tu oses même plus sortir avant la nuit noire, et encore en rasant les murs. En plus la "forte notoriété" c'est l'aboutissement de la "valeur" "faire preuve d’imagination, le tout pour satisfaire le client", ce qui entre nous, vous en conviendrez avec moi, si on était dans un salon de massage et si c'était dit avec un voix suave et sucrée, pourrait être mal interprété.

- et "bidule" est classé "excellent" (je vous assure, mention interdite mais il s'en bat encore son peu de couilles, ça l'éclate tellement) en retournement (il fait pas sauter les crêpes, et il fait pas demi tour sur l'autoroute, il retourne juste les entreprises) et en "restructuring"

Le "restructuring" pour te donner un résumé d'une objectivité sans faille, imagine (mais attention je vais te décrire un projet "no go") une vieille sorcière crochue, le cul large comme un couvercle de lessiveuse, carabosse cabossée enguenillée, en voie de lyophilisation à tel point qu'on se hâte de dégager la place dans le caveau de famille, qui veut malgré tout se faire grimper encore et toujours, et déjouer le constat de Rabelais "c'est grand pitié quand beauté manque à cul de bonne volonté".

Le truc que la sécu rembourse immédiatement l'ambulance pour aller à l'institut de beauté, suivi hélas du voyage retour, car à l'impossible nul n'est tenu.

Donc tu prends (façon de parler je vous rassure) ladite vieille bique hors d'âge, dont la date de péremption est dépassée malgré un maquillage à la truelle style rupestre d'avant l'âge de pierre, sur un "support" (on ose pas dire peau) parcheminé, colmatée et replâtrée de toutes parts, tellement ravinée (je dis pas ridée c'est trop faible) qu'on dirait un accordéon, tous orifices sud étanchéifiés pour lutter contre les fuites intempestives et/ou pestilentielles (l'étanchéité c'est toujours un problème), la mâchoire définitivement démontée d'avoir pompé tant de dards, dévastée par les heures de vol et dont on est sur le point d'arrêter les compteurs, qui ô-rage ô-désespoire n'a-t-elle donc tant vécu que pour cette infamie, et que je vous dit pas comme ses lauriers sont flétris et que son bras tant de fois affermi est devenu comme des ailes de chauve-souris, qu'elle peut se jeter par la fenêtre - précipice élevé - elle planera à tous les coups, mais qui se prend pour une star.

Moche comme un derrière furieusement gratté à deux mains avec des ongles crochus, la géronte exténuée, gravas de décharnances rancies. 

Et ben tu le crois si tu veux, elle va voir un chirurgien "esthétique" (là "esthétique" c'est plus que de l'optimisme ça relève pratiquement de la magie) pour un ravalement de façade complet, replâtrer les sous-bassements, commander des seins à la place des oreilles de cocker momifiées (mais le désastre est un peu plus poilu que le modèle canin) harnachées dans de vieilles chaussettes fripées et rapiécées (les chaussettes, pas les oreilles de cocker .... enfin les oreilles sont fripées elles aussi), qui lui pendouillent au delà du cratère moisi issu de l'ancien nombril, qu'on dirait (comparaison au choix) des blagues à tabac vides ou des gants de toilette grisâtres, et demander par la même occasion la pose d'une bande de velcro pour remonter à une altitude admissible les cascades (rien à voir avec le waterfall) de bourrelets "ventraux" constellés de fissures, de crevasses, bubons, verrues à aigrette et autres véroleries, qui lui dégringolent jusque sur les genoux, remonter les décharnances qui tiennent lieu de fesses tristes, qu'elle a toute la malle arrière qui pend comme une chambre à air crevée, réparer autant que faire se peut les éboulements, coulées cellulitiques et affaissements calamiteux que si tu es lucide tu te dis qu'elle est pas près de se mettre en bombe malgré la bonne volonté lubrique dont parlait Rabelais, et qu'il vaut mieux tout démolir et repartir à zéro, et ben le "restructuring" c'est un peu pareil mais c'est pour les entreprises qui ont besoin des conseils de l'élite excellentissime pour faire passer une odoriférante poubelle renversée après 15 jours de grève des éboueurs pour une multinationale clinquante, et bling bling évidemment, le ridicule ne tuant pratiquement plus.

- et "Trouduc" (je sais pas pourquoi c'est un patronyme assez fréquent dans cet univers, ils sont toute une dynastie, sans doute consanguins, (mon auteur préféré dirait que ce sont des évadés de bidet) qui concurrence la lignée des Roidec et celle des Hi-Han ou des Faucon (rires), assez fournies également, les rares batards, issus de copulations inespérées avec des femelles de la vraie vie ne sont revendiqués par aucune communauté, ni celle des vrais gens, ni cette du mâle, et force est d'ailleurs de constater que sur une portée, il est rare qu'il y en ait un de présentable), "Trouduc" donc, est "n°1 et trophée d'or", au niveau national (car il y a des niveaux pour corser le truc) et "développe une forte expérience" (expression véridique) de "barrister" (c'est comme le cri des éléphants, c'est toujours plaisant dans une assemblée, sauf si le client vend de la porcelaine auquel cas il faut éviter), ce qui est, il faut bien l'avouer, "Most Innovative". Il fait de temps en temps des missions de "running out of cash", c'est un truc tu siffles et l'argent qui se promenait dehors pour prendre l'air revient en "jooging"

Ses pairs (bref "eux") qui ont le sens du raccourci (et même du très très court) disent de lui "quand on le choisit comme avocat, on est sûr d’être défendu" (la citation est absolument véridique) ce qui, il faut bien le dire, est assez exceptionnel et inattendu pour un avocat, ça fait slogan publicitaire genre "avec Canard WC vos toilettes sont tellement propres que vous pouvez faire la vaisselle et vous laver les pieds dedans (dans cet ordre c'est plus rationnel, il vaut mieux avoir les pieds qui sentent la soupe que les assiettes qui sentent les pieds), ce qui est une variante du célèbre slogan de Hari-Kiri "pour montrer que vous êtes sensible à l'hygiène écartez les assiettes avant de pisser dans l'évier" ... en tout cas pour affirmer ça, "quand on le choisit comme avocat, on est sûr d’être défendu", on se demande ce qu'ils (eux) pensent des autres avocats, vous savez l'avocat "de base", le type normal quoi : il doit attaquer ses clients sans doute !

Et si vous en voulez encore, histoire de faire rire à l'apéro, (mais attention avant faites des exercices pour bien respirer, comme pour faire de l'apnée, sinon c'est un truc à s'étouffer tellement on rit, le mieux c'est qu'il y en ait un qui ait un brevet de secouriste à l'apéro), il y a :

- des (enfin un seul) "eminent practitioner" qui devancent ceux qui sont recommandés, j'ai bien dit recommandé, comme on vous recommande la tarte au citron dans le resto voisin, mais en moins bon évidemment, donc recommandé par le guide "Duchnock" (nom d'emprunt où il y en a 500 du gratin, mais le dessus du gratin quand il est resté trop au four, les plus carbonisés d'entre eux, mais c'est pas pour manger, rien à voir avec le Gault et Millau, c'est juste le truc qu'on laisse négligemment dans la salle d'attente ouvert à la bonne page). Sa qualité première du "eminent practitioner" c'est "la compréhension du besoin exprimé" (sic) car par différence les autres on leur demande quelque chose, et il font une prestation qui n'a aucun rapport, c'est bien connu.

- il y a aussi des "senior statesmen" lesquels sont supplantés par des "star individual". 

Ce sont tous les deux d'anciens "sénior statepeople" (on sait pas trop ce que c'est, c'est des vieux d'une importance capitale, un peu comme les éléphants dans un parti politique, ces types qui stagnent en donnant des conseils et des avis sans intérêt mais qu'on ose pas virer car on leur attribue une faculté de nuisance) et il y en a même un pour lequel on avait créé sur mesure le titre de "band 1" (mais c'est pas sexuel, et évidemment "la jeune génération" est en "rang 3" (sic)).

Le "sénior statement" c'est un type, rien qu'à le voir tu te dis qu'il a eu bien des malheurs dans la vie et que si y a une catastrophe c'est obligatoirement sur lui que ça tombe, on voit bien qu'il perd pas son temps à rire. Il faut dire qu'il a eu une longue carrière avant d'accéder aux sommets, et il a sa revanche à prendre sur la vie. Il avait en effet été longtemps porc d'agrément pour un "lawyer" qui avait le "leadership", et franchement c'est pas tous les jours drôle (même si le porc est un animal de compagnie prometteur, la proximité avec le maître s'affirme rapidement, ce qui finalement est pile dans notre thème).

Pas le genre à se détendre du slip le "sénior statement". Cambronne dirait de lui "je ne trouve qu'un mot pour le qualifier".

D'ailleurs en parlant de slip, puisqu'il faut quand même maintenir la haute tenue de ce texte, ce gazier, il a en permanence la tronche du type qui était très fortement constipé, et qui a forcé sur les dragées Fuca, toute la boite d'un coup, et tu sais sur la boite en sous titre tu as écrit "colon clean" ce qui est anglicisme appréciable pour rester dans la distinction, en français c'est pour la "motricité de l'intestin" mais ça veut pas dire que l'intestin se barre, c'est juste qu'en quelques secondes il rattrape ses longs moments de paresse et donc, "d'accumulation"

Bref il a une tronche juste avant que le désastre se produise dans ses canalisations et d'aller acheter un slip neuf, le précédent étant irrécupérable.

A bien le regarder l'explication c'est qu'il a eu un accident de toilettes à aspiration, vous savez les toilettes comme dans les avions, le type en question il a sa cravate qui a été aspirée et il a eu la tronche encastrée dans la cuvette pendant tout le vol (Paris / New York évidemment), que c'est vraiment pas la peine de payer des premières pour voyager contorsionné dans les chiottes.

En plus à l'arrivée on s'était pas aperçu qu'il était bloqué et quand on vidangé la cuve il s'en est pris plein la tronche, tapissé complètement, il en avait même entre les dents qu'il a du gâcher sa brosse à dent pour évacuer le désastre (le peigne cul était parfaitement approprié en l'espèce), les narines colmatées de papier toilette usagé (le papier, enfin les toilettes aussi) et un tampon hygiénique (hélas usagé lui aussi) en pendentif à une oreille façon pirate des Caraïbes, mais je sais pas pourquoi ça fait pas exactement le même effet. C'était l'évènement à l'aéroport, et sa chance c'est qu'il était tellement emplâtré que personne l'a reconnu sur les photos qui ont fait la une de la presse locale, sinon il serait mort de honte. 

Une figure de mode, le "sénior statement . Et il a gardé la marque de la cuvette incrustée dans la tronche pendant deux jours, ça lui a déformé toute la mâchoire. Bref il a une revanche à prendre sur la vie, il hait tout le monde, et même une autre fois où ce sont ses lunettes qui étaient tombées dans les chiottes et qu'il avait tiré la chasse trop vite histoire de sauver sa cravate (de merde la cravate, c'est le cas de le dire et je préfère vous prévenir tout de suite) qu'il avait eu du mal à ravoir de l'épisode précédent (mais elle chlingue encore l'égout surmené), il s'est pas reconnu dans la glace et il s'est injurié lui même, il postillonnait encore ce qu'on appelle pudiquement des déchets organiques, incrustés de la fois précédente, il arrêtait pas de dire à son reflet qu'une tête de con pareille c'est un truc à exposer dans un cabinet (décidément il le cherche) de curiosité ou à placarder pour décorer l'ardoise des pissotières (il connaît tout le vocabulaire, il est le conseil d'une société qui vend la marque Aubade, mais pas la maque de dessous en dentelle, la marque de sanitaires, son client lui fait régulièrement des cadeaux, mais il comprend pas pourquoi ça fait moins plaisir à sa femme qu'il ramène des lunettes de chiottes décorées avec des coquillages que s'il lui ramenait des culottes brésiliennes dont le prix est, évidemment, inversement proportionnel à la surface, ce qui est une preuve de lucidité absolue) !

Je fais une petite parenthèse, mais franchement je trouve cette étude scientifique assez Vespasienne, ce qui finalement est totalement approprié. Rappelons d'ailleurs que l'empereur Vespasien était aussi connu pour ses inventions que le langage populaire appelait "Ginette" que pour sa célèbre phrase "l'argent n'a pas d'odeur" : comme quoi cette fâcheuse distance entre le langage des vrais gens et leur appréciation de la valeur de l'argent et ceux de l'élite juridico-angliciste ne date pas d'aujourd'hui .. mais je préfère quand même "Ginette" qui "pissotière".

Et le "star individual", là c'est à se rouler par terre à pas s'en relever, à se pisser (décidément !) parmi tellement on rit, il faut avoir vu ça une fois dans sa vie, mais ne faites pas trop les malins, le "star individual" a un effet laxatif quand il parle trop longtemps, on dit en principe de lui qu'il fait "iech" sans arrêt, et là, sauf si vous êtes constipé chronique auquel cas le "star individual" débouche les canalisations avec une performance fulgurante, vous rigolerez moins, d'autant plus que l'effet est immédiat : dès que le "star individual" commence à parler, c'est aussi efficace qu'un lavement, le truc à avoir un début de calamité dans le falzar si tu es pas prévenu ..

L'idéal quand le "strar individual" parle, c'est que la salle soit spécialement aménagée: on enlève les sièges et on installe des rangées de chiottes : c'est pas que ça devienne un plaisir mais au moins c'est rationnel et bien pensé, ça prend en considération les contraintes techniques, même si ça enlève de la noblesse à son intervention, pour autant qu'elle en ait, mais avouez que ça serait farce quand même, le type arrive pour faire le malin et tout le public est installé sur des cuvettes de chiottes pour l'écouter !

En plus ce serait une bonne occasion pour le "star individual" d'améliorer la rentabilité de son intervention, il pourrait faire parrainer ses prestations par une marque de papier toilette et aussi par une marque de sanitaires, ça serait classe quand même de grandes banderoles "Lotus et les sani-broyeurs SFA vous recommandent le star individual untel"  - je mets "untel" car il n'y a pas la place pour tous, après ça ceux qui arrivent "simplement" avec un code civil ou le Dalloz sous le bras sont complètement "has been", il faut être moderne quoi ! -).

D'ailleurs pour ajouter une cohérence bien venue, on peut installer à côté du "star individual" un dévideur de papier toilette, et sa secrétaire imprime (avec la justifiée satisfaction du travail bien fait) ses côtes de plaidoirie sur des rouleaux de papier triple épaisseur: ainsi, il déroule au fur et à mesure qu'il déblatère. Cela permet en outre, accessoirement, au "star individial" d'utiliser le rouleau pour l'usage pour lequel il est originairement conçu, suivant l'humeur avant ou après plaidoirie, encore que les proctologues, lors de leur dernier congrès, ont publiée une mise en garde : la prose du "star individual" provoque de furieuses irritations de ce que Rabelais appelait le tuyau culier. 

Bref avec tout ça, force est de constater que le papier toilette est le papier le plus vendu au monde, avec une augmentation croissante du nombre de rouleaux par "tête" (je dis bien par "tête" c'est véridique, mais enfin on dit "tête", on se demande bien pourquoi, sauf évidemment pour les gueules de raie évoqués plus haut dans cette toujours élégante définition).

Pour vous le situer, le "star individual", déjà c'est un type qui sait avec une profonde conviction qu'il est pas comme les autres, quand "ils" sont en réunion de "flies fucker" (anglicisme adapté à la circonstance, qui, pour le coup, vaut absolument, j'insiste, d'être deviné par vous, sauf si vous vous sentez mouche; mais je vous rassure, pas de maltraitance, ils sont montés léger, pour la mouche c'est indolore, juste un mauvais moment (très très rapide) à passer, ça passe comme un suppositoire mis à l'envers (au détriment de l'aérodynamisme ingénieux de la chose), et qu' "ils" (la bande dont parlait Brassens) sont tranquillement assis autour d'une table et végètent (ils savent faire, le compteur tourne pour le client) en racontant leurs exploits :

- à "Courch" en hiver (ne cherchez pas, c'est pas pour nous, et d'ailleurs on veut pas y aller, c'est un truc rien que pour les parvenus, et en plus il faut relativiser, l'exploit c'est de faire de la patinette avec une ridicule combinaison surréaliste, argentée et boudinée, mais à condition que le "valet" - si si - du palace - on dit pas de l'hôtel - leur mette puis leur enlève leurs chaussures, comme disait Sacha Guitry "le luxe est une affaire d'argent, l'élégance est une question d'éducation", surtout ne pas confondre ce qu'ils ont et ce qu'ils n'auront jamais),

- et à "Saint trop" en été (il savent pas que le vrai nom c'est Saint Tropez, c'est trop long quand on est de la race des gens pressés) mais ne cherchez pas non plus, on veut pas passer nos vacances sur une plage bondée de hordes d'infames parvenus qui font chier toute la baie avec le bruit infernal de leur jet ski insupportable, en faisant des allers retours à fond, exactement comme des cons, que si c'est ça la supériorité de l'homme, je préfèrerai ne pas en être, surtout pas être confondu avec ces sous débiles que je comprendrais que celui qui prend un fusil de chasse pour leur parsemer le cul de petits plombs insidieux soit d'office décoré de la légion d'honneur (après tout Mireille Mathieu l'a bien eu, et elle aussi agresse - mais en l'espèce c'est pas le cul, ce sont les oreilles et aussi il faut bien le reconnaitre l'oeil également - )

Bref, en tout cas, pendant qu'ils se gargarisent de la facilité avec laquelle ils vaporisent l'argent trop facilement gagné et trop gagné, lui, le "star individual", pour parler il se lève, c'est absolument nécessaire car comme ça il s'écoute mieux, c'est un tel plaisir pour lui, il s'arrêterait pas. Donc c'est long, une dysenterie verbale. Comme disait un de mes auteurs favoris, "le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres".

Pour les vrais gens, subir les bêlements du "star individual" c'est pire que les hululements du percepteur pour Raymond Devos, c'est aussi intolérable qu'un récital de cornemuse (certains disent BDG, c'est à dire "bord du gouffre" pour les plus ignorants), un truc à devenir violent pour que ça s'arrête de manière absolument immédiate et définitive .. mais n'oublions pas le prétendu proverbe chinois (j'en doute) "c'est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu'on réalise qu'on ne peut pas résoudre tous les problèmes par la violence" .. ça sauve le "star individual" d'un étranglement avec le premier lacet de chaussure venu.

C'est d'ailleurs une belle occasion manquée pour le "star individual", ça aurait été la seule fois où on aurait eu quelque chose d'intéressant à dire de lui, après une vie de barreau (barreau de chaise évidemment).

Quand le "star individual" parle, on peut penser à la réplique du film "les tontons flingueurs" avec en outre un anglicisme, destinée à inciter le type à dégager "écoute, on te connaît pas, mais laisse-nous te dire que tu te prépares des nuits blanches, des migraines, des "nervous breakdown" comme on dit de nos jours", mais je dois dire que, pour citer une fois encore l'immense Bernard Blier, ce qui vient surtout à l'esprit à la vue du "star individual" c'est le célèbre "je ne parle pas aux cons, ça les instruit" ... et c'est vrai que la sagesse est de se garder de tenter de communiquer avec le spécimen et de s'en tenir éloigné.

Le "star individual" est aux vrais gens ce que le moustique est à une paire de couilles : un nuisible voire même un parasite, on est encore moins joyeux de le voir que de recevoir ensemble un commandement de payer, un sommation de quitter les lieux, la notification du retrait des derniers points qui nous restaient sur notre permis de conduite, et de toute façon un avis pour nous signaler que notre voiture est en fourrière après que l'élagage municipal ait provoqué la chute d'un arbre dessus qui l'a transformée en crêpe, un peu comme une compression de César mais sans valeur, il va même falloir payer (et comme on était mal garé l'assurance marche pas). L'entendre c'est moins agréable que le bruit d'une brouette de gravier balancée sur de la tôle ondulée ... bref y t'agresse l'oeil et l'oreille.

Chez moi on dit volontiers "il est con comme une valise sans poignée" ou "comme un balai sans manche" ce qui est bon comparatif avec l'utilité du "star individual" dans la vie de tous les jours, peu flatteur il est vrai pour la valise et le balai concernés qui n'ont pas demandé à être ridiculisés, en plus d'être inutiles par erreur de constitution. Bref c'est un rébaladis.

Il faut être de Montpellier (on prononce Mon-pé-lié, ça se transige pas, quoi qu'on en dise au bout de la route bornée, mais là tout le monde ne comprendra pas) pour comprendre, mais ça me fait penser à un type de 22ème ordre surnommé "banane" par tout Montpellier (qui rigolait bien, ce qui évidemment lui était insupportable), qui racontait avec modestie, en admirant ses ongles manucurés, qu’il était à l’avocat ce que la Rolls est à la deux chevaux, bref tout le prestige de la deux chevaux !

Le type en question n'utilisait pas d'anglicisme, peu en vogue dans les temps très très reculés où il sévissait, mais je vous rassure tout de suite, un spécimen de ce calibre visait naturellement et avec un succès avéré le haut du curseur de la connerie et compensait ses lacunes anglicistes par la caricature cocasse et même quasi clownesque en s'habillant à Londres, seul endroit au monde, selon lui, où il trouvait des vêtements de son standing, comme quoi l'anglais est un dénominateur commun incontournable … et de fait il est indéniable qu'il portait de ridicules costumes qui faisaient hurler de rire sur son passage … bon maintenant c'est une épave de Rolls qui passerait pas le contrôle technique et tous sont retombés dans l'agréable ignorance de son existence. Nous ne lui avons donné ici que trop d'importance, et ce n'est pas par nostalgie, loin s'en faut, mais un petit coup de rétroviseur sur l'insignifiant c'est toujours savoureux. 

Donc le "star individual", pour en revenir à lui, il regarde .. mais juste lui ... bref il est "focus" sur sa tronche (le "S" final est amovible), dans les "slide" de "power point" il met encore et toujours sa tronche, rajeuni évidemment, la photo de son permis de conduire, bref ridicule absolu.

Une fois validé, il te "droope" le "power point" mais inutile de mettre un casque, ça veut pas dire qu'il te l'envoie à la tronche, c'est juste qu'il te l'adresse. Variante plus sportive : il te le "shoote" mais là fais gaffe je suis pas certain d'avoir compris, dès fois qu'il te balance un coup de pied dans les couilles, il vaut mieux t'équiper d'une coquille de karaté, on sait jamais.

Le "star individual" il sait parler que s'il est debout, c'est le résultat d'une évolution génétique (enfin d'une déviance génétique, l'ADN qui racle le caniveau) pour qu'il surveille mieux que les autres l'écoutent, sinon il se met en "stand by", il a plein de "warning" qui s'allument", les fusille du regard que mon pauvre tu t'avises pas de recommencer sinon tu te ferais escagasser si le "star individual" savait ce que ça veut dire. Il prend "le lead".

Tout le monde doit l'entendre, c'est un peu comme la fameuse tirade "en voiture Simone je conduis et tu klaxonnes" : le "star individual" fait le klaxon .. mais là tout le monde comprendra pas l'allusion. On peut pas dire qu'il parle, d'ailleurs, il crie littéralement, un peu comme quand un éléphant téléphone à un copain sourd (ce qui arrive fréquemment). 

C'est typique du "star individual", il a pas compris qu'il n'y a que deux solutions rigoureusement "indivisibles" (laissez, "indivisible" c'est un truc utilisé dans les plans de cession, quand on veut forcer le Tribunal à vous choisir, même s'il faut vous payer pour reprendre - ce qui est l'inverse de l'objectif -, le "star individual" il est LE (enfin THE) spécialiste du truc) : donc deux solutions indivisibles : s'écouter parler et se faire entendre … il aime tellement s'écouter, qu'il en oublie qu'il est totalement inaudible, verbiage qui se perd dans la purée.

Le "star individual," il aime bien commencer son monologue par "c'est un procédé de reprise d'entreprise très complexe et très élaboré que j'ai (là, pour dire "j'ai" il hausse fortement la voix pour que tout le monde soit ébloui) mis au point il y a de nombreuses années, et sur lequel j'ai écrit beaucoup d'articles, mais les professionnels de province (là il fait une grimace avec un petit rictus, qu'on croirait qu'il va vous vomir dans les pompes tellement il est dégouté, c'est tellement atroce pour lui d'associer le mot "professionnel" avec le mot "province" que son visage se déforme, il ressemble à la photo de sa dernière coloscopie), les professionnels de province" donc (douleur) "ne sont pas prêts pour ces techniques qu'ils ne comprennent pas et qui sortent de ce que la loi prévoit" (et c'est vrai qu'en province, si on est bête (bête mais pas con, la différence est sensible) et discipliné, ce qui est le cas de la plupart, on a tendance à juste appliquer la loi, ça se soigne pas en plus, c'est ancré dans les gènes, on y peut rien). 

Après ça, il y a deux attitudes possibles: tu réfléchis (en vrai tu "brainstormes") ou tu supportes, tu lui cires les pompes, lui baise la chevalière (on dit que tu es "corporate"), et tu t'inscrit en classe de rattrapage de capacité de droit, ou tu supportes pas et tu fais fabriquer une cible de fléchettes, un punching-ball et du papier toilette à son effigie (le fabriquant à l'habitude, il connaît le modèle par cœur), cette dernière application rétablissant l'ordre des choses de manière on ne peut plus radicale.

L'existence du "star individual" à elle seule te met en position de légitime défense.

On peut aussi penser à un truc admirable : l'entartrage. Quoi de plus jouissif que de balancer un saint honoré bien garni de chantilly à la tronche du "star individual" quand il fait ses grandes tirades et qu'il a mis son beau costume étriqué (mais sur mesure, car il a les épaules très très étroites et fuyantes, même si évidemment il a les bras très long, bref il est très mal foutu) à 10.000 balles ??? Le rêve absolu. On peut même corser les choses et glisser un cairon dans la chantilly histoire de lui donner de la consistance (au saint honoré, pour le "star individual" au contraire on cherche à le ramollir comme une chiffe molle (enfin une serpillère pour dire les choses) pour qu'il la ferme enfin et arrête cette insupportable pollution sonore - et visuelle ... on met la serpillère sur la tronche une fois que le parpaing a fait son office)

Il a aussi un truc bien rodé le "star individual" c'est quand il est pris au piège et acculé à ne plus sortir que des arguments de la pire mauvaise foi, qui valent pas tripette ni même un pet de lapin : il vire de son rose habituel à un amusant rouge marbré - la couperose ça aide - , il se met à sentir mauvais, et hurle "ah là ça suffit, autant de mauvaise foi, si c'est ça je préfère partir" (il a une larme à l'œil pour montrer combien la mauvaise foi ça le rend triste, il commence à pleurer à gros sanglots comme un goret qu'on étrangle, appuyé contre un mur, la tête cachée dans son bras, puis il réalise que c'est de sa propre mauvaise foi qu'il parle, arrête les singeries et se ravise en espérant que personne n'a compris) ...

On l'espère tous, qu'il parte. On serait prêt à gonfler un ballon avec du "fusking gashole" pour le mettre sur orbite. 

Mais évidemment, fausse joie, il ne part finalement pas, il reste, histoire d'essayer de faire dire à la Cour de Cassation ce qu'elle n'a jamais écrit, pensant que si c'est lui qui l'affirme on va le croire aveuglément, vous pensez un Dieu vivant, et en effet il lit pas comme les autres, mais si on l'a déjà pratiqué on connait ces méthodes pathétiques. S'il osait, de rage, il ferait pipi par terre et il se roulerait dedans, mais il a peur de gâcher sa belle mise en pli, il se contente de secouer la tête dans une pluie de pellicules (et pourtant en matière de peigne il s'y connait), qu'on croirait qu'il jette des confettis pour fêter Halloween (dommage que sa teinture capillaire sub-citrouillesque ne soit pas totalement orange comme les premiers TGV). 

Ce qu'il préfère, le "star individual", c'est quand on le regarde en clignant des yeux, il pense qu'on est ébloui, alors qu'en réalité force est de constater que la vison agresse l'oeil.

Mais ce qu'il préfère pardessus tout, c'est quand il est filmé ... oui oui filmé (je parle pas de "reporting", attention), il y en a qui font semblant, juste pour flatter le spécimen, et il fait le coq, mais il y en a qui filment vraiment ça, bon vous me direz l'avantage avec le numérique c'est qu'on peut effacer, mais il y a des pervers qui gardent les enregistrements ... il est vrai que projeté sans le son, enfin muet, ça fait un peu reportage animalier sur un spécimen non répertorié, d'ailleurs son vétérinaire de famille, lui aussi, lui a toujours dit qu'il était pas comme les autres. 

Ça change des reportages sur les guenons où on nous explique que l'homme descend du singe, là c'est l'inverse, ça fait penser à une tentative pour y retourner, mais le singe, pas con (lui), en veut pas.

Pour être plus scientifique, on aimerait être paléontologue pour comprendre comment à partir des hominidés on est arrivé aux grands singes et à l'homo sapiens d'une part, et au "star individual" d'autre part, qui, bien qu'étant un primate hominoïde (la caractéristique de l'hominoïde n'est pas nécessairement flatteuse, je vous laisse la découvrir), lui aussi, en est la branche bâtarde ... sans doute dans la lignée du "star individual" y-a-t-il eu un croisement malencontreux avec un truc bizarre ou dans ses gènes une pollution quelconque .. peut être tout simplement l'eau d'un bidet (nous y reviendront car c'est scientifiquement une belle question), véritable bouillon du culture qui véhicule traditionnellement des ADN dépravés divers et entremêlés issus de copulations les plus hétéroclites, outre gonocoques, poils de provenance humaine et autres, et chtouilles variées. Bon je vous rassure la dégénérescence est telle que la lignée sera stoppée net après quelques portées expérimentales, c'est ce qu'on appelle être "fin de race", la voie sans issue d'un arbre généalogique.

Ce qui est certain est que le "star individual" ne descend pas de l'homme et qu'il n'est pas question que l'homme descende du "star individual". On est presque gêné d'envisager que le "star individual" est mammifère, on le préférerait reptile ou saurien pour que la répulsion naturelle qu'on éprouve à sa vue soit évidente à tous.

On doit cependant à la vérité de dire que des mathématiciens ont décelé chez le "star individual" une particularité remarquable, un peu comme le nombre d'or dans les plans des pyramides d'Egypte : le quotient intellectuel (le mot est fort en l'espèce) du "star individual" est le résultat d'un système d'équations : d'une part il correspond à la décimale près à la racine cubique du nombre de sa température anale exprimée en degré Celsuis et d'autre part il ne saurait s'exprimer avec plus d'un chiffre avant la virgule... trop fort non ?? 

Il existe bien d'autres différences : la pomme qui a ouvert les yeux de la dénommée Eve sur sa nudité, et (surtout) celle d'Adam, dont ils surent que faire rapidement, n'est pas, évidemment, le fruit dont se repait le "star individual", qui lui préfère quelques lingots (outre, heureusement, l'élégant slip kangourou déjà évoqué dans cette définition, auquel il peut adjoindre par précaution une belle paire de larges bretelles, encore que personne n'imagine qu'il chute (le slip, pas le "star individual") plus bas que pour dévoiler la fatidique raie culière (fraichement peignée), également évoquée dans cette définition décidément classieuse).

Par parenthèse, que voulez vous qu'Eve fasse d'un type qui porte un slip kangourou, alors qu'elle a à disposition un type qui n'en porte pas, que c'est quand même plus pratique pour tirer un coup, quand on est de surcroît le résultat d'un os surnuméraire (on se demande lequel). 

Ajoutons que le "star individual" a un facies qui est le sosie parfait de la partie de l'anatomie dont l'humain se sert généralement pour s'assoir, pour vous dire que ladite Eve, pas folle, préfère rouler des gamelles à Adam et lui triturer le manche qu'embrasser le "star individual", geste qui, si on y regarde bien, serait finalement proche du toucher rectal (les oreilles du "star individual" jouant parfaitement le rôle des hémorroïdes).

Le "star individual", il est "de la famille des visionnaires" (véridique évidemment), il rentre chez lui il fait du spiritisme, d'ailleurs il a été obligé de fixer sa table de nuit au sol, sinon la nuit elle tournait toute seule, et il s'est pris plusieurs fois le contenu de son pot de chambre dans la tronche (remarque ça réveille). Ne le regarde pas des les yeux, il va tout se suite comprendre que tu le prends pour le con qu'il est. Ce qui te sauve c'est qu'il peut pas t'attaquer pour injure ou diffamation puisque c'est parfaitement exact. C'est juste un diagnostic scientifique. Un truc fabuleux c'est quand , dans un interview (évidemment truqué) on lui demande si il est concurrencé par "les cabinets locaux" (comprendre les ploucs de province). Il répond avec simplicité "nous apportons des compétences, une méthode et un savoir faire différents ... Nous trouvons très peu de cabinets dimensionnés comme le notre "en région" (rappel : veut dire chez les ploucs de province), "nous apportons une réponse régionale tout en offrant une couverture nationale et internationale totale" (si si) . 

J'hésite à vous l'annoncer mais le star individual va prochainement installer un cabinet sur la lune (que c'est banal !!!), mais le risque que le lanceur dévie et le dirige vers un trou noir n'est pas inexistant. Les paris sont ouverts.

Bref il y a lui, en haut de la pyramide, le vide sur les échelons de la pyramide, et les ploucs de "région" dans le caniveau de la pyramide... enfin c'est ce qu'il croit, le visionnaire.

Le "star individual" cohabite avec les "rising stars" (qui est aussi une série comique, mais là on rigole pas du tout, on mord en premier et on discute ensuite).

On pourrait penser qu'ils sont comme cul et chemise ... et dans ce cas le "rising star" fait la chemise, mais en fait ils se haïssent, comme d'ailleurs ils haïssent à peu près tout ce qui bouge à l'exception de ceux qui les vénèrent. Et évidemment ils détestent les types qui ont le "trophée d'or" en enculage de mouches, qui sont quand même, eux aussi des stars "visionnaires", ce qui est heureux car c'est bien connu pour l'enculage de mouches, il faut viser juste et donc avoir une bonne vue.

Inutile de téléphoner à leur "office" si vous ne parlez que français, déjà le message d'attente est en anglais, et vous ne comprendrez donc pas le slogan publicitaire qui vous est débité par une gonzesse avec voix suave d'hôtesse d'accueil de salon de massage. 

En plus je vous conseille de raccrocher au plus vite car c'est conçu pour embrayer immédiatement sur un enchainement assez piégeux si on se méfie pas: si vous dites à la "masseuse suave" "quel est le montant de vos honoraires ?" (je parle pour un conseil, pas pour un massage) ... elle répond "XXL € pour trois questions" (j'ose pas dire la somme, quand il y a 5 chiffres c'est délicat) et si vous avez la faiblesse d'ajouter "c'est le même prix quel que soit le problème" là elle vous dit, la "masseuse suave" avec un petit air que sauf à être complètement débile tu vois bien qu'elle va t'enfler "quel est votre numéro de carte bleue pour que je fasse le prélèvement avant que vous posiez la troisième question ?".  

Bon trêve de plaisanterie:

- il y a aussi des "speakers confirmés", mais c'est pas pour la météo, c'est juste pour dire que c'est absolument impensable de les contredire, ça n'existe pas, ils détiennent la vérité. C'est des types ils mentent jamais : une droiture absolue, tu peux leur faire confiance aveuglément.

Pour te prouver, je te raconte l'histoire du parrain de la mafia, du comptable et du "speaker confirmé" qui ne ment jamais.

Le parrain de la mafia est avec son comptable et le speaker confirmé. Il demande au comptable où il a planqué l'argent qu'il était chargé de blanchir. Comme le comptable ne répond pas, il s'énerve et devient menaçant, il sort un flingue gros comme un gigot et l'appuie sur la tempe du comptable.

Le "speaker confirmé" s'interpose et dit de se calmer, que le comptable est juste sourd et muet et qu'il parle le langage des sourds et va servir d'interprète. Il interroge le comptable en langage des signes, lequel répond simplement dans le même langage qu'il ne voit pas de quel argent on parle.

Le parrain s'énerve, vérifie que le flingue est chargé, avec des balles du calibre spécial gros gibier, le genre tu tires dans le bide, tu peux faire une photo panoramique du paysage qui est derrière tellement le trou est grand, on y mettrait des rideaux on croirait que le type a une fenêtre au milieu du buste.

Il dit au "speaker confirmé" d'expliquer au comptable qu'il a dix secondes pour répondre et que sinon il va lui faire exploser la cervelle et même le reste, vu le calibre du machin.

Le "speaker confirmé" pose à nouveau la question au comptable en langage des signes, qui répond dans la même langue qu'il a caché l'argent dans sa cave, sous la chaudière dans une niche spécialement aménagée.

Le "speaker confirmé" qui, rappelons le, ne ment jamais, s'écarte pour pas être éclaboussé des pieds au plafond et "traduit" avec la bonne foi qui le caractérise, au parrain qui s'impatiente "il vous dit d'aller vous faire foutre le plus profondément possible avec du fil de fer barbelé chauffé à rouge, de vous faire tartiner la prostate avec de l'harissa extra forte et que, trouillard comme vous êtes, vous aurez pas les couilles de lui faire du mal avec votre ridicule jouet d'opérette". Après le "speaker confirmé" se bouche les oreilles car le bruit, avec ce calibre, ça lui agresse les oreilles.

- Dans d'autres classements il y a des étoiles, mais c'est pas comme les hôtels : le type qui a 4 étoiles, ça veut pas dire qu'il a un jacuzzi et un lit "king size" (et pourtant, "king"' c'est bien pour lui) c'est juste qu'il est bien meilleur que celui qui en a qu'une, qui a les toilettes sur le pallier et un sommier qui grince quand il besogne sa concierge draguée entre deux poubelles (à ce niveau on prend ce qu'on trouve).

Et le type qui a 4 étoiles, il fait pas du contentieux, il fait du "litigation" (véridique évidemment), ce pour quoi il considère modestement qu'il est "exceptionnel" (mais oui, il a préalablement mis des protèges tibias). Mais je préfère te prévenir il fait pas aussi dans la gynécologie, "litigation" c''est pas qu'il ligature les trompes, c'est juste histoire d'en foutre plein la vue (aux aveugles). Quand il la ferme enfin, il fait pas comme tout le monde, il fait des "closing semi physique", mais oui, un truc de spécialiste, il finit par s'endormir en pensant aux "spécial Purpose Acquisition Véhicles", il a toujours été passionné de petites voitures, il en rêve.

- Il y a également des "général counsel"  ou des "légal counsel", parfois même qui sont spécialisés dans le "working capital management", le truc à la sortie de l'école de tes enfants, un autre parent qui te croit normal (erreur grave) te demande ce que tu fais comme travail, tu lui réponds que tu es "général counsel en working capital management" , immédiatement le type il change ses enfants d'école pour qu'il soient avec des enfants d'homme ... juste d'homme.

Les général et légal counsel précèdent la piétaille, c'est à dire les "catégorie 2" qui sont à la catégorie 1 ce que des croquettes pour chien en solde (les croquettes, pas le chien) sont au tournedos Rossini  ... non mais sans blague vous vous voyez arriver chez un client en disant "bonjour je suis de catégorie 2" ?

Et, pour faire un syllogisme, comme la catégorie 1 est au "star individual" ce que le mou que Ma Dalton dans Lucky Luke donne à son chat est au lièvre à la royale, on en arrive à la conclusion que les vrais gens sont au "star individual" ce que les uniques toilettes à la turque surmenées de la rave-partie sauvage d'une horde de crasseux pouilleux sont à un bidet de palace à peine installé (le bidet pas le palace), je dis à peine installé, car par la suite ça dépend de la candidate qui chevauche vaillamment le bidet en question, dont la vocation est certes de permettre à l'utilisatrice de se torchonner la babasse et les abats pour réintégrer sa culotte la tête haute, mais quand même certains bidets démissionnent. 

Mais on va pas comparer le "star individual" à un bidet à jet rotatif déshonoré par une authentique truie femelle (à ce stade on ose pas dire femme, et c'est encore ici un rappel du sous titre de notre définition, à la gloire du porc) qui, après avoir hurlé à gorges (le pluriel est volontaire, il y a nord et sud) largement déployées, comme si elle avait un frelon ou une mygale dans la culotte (qu'en l'espèce on lui a déchiré avec les dents - la culotte pas le frelon ni la mygale -) lors d'ébats peu glorieux, qu'elle part qu'elle part qu'elle part, ce qui n'est d'ailleurs qu'une vue de l'esprit car on part rarement dans ces moments là, histoire d'alerter les occupants des sommiers environnants, après encore s'être fait défoncer le fondement, démanteler le pot, ramoner jusqu'aux amygdales, empaler la malle arrière il ne vaut mieux pas énumérer sur quoi, et avoir subi les derniers outrages, se désenfoutraille la lucarne et se désendolorise la calebasse sur ce pauvre bidet qui n'a rien demandé, histoire de tenter de se dévolcaner et retrouver la dignité quelle croit placée dans son hémisphère sud, avant de réintégrer des hardes minimalistes rendant impossible tout décence autre que porcine, contrainte en outre de marcher pendant quelques jours les jambes arquées comme si elle descendait l'Everest sur des talons aiguilles, car une tringlée pareille ça laisse des séquelles !!! Ceci étant dit pour rester dans la bienséance qui préside à la rédaction de cette définition "classieuse", comme aurait dit Gainsbourg.

Je te parle pas de ceux "qui montent" (ceux qui descendent sont moins loquaces) au plus "haut niveau" (c'est pas monter avec une péripatécienne, c'est juste une image) ou "au sommet de leur art", ceux qui ont une "pratique réputée", ceux qui sont "experts". Y en a qui sont des "générateurs de performance", rien qu'à les regarder tu améliores ton score au 100 mètres haie ou dans un concours de buveur de bière. Certains sont des "urgentistes des transformations d'entreprise", voire même "as des situations d'urgence" tu vas les voir, ils te mettent sous perfusion, t'injecte le botox et tu ressors neuf, d'autres ont "le succès de l'expérience" (faut oser non ? ) ou même "excellence et séniorité" c'est à dire le vieillissement de rêve, le gâtisme en douceur.

Je te parle à peine de ceux qui ont le "capital humain", et d'ailleurs ils aiment à dire (je parle comme eux pour voir, ça fait bizarre, j'ai l'impression qu'on a pris le contrôle de ma voix) "c'est inscrit dans l'ADN du cabinet". Oui "ADN du cabinet" !

Des types bien plus intelligents qu'eux (il y en a plein) on mis des décennies à comprendre l'ADN et eux, entre deux verres de Bourbon hors d'âge, ils auraient dicté à leur secrétaire (pauvrette dont le "dress code" a été conçu pour qu'ils aient la vision de son cul à disposition), dicté, donc, des statuts intégrant l'ADN ! Disons plutôt, pour revenir à la réalité, qu'ils ont pris des statuts type et qu'ils ont modifié à la baisse la clause fixant la rémunération des associés en industrie et à leur profit exclusif la clause d'agrément pour avoir la main sur l'arrivée des futurs requins qui seront recrutés. Mais ADN il faut pas exagérer, et d'ailleurs je prends le pari qu'ils savent même pas ce que ça veut dire, ADN, car n'oublions pas que ce n'est pas une abréviation, c'est, je crois, le plus long de la langue française. 

On peut pas leur en vouloir, ils ont déjà du mal avec le français qu'ils n'arrivent pas à apprendre, le droit c'est compliqué aussi, ils sont obligés de bricoler des montages à la con, alors tu penses si en plus ils devaient savoir ce que c'est que l'ADN !

Il y a aussi ceux qui sont "engagé, responsable et sans frontières", de ceux qui travaillent à "360°" (le type y tourne en rond toute la journée sur un socle motorisé) et encore moins de "l'étoile montante" que c'est une gonzesse pour les questions spéciales.

Evidemment il y a :

- ceux qui ont "expertise et présence en région" (mention interdite et à force de s'en battre son peu de couilles, ça va les éclater, mais véridique comme toutes les citations, la région c'est beurk, un peu comme on dit "dans les quartiers"), c'est à dire qui condescendent à mettre un pied dans le fumier chez les ploucs de province, pour "plaider" (je dirais personnellement bêler) quelque dossier de la plus haute importance, et affirmer leur suprématie (on dit "di z aie ner" quand on présente un truc aux ploucs en province, bref on le fait en version pour les nuls, avec des images et un texte en langage basique, idéalement un fait un "power point" explicatif, n'oublions pas que le type est un "digital native" il a jamais eu de stylo de sa vie, juste un clavier). 

- ceux qui ont "un niveau incroyable d'expertise" (d'ailleurs c’est tellement incroyable que personne ne le croit) laquelle (l'expertise, mention interdite même s'il a les couilles compactées à force) est "très utile", ce qui est quand même la moindre des choses, car sinon à quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ... et même, ce qui n'est pas à la portée de n'importe quel avocat, ils sont "tournés vers la solution" ... alors là on est complètement ébloui, on savait même pas que c'était possible car la plupart des autres avocats - ceux qui sont normaux - ont, a contrario, on le suppose, une fâcheuse tendance à tourner résolument le dos à toute solution, bien entendu. 

- et ceux qui sont "au delà des textes" ce qui est finalement assez inquiétant, mais on doit pas voir les choses de la même manière car le type a un sourire que pour une publicité de dentifrice tu voudrais le même, et un truc qui fait frissonner "tout aussi admiré que redouté" (véridique également, enfin personnellement j'en étais à l'agréable ignorance de son existence, et je risque pas de le craindre, quand à l'admirer, je le laisse volontiers manger ses croquettes dans son "cabinet de niche" … ceci dit avec la tronche qu'il a je comprends qu'on redoute de le croiser, un truc à avoir des éruptions de furoncles).

On va arrêter là, sinon on meurt de rire. Ils essayent tous de sourire sur la photo, avec leur petit uniforme costume cravate. Certains ont un large goitre, vous savez cette espèce de ballon de peau gonflé à bloc qui dissimule le menton et leur font un cou large comme une poubelle, qu'ils montrent avec fierté comme un signe de prospérité (et c'est vrai que dans les pays qui subissent la famine, je sais pas pourquoi, y-z-ont pas de goitre) . Sans doute y boivent de l'eau des glaciers, signe caractéristique de la maladie dite du "crétin des alpes" (véridique) que les gens des alpes, dans certains cas il faut s'en méfier (tous ne comprendront pas, mais en réfléchissant … )

Mon pauvre ces photos, c'est un panel assez inquiétant de la dégénérescence "humaine", ça agresse très gravement l'oeil, que franchement le sixième jour, quand il a créé l'homme et la femme (enfin Eve avec sa tenue rigoureusement invisible) , Dieu aurait pu interdire à l'homme de se prendre pour ce qu'il n'est pas, au lieu d'interdire à l'autre là, qui n'attendait que ça, de croquer la pomme … que c'était évident qu'elle allait s'y précipiter la tête la première (enfin plutôt le cul), portée comme elle l'est.

Et il y a d'autres trucs fabuleux, c'est par exemple le papier entête et la signature.

Le papier entête de ceux qui se prennent le plus pour ce qu'ils ne sont pas, présente une caractéristique : il y a que le nom, même pas l'adresse, tout le monde est tellement censé savoir. C'est écrit en caractère poildecuté, on se croirait au moyen âge, sur un papier tellement épais que chaque fois qu'ils écrivent une lettre c'est une arbre qui meurt, et le facteur affecté à leurs bureaux fait l'objet d'un entrainement spécial de musculation.

Et la signature c'est un autre truc à hurler: la moitié de la page, que ça use une demi pompe de leur stylo numéroté, il leur faut 25 secondes pour la faire, qu'heureusement ils signent pas grand chose à part les commandes chez Dalloz ... ce qui n'arrive donc jamais et les commandes pour les petits fours pour l'apéro, ce qui est quotidien, vous imaginez les crampes au poignet?

La signature c'est un espèce de ressort mal enroulé, une trentaine de cercles qui se croisent, comme une spirale sans fin, avec des machins, des poils par-ci par là, le tout sur deux courbes d'encéphalogramme, un plat, comme le leur, et un agité en dent de scie ... tu la regardes de près tu vas immédiatement chez l'ophtalmo pour qu'il te change tes lunettes tellement tu prends le vertige (en plus du fou-rire), tu montres ça à un psychiatre il commande d'urgence la camisole et tu demandes son avis à un graphologue il ose même pas te dire la vérité mais il te déconseille absolument de l'embaucher, ce qui de toute façon n'était pas l'objet, et/ou de le demander en mariage, ce qui n'était pas prévu non plus et il prend des photos pour le montrer au prochain congrès où on expose le cas des sujets les plus perturbés.

Pour revenir à leurs classements, chacun a sa fiche, avec des rubriques hilarantes que je vous dit que ça, où ils se décrivent eux mêmes, évidemment en toute objectivité, avec notamment les traits de caractère et les "valeurs". Objectif "B2B" ... ( comprendre ou plus exactement ne pas comprendre "Business to business", enfin on pense qu'à la promotion, un peu comme un paquet de lessive mais tu as pas le cadeau).

Curieusement ils ont que des qualités, énergiques, impliqués (pour le prix on l'espère), "excellente capacité à simplifier les sujets complexes" , il y en a même qui "rentrent vite dans les dossiers" (si si !!) et la valeur qu'on retrouve souvent c'est "passer du temps avec les clients" ce qui démontre une très grande aptitude à la facturation. Ils font tous un sport collectif et un sport d'endurance, ces mentions étant d'ailleurs a priori prohibées par leur règlement.

Mais on relève sur leur site internet qu'ils ont des cabinets "de tout premier plan en France" et même pour certains "désormais un des plus importants cabinets internationaux", ce qui est tout aussi prohibé, on est pas à ça près et c'est tellement bon de se sentir différent et admiré ..

Le pauvre type de base, vous savez celui qui tourne le dos à la solution et qui attaque ses clients pendant qu' "ils" défendent les leurs, lui il met une chiure de mouche de trop sur sa plaque professionnelle il passe en conseil de discipline. Eux, n'oublions pas que ce sont des "flies fuckers" (j'espère que vous aurez traduit), alors évidemment, les chiures de mouche, ils en ont des lessiveuses et personne ose les en blâmer puisque c'est ce qui les caractérise.

Pour montrer qu'ils sont importants, ils aiment aussi dire qu'il y a plein de gens qui travaillent pour eux, enfin à leur service (du latin "servus") : certains emploient 62,2 "productifs" (mais oui la virgule est vérifique) et on se demande avec inquiétude quelle est la physionomie du type qui représente 0,2 productif (enfin le morceau de type), d'autres sont passés en un an de 48,44 à 52,65 productifs, c'est à dire qu'avec plusieurs ont arrive en à avoir quelques uns de complets mais il reste toujours un type qui n'est qu'une virgule. Il rentre chez lui à dos de libellule, se couche dans une boite à chaussures et avec un grain de raisin il a des provisions pour tout l'hiver. 

Cette année, il y a même, en haut de la pyramide, une de leur boutique d'avocat qui emploie 164,1 avocats, mais le chiffre est trompeur, ils sont plus de 300 en réalité, simplement pour en faire un complet ils se mettent à plusieurs, et après de savants assemblages, que c'est pas du tout sexuel je te rassure (beurk) il en reste quand même un qui totalise 0,1. Il est tellement minus qu'il travaille sous une cloche à fromage, de peur qu'on lui marche dessus ou que la femme de ménage l'aspire car il est dissimulé dans les poils de la moquette, on pourrait croire un morpion pubien. On lui a mis un décor dans sa cloche: quelques lentilles et un petit tas de semoule, il a l'impression d'être dans un désert de dunes avec d'énormes rochers. La cantine lui sert un vermicelle à midi et on le fait boire au compte goutte.

Mais bon il faut arrêter de se marrer, sérieusement, certains sont "humains" ... si si c'est écrit, je vous le promets, "humains" !!!! Faut oser écrire un truc pareil. Reconnaissez que c'est une surprise ! Mais surtout, si on veut faire un peu de droit, ce qui est assez incongru compte tenu du sujet, ça procède quand même d'un extraordinaire renversement de la charge de la preuve !! Humain ! Ben prouvez le ! On demande à voir ... enfin on est certain de ne pas voir.

D'ailleurs j'hésite à te faire la confidence mais j'en ai connu qui avaient un chien et ben je te promets, des deux c'était le chien le juriste.

Evidemment ils sont tous licenciés en catastrophe: le client est au bord du gouffre, les couilles sur le billot, ils arrivent et en deux secondes, une facturation massive et la justification du virement, le type est téléporté sur un transat au bord d'une piscine avec une minette sobrement vêtue d'un string ficelle qui lui apporte un cocktail et une autre sans le string qui lui masse le cou (le cou, pas les couilles !). 

Il y a même une fabuleuse rubrique divinatoire intitulée "les grands avocats de demain" avec ceux qu'on sait même pas qu'ils existent, mais déjà on vous prévient que c'est sur eux qu'il faut miser si vous avez un procès dans 10 ans ... vous devriez même les réserver pour le cas où. On parie sur eux, comme sur un lévrier de course.

On dirait volontiers que ces classements sont sans suite ! Mais non !

Le palmarès donne lieu à une soirée de gala où ils s'entre-remettent des trophées, mais là non plus c'est pas comme à Casino où on gagne son poids en vache qui rit et en bidon de bière, ce qui avantage les bovines, truies mafflues, gorets, vachasses, et autres bovidés (il y en a, si, si); là, la vache elle rit plus du tout, on a le choix entre deux modèles de bon point : un c'est un bonhomme stylisé qui tient un immense signe "€" pour bien montrer que le seul truc qui compte c'est le tiroir caisse, l'autre, qui est un signe absolu de lucidité, c'est une Marianne qui tient la balance de la justice, mais la Marianne en question a les yeux largement bandés pour ne pas voir les outrages que doit subir le peu de dignité qui reste à ladite justice malmenée.

Pour eux c'est absolument vital, comme l'autre con virgule cinq qui aurait raté sa vie, ce connaud, s'il avait pas eu la montre: eux c'est le classement

Ils alignent ça sur leur CV: "en 2010 j'étais "excellent", en 2011 j'ai eu une gastro, j'avais du faire installer une cuvette de toilettes à la place de mon fauteuil dans mon bureau, du coup j'étais juste catégorie 2, la honte, mais en 2012 j'ai disjoncté l'ascenseur avec les autres séniors dedans pendant 3 jours, du coup j'ai été classé "incontournable" ("con" c'est sûr, le reste est moins évident), "trophée d'or" et "éminent", on a du modifier la taille du caractère sur mes cartes de visites ça rentrait plus, et j'ai fait agrandir ma cheminée pour mettre tous ces trophées" (à coté de têtes de cochon naturalisées, car il va à la chasse - à courre évidemment, dans des tenues ahurissantes de valet de pisse de Louis XIV - mais comme il a la vue basse, il explose des cochons (ne perdons pas de vue le thème de cette étude) en croyant que ce sont des cerfs, pour se consoler il leur met du persil dans les narines et les oreilles, ça lui fait penser à ses photos de familles, elles mêmes tellement évocatrices d'une engageante vitrine de charcuterie, on sait à quel point il est pertinent d'expérimenter sur le porc les médicaments destinés à l'homme, on découvre dans ce cas particulier l'évidente pertinence de la réciproque, avec cependant une petite pensée pour une célèbre réplique du film "le Père Noël est une ordure", "c'est là que je me rends compte que malheureusement je vous ai beaucoup moins bien réussi que le porc" (et, une fois encore, nous revenons de manière redondante aux constatations scientifiques sur la proximité porcine, relatées en préambule de notre définition )

En fait il y a eux ("eux", pas les porcs, ne me faites pas dire que c'est presque pareil) qui comprennent tout, et le reste du monde que c'est que des ahuris .. mais n'empêche qu'on hésiterait à prendre l'ascenseur avec eux tellement ils ont des tronches patibulaires ("pas tibulaires mais presque" aurait dit Coluche) et, surtout, on doit les remercier des très grands moments des ces fou-rire qu'ils nous procurent, qu'on tente de contenir entre "vrais gens", vous savez en se mordant les joues et en pensant à quelque chose de triste pour essayer de pas exploser de rire en regardant l'autre "vrai gens" qui est en face de nous et qui en peut plus lui non plus (parce que nous les vrais gens on arrive à communiquer entre nous par le regard, on est presque humains, ça ils l'imaginent pas): sans eux la vie serait tellement moins drôle et en plus sans eux on pourrait se méprendre et se croire quasiment intelligent ... heureusement qu'ils nous rappellent à la vérité vraie, dont il ressort que, pour nous, c'est impossible, ça leur est réservé, que sinon ça servirait à quoi tout ce cirque. Nous on risque pas d'être "intellectuel", on est pas équipés pour.

Bref, tout ça est un concentré de la vraie vie dans un univers de requins d’élite, dans lequel leur chance c’est que plus il paye cher, plus le client a l’impression qu’il est bien assisté et se sent important (mais on parle pas d'argent ouvertement, on "se met à disposition du client" ce qui est à mourir de rire, la facture c'est plus tard, les vrais gens du midi qui assistent à la remise de la facture, lèvent la tête de leur assiette de macaronade sétoise juste pour dire en rigolant "bé couillon", mais à la capitale on comprend pas le mot ... quand à la macaronade, ils y ont pas droit, on se la garde, ça serait du lard au cochon (encore lui, décidément, il fait partie des "meubles").

Donc le client paye très cher, le requin encaisse sans sourciller, et tout ce petit monde hors du vrai monde en est con-tent et s’y retrouve d'une manière ou d'une autre, et plus le senior est senior plus il doit rapidement changer ses costumes pour acheter la taille au dessus, il rentre plus dans ses pantalons.

C’est d’ailleurs un signe : quand il a systématiquement de grandes traînées de sauce sur sa cravate, et une couperose bien marbrée avec un large réseau de veines bleues qui véhiculent il vaut mieux pas savoir quel liquide, qu'on croirait qu'il a sur le pif le dessin d'un réseau fluvial, c’est qu’il a assez engraissé selon la méthode "get big fast" que ce con s'est appliqué alors que c'est pour les entreprises, le con !!

Par souci de rester dans la bienséance qui préside à la rédaction de cette définition de haute tenue morale, je n'évoquerai pas dans le détail les giclées prostatiques de "waterfall" sur son pantalon dans le pourtour de sa braguette et aussi hélas en grandes trainées jusque dans ses chaussures, ni la flaque waterfaulleuse consécutive qui s'étend sous sa chaise, il est "out"  et, excrémentiel comme le voilà devenu, on le fait livrer à la maison de retraite. 

On lui offre une nouvelle chevalière, pour l'autre main, avec la devise "si les cons étaient sur orbite ... " et le junior devient "in" et sénior par la même occasion, se fait imprimer des cartes de visites et accède enfin au bureau qui a la moquette la plus épaisse et la surface adaptée à son rang.

L'ex sénior pour sa part récupère son "déposit" et aura une fin méritée, il terminera tranquillement son existence goitreuse et passera sans le savoir d'un statut à l'autre "quand on est mort, on ne sait pas qu'on est mort c'est pour les autres que c'est difficile, quand on est con c'est pareil". Ce sera d'ailleurs son seul moment de prestige car n'oublions pas ce que disait mon auteur favori "la mort c'est la noblesse du con".

Et ils sont nombreux, n'oublions pas le magnifique Bernard Blier auquel on demandait s'il avait beaucoup d'ennemis et qui répondait "oui, comme tous les gens qui n'aiment pas les cons" , et Rabelais qui disait " Amis, vous noterez que par le monde y a beaucoup plus de couillons que d'hommes" et je ne sais plus qui, qui disait qu'il y a chaque année plus de cons que l'année d'avant, mais que cette année, en plus de la croissance inflationniste de cons, ceux de l'année prochaine sont arrivés à l'avance, en renfort.

Tellement nombreux qu'on pourrait faire un congrès ("save the date" comme "ils" disent, comme si ça pouvait pas se dire en français) et les y inviter, par exemple sur le thème (quasi véridique, évidemment, je répète, rien n'est inventé) très porteur "l'usage en droit Français : est-ce l'habitude du con ?" avec en sous titre (inspiré de l'auteur des locutions latines)  "L'usage est-il l'habitude du con? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu’à poser la réponse: l'usage est-il l'habitude du con ? De deux choses l’une, ou bien l'usage est l'habitude du con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien l'usage n'est pas l'habitude du con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. »

A l'issue du congrès, on désignerait les vainqueurs parmi les candidats survivants.

Je dis parmi les survivants, car vu le sujet c'est comme quand Mireille Mathieu chantait en duo avec le dénommé "Jules des Eglises" accompagnée à l'accordéon par la regrettée madame Yvette Horner, tout le public se mettait à genoux, mais c'était pas pour se prosterner, ni même contrairement à l'apparence prendre des coup de pied au cul en ringuette, ils étaient déjà assez masochistes pour être là, c'était pour se taper le plus efficacement possible la tête par terre pour devenir le plus vite possible sourd et aveugle ... que ça s'arrête. 

On désignerait donc le meilleur spécialiste de l'utilisation de l'anglicisme.

Un peu comme un diner de cons mais plus "gratifiant" car le con utilisateur d'anglicisme est fier, a besoin de reconnaissance et d'être mis en "valeur" (c'est le mot) ... la fierté d'en être ... oui mais de quoi au fait ... je vous laisse deviner.

- un des postulants "et moi ce matin pendant que je drinkais mon café (là avec "drinker", qui est véridique même si le correcteur ne connaît pas, on touche les bas fonds de la connerie, le caniveau de la connerie même)  j'ai dit trois fois "new money" au petit déjeuner, "new money" c'est "my head of product" et je l'ai répété à la boulangère qui me rendait la monnaie, puis ensuite à mon bureau après le "feedback" de "débriefing" en "conf call" (quand les cons parlent au téléphone ça prend des proportions excessives) en "one to one" (essayez de pas exploser de rire, mais je dois vous dire que "one to one"' "ils" écrivent ça "121" histoire de faire agent secret) avec un client pour un "reporting" sur le "restructuring" de ses"mid caps" (parfois même dans les cas les plus graves ses LBO mid cap, mais là on rigole pas, c'est le truc en "private equity" si tu vois ce que que veux dire, mais en "private" ça veut pas dire que les toilettes sont privatisées pour la bonne raison qu'on les occupe, c'est un truc plus compliqué, tu peux pas comprendreavant le "cut off" final (mais c'est pas qu'il va dehors pour couper des lardons pour les carbonara) mais évidemment en dollars, comme quoi j'ai vraiment réussi dans la vie, et d'ailleurs la boulangère , quand je lui au dit new money, elle a dit avec envie à l'autre vendeuse "il est con ce type" , et à mon desk (c'est juste le bureau) mon staff (c'est le con suprême) m'a dit "vous au moins vous avez pas oublié d'être con" : comme quoi c'est une évidence pour tout le monde ! Dans l'open space "ils" ( les portes s'ouvrent sur d'autres porcs, n'oublions pas qu'il s'agit également d'un reportage animalier) ils rigolaient tous de jalousie et ils ont passé plein de call pour répandre la nouvelle (un "call" , c'est comme un coup de fil mais c'est uniquement quand la conversation est de la plus haute importance, du style l'avenir du monde est en jeu ou l'apéro du soir - on dit "after work"- ), et il ajoute fièrement, ce con "en tout cas il faut plus jouer au plus con avec moi, vous êtes certain de perdre".

- un autre, bronzé à la lampe mais évidemment avec la marque des "air pod" qu'il ne quitte jamais, brushing et balayage savant, bien manucuré et toiletté comme un caniche royal, bref le type tu sens qu'il est "fair" (ou j'ai bien dit "fair" avec un aire, pas fait avec un té, c'est comme un camembert mais l'odeur est pas exactement la même), qui dit "moi, que j'ai mis un stop à mes due diligence, j'ai tout checké, j'ai corrigé mon draft (pas de quoi s'affoler, c'est juste un brouillon) sur le "outsourcing"  (c'est pas une eau captée à la source, c'est qu'il balance ce qu'il doit faire aux autres) et quand j'ai fini de revoir le "working" (si vous vous pissez dessus de rire, c'est pas la prostate, c'est juste normal, comme disait Coluche "c'est les nerfs") j'ai enlevé tous les "mark-up" ("ils" écrivent mkup, tout le monde est censé comprendre, moi j'ai cherché sur internet je suis tombé sur un truc de maquillage ça doit pas être ça, je renonce) avant la "deadline", je l'ai "printé" (on le plaint le pauvre d'avoir si peu de vocabulaire), j'ai validé le "slide" (je crois que c'est une glissade, le type il doit avoir un toboggan dans son bureau ou faire du skate, ou alors j'ai mal compris c'est une diapo, je sais pas trop) et forwardé (simplement envoyé) ASAP (ASAP c'est pire, c'est une abréviation d'anglicisme, un truc que si tu es simplement con tu comprends pas, il faut être un con primé pour savoir) au "sleeping partner" (le "sleeping partner" c'est comme un "backer" ou un "business angel" (comme si "ange" et "business" c'était compatible !!!!), c'est un type qui a un très gros matelas et un bon oreiller, une vraie marmotte, quand il se couche il programme le réveil pour 6 mois plus tard, il a une vessie spéciale pour éviter les fuites waterfoleuses (voir ci après la définition), et il paye très cher pour dormir tranquille, on espère que ces communications insignifiantes mais qui coûtent un bras l'auront pas réveillé) my legal opinion (ndlr: ça veut juste dire mon avis, mais ça provoque généralement des fou-rires chez le vulgum pecus) d'advisor (c'est un type qui sait des trucs que les autres ils savent même pas que ça existe) sur le waterfall et le joint venture, avec juste un petit FYI" (toi quand tu vois écrit FYI tu te dis que tu as intercepté par erreur un message codé des services secrets, tu fais gaffe que ça t'explose pas à la tronche ... et ben sois rassuré, c'est juste "pour information" mais le type il sait pas que le mot existe en français). Dès que ça a été dans le "pipe" (n'imagine pas des trucs salaces, c'est juste qu'il a envoyé le bazar, dans un espèce d'aspirateur qui le restitue à la tronche de l'autre là qui dort, que du coup ça le réveille en sursaut) j'ai eu le "feed back" (tu penses, l'autre qui s'est pris le truc dans les gencives, il est absolument ravi du voyage).

Ndlr 1 Waterfall se prononce "ouaa ter fooooll" (finir léger, avec deux ailes, comme si on avait dans la bouche de la panse de brebis farcie à la gelée à la menthe, "plat" (j'ose pas dire met) anglais lui aussi , conçu spécialement pour être avalé sans le mâcher, histoire d'essayer de pas vomir sur l'instant, en plus en se bouchant le nez pour pas sentir l'odeur infecte, que ça sent tellement la bouse de vache fraiche que c'est pas possible il doit y en avoir dans la recette, c'est même l'ingrédient principal, mais bon en principe de toute façon quoi qu'on fasse c'est inévitable et salutaire pour ses propres tripes, on vomit rapidement après quand même, et alors là c'est déjà pas bon à manger mais à vomir c'est pas mieux, et attention de pas vomir n'importe où c'est un truc à faire un trou dans le plancher, avoir des plaintes de tout le quartier, être refusé dans les transports en commun et les lieux publics et passer pour un sado-maso hard -), les vrais gens du midi disent "va ter faaaa leu-eu-eu-eu" les mots sans "eu-eu-eu-eu" à la fin étant fort justement jugés ridicules et non avenus.

Ndlr 2: le "waterfall" a quatre significations nobles (mise à part la version accident de prostate déjà évoquée) :

* signification un du waterfall : cascade et chute d'eau (ne confondre ni avec une fuite dans les toilettes, ni avec la chasse qui s'arrache du mur quand on la tire) où l'utilisateur d'anglicisme enlève ses chaussures sur mesure pour faire ses ablutions (ce qui me fait penser que dans le catalogue des élites j'ai oublié le "rainmaker", il faut les avoir bien accrochées pour oser s'appeler comme ça, lequel est un bon complément du waterfall, le type, comme un barde, il fait quelques incantations - un code de commerce à la main, pas déballé, après la photo il le ramène à la librairie, (c'est lourd non ? j'aurais jamais imaginé que ce soit si gros ! heureusement que je m'en sert pas, ça a l'air écrit tout petit en plus il y a plein de mots j'en ai jamais vus autant), et on se prend d'un coup 500 litres de flotte jusque dans les pompes, trempé de la tête aux pieds, le "rainmaker" c'est un microclimat à lui tout seul, partout où il va, il pleut, c'est que du bonheur, d'ailleurs avec le trophée on lui offre des bottes de pluie, un ciré (avec un blason) et un chapeau de pluie assorti, on rêve de l'embaucher à plein temps quand on a planté des tomates dans son jardin, mais si on aime pas les tomates ou si on a pas de jardin, on s'en passe assez bien, l'ambiance catastrophe naturelle merci bien).

Pour en revenir au "waterfall", j'ai essayé de comprendre, la seule définition que j'ai comprise c'est que si l'eau descend une pente elle peut plus remonter.

Si si je vous assure, je l'ai lu sur des sites autorisés de types qui font du nombrilisme aigu devant leur glace.

L'eau qui coule ne peut pas remonter. Faut plein d'années d'études pour comprendre ça.

Dans le projet en "waterfall", l'eau dévale du premier dossier, pour inonder le second et ainsi de suite. Quand tout est inondé, c'est que le projet a abouti, on peut même dire réussi, tu peux tout jeter à la poubelle car une fois détrempé, le papier ça sert à rien. L'idée c'est qu'on peut pas reculer, une fois que ça commence ça s'enchaine. Un peu comme si tu manges des piments trop épicés, il faut que ça ressorte d'une manière ou d'une autre, et c'est moins agréable à la sortie qu'à l'entrée.

* signification deux du waterfall:  graphique mais si on dit pas graphique de quoi ça sert à rien,

* signification trois du waterfall qui m'est assez personnelle: un doigt d'eau pour mouiller le pastis

et enfin le top du top, roulements de tambour: 

* signification quatre du waterfall : ça ne veut rien dire, c'est juste pour se donner un genre.

C'est bien entendu la signification quatre qui est la plus usitée par "eux", ces types ne pensent à rien d'efficace. ça me fait penser à une bande dessinée que je viens de lire, le héros, de retour de vacances dit "pendant un mois de congés ça fait vraiment du bien de ne penser à rien", et son copain lui répond "de ce point de vue les cons sont en vacances toute l'année". 

En principe, en entendant l'autre naze dire "waterfall" ceux des vulgum pecus qui ont la rate en rodage ne survivent pas tellement ça les fait exploser de rire, certains disent "MDR" , il faut bien que le français évolue ... ce qui fait que si on vous propose de vous payer avec une tranche de waterfall vous saurez pas si vous allez prendre un seau d'eau dans la tronche, ou gagner votre poids en fil de fer pour vous amuser à faire des graphiques compliqués et incompréhensibles, ou encore si c'est du vent complet ... mais rappelez vous quand même que ces types c'est souvent essentiellement du vent qu'ils produisent, à l'issue de journées réunionitiques aigues (ils passent 3 heures à table à midi, 4 le soir, dorment peu, pas plus de 8 heures, et travaillent au moins 18 heures par jour ... heu quoi ça fait plus de 24 heures ça ???  vous devez vous tromper).

Petite précision : aucun lien entre le "waterfall" et le "sourcing" même si, pour des ignares comme nous, les deux évoquent (bêtement) de l'eau qui coule. D'ailleurs on est vraiment nul, car le "sourcing", c'est pas un type qui se balade avec une baguette de sourcier pour trouver de l'eau, c'est un truc qu'on sait même pas que ça existe, en fait c'est un peu comme quand on cherche quelque chose et qu'on le trouve pas, il y a des spécialistes du "sourcing", des types qui sont payés pour ne pas trouver, mais quand même ils cherchent activement, croyez le bien.  Le truc "touchy" du "process" quoi.

Le "joint venture" (dire jo-i-ain-t en tordant la bouche, "venture" c'est imprononçable, imiter un barrissement ça ira) dont se gargarise le bronzé à la lampe, c'est ni un truc de plombier pour l'étanchéité du waterfall, ni un joint de shit, c'est juste un truc en commun, un groupement, un rassemblement, mais austère et classieux,  c’est moins drôle que le repas au château de Montmirail dans le film les Visiteurs, quand le distingué président Bernay se prend la soupière pleine dans la tronche pendant que dame Ginette, élégante clocharde fort justement qualifiée de laideron lui explique « C’est le bordel dans ce sac y a tellement de poche , on pourrait chier dedans ! » après avoir dit, avec distinction « on chie dans des truelles ça nous fait des tuiles »

Dans le "joint venture" on fait silence quand le président lape sa soupe, on l’appelle « monsieur le président » même si c’est un con (lui aussi, enfin je dis même comme si c'était une éventualité, alors que c'est une condition préalable au recrutement) et on évite de parler gras et les bons mots grivois, même si nous savons tous que c’est de parler d’argent à table qui est mal élevé, mais là on ne parle que de ça .. il faut choisir: les Visiteurs ou "jointer" : être ou ne pas être ! Mais vous pensez si leur joint on s'en balec dans les chaumières.

- un candidat qui lui va pas à la victoire, il y a des ratés quand même ... lui il allait faire le "closing" de la "data room" (concrètement je crois avoir compris qu'il emballait des dattes d'une variété particulière, mais je suis pas certain d'avoir tout compris) pour avoir un "picture" (on dit pic cheure, c'est juste un descriptif, un truc que mon pôvre on peut pas comprendre) ; il avait déjà donné sa "room" (je te rassure c'est pas sa chambre, c'est juste son numéro de téléphone, mais il a un appareil spécifique) pour la "conf-call" quand ça a dévié en trombe sur un "deal breaker", que mon pauvre c'était complètement "the shit in blade fan", et là tu as intérêt à te planquer que sinon tu es moucheté de la tête aux pieds, ces trucs ça pardonne pas. Du coup, "of course", il a perdu tout le "goodwill" qu'il avait négocié

Le "goodwill" c'est un truc sympa. Même si on est nul on comprend « good » on se dit que c’est bon , ça fait penser à une tarte au citron. « Will » c’est trop savant, le genre ces infâmes auxiliaires incompréhensibles qui gâchent l’adolescence.

Je connais un type que depuis tout petit on est jamais arrivé à lui apprendre un seul mot d’anglais: on a tout essayé, ça a jamais marché, hermétique total.

Plus tard on a essayé de lui faire dire juste « yes », on lui a tout bien expliqué, ils s’y sont mis à plusieurs, des « star individual », des juniors, des seniors ...

Et même on a mis des administrateurs judiciaires (pour te dire, l'administrateur judiciaire c'est quelqu'un de totalement désintéressé qui travaille que pour ses "clients", il y en a même un qui dit de lui qu'il ne se limite pas à un domaine d'expertise (il a vaincu la peur du ridicule depuis longtemps), qui a, je cite, "la boutique du sur mesure" pour ses clients, le client il est en redressement judiciaire, il a que des fringues usagées, il va voir son administrateur judiciaire et il ressort habillé comme le fils de la reine d'Angleterre, vous savez le type aux oreilles).

Bref, pour essayer de faire dire "yes" à l'allergique de l'anglais, on a mis que des gens intelligents comme ça tu l’imagines même pas en rêve, on aurait pas déjà inventé l’eau chaude à leur naissance les anthropologues pensent qu’ils auraient peut être eu l’idée de se laver à l’eau froide (cold waterfall voire même ice waterfall), c’est te dire comme ils sont forts.

Et ben après tant de pédagogie on s’attend à ce qu’il dise enfin « yes » comme tout un chacun quand il se lève pour ses réquisitions, ce type drame du prof d’anglais, mais c’est pas complètement évident, que quand même si on s’écoutait on lui demanderait peut être pas son avis pour pas courir de risque inutile.

Et ben le type, y se lève et il dit "non", tu le crois toi, pas le "yes" attendu et inculqué, un vrai non !

Et même, il dit pas que non , il ajoute « ça commence à m’énerver » et il prend un papier et il fait des tirets comme un qui fait l’addition dans une épicerie, s'il était de la police il y passerait tout son carnet de contraventions : tiret un article 22 bis du code pénal 20 ans, tiret 2 article 34 ter du code pénal 30.000 €, et ça continue.

Puis il fait lui aussi l’addition, longue comme ma jambe, que mon pauvre tu te dis qu’il t’a pas coupé les couilles à ras c’est déjà ça de gagné, on sent que c’est juste pour pas niquer la moquette de la salle d'audience, que ce genre de truc ça gicle partout et que tu peux pas la ravoir.

Et ben lui "goodwill" ça lui provoque une réaction occitane, il dit « Se fotre de lo monde"  (véridique évidemment... le prochain il aura les couilles en salade c’est couru (s’il en a, dans certains cas comme celui là il vaut mieux pas en avoir ... ça arrive plus souvent qu’on le croit).

Mais bon on va quand même essayer d’expliquer le goodwill aux vrais gens même si peu sont demandeurs, ça fera toujours vendre des tartes au citron.

En fait le goodwill c’est un peu le loto mais adapté aux Affaires avec un grand A, c’est pas Francis Blanche dans les tontons flingueurs, hélas, les chaussures vernies et le costume noir à large rayures blanches on hésite de plus en plus je sais pas pourquoi, sans doute c’est trop une preuve de franchise, et c'est vrai que les rayures sont tellement épaisses qu'on croit que le type est (déjà) en prison.

Mais au loto la quine à carton plein, tu gagnes un panier garni avec

- un coq vivant (que du bonheur dans un studio de 9 mètres carrés en plus il est déréglé il chante même en pleine nuit et iI risque de bouffer les poissons rouges du précédent loto qui vivent dans la baignoire, dont on ignorait jusque là l’utilité),

- 220 kilos de flageolets en conserve que vous en avez pour plusieurs générations, un vrai capital,

- et 64 rouleaux de papier toilette, ce qui est un bon complément du flageolet, l’usage du premier est quasi simultané avec celui du second, le mieux c’est de manger (a priori ce sont les flageolets qu'on mange, même si ce ne saute pas aux yeux), déjà assis aux toilettes, enfin le plus fort de la famille les autres se contorsionneront (ils font souvent des promotions jumelées, une boîte de flageolet et un rouleau de papier toilette ).

- Une serpillière et un seau (pour ceux de la famille qui ne peuvent atteindre que le premier qui y est rentré après l'ingestion des flageolets ait "terminé" (l'histoire ne précise pas quoi) et libère enfin les toilettes).

Le "goodwill", pour te le faire simple, tu as un type qui vient te voir et qui te dit « Bonjour monsieur le vendeur vous le vendez votre truc qui vaudrait 10 € s’il était neuf et qui vaut rien maintenant qu’il est « banca rota » (expression latine) ? » (évidemment l'histoire est inspiré d'une affaire "judiciaire" véridique).

Le vendeur en puissance il est scié il répond juste « good ».

Monsieur l’acheteur qui pense avoir compris lui amène une tarte au citron et l’autre il dit « will » et l’avale d’un coup comme dans le corbeau et le renard où ce couillon de corbeau laisse tomber son fromage.

C’est toute l’histoire du mot "goodwill".

Mais c’est pas aussi simple, le futur vendeur il sent qu’il peut gratter une autre part de tarte au citron.

Monsieur l’acheteur, lui il se méprend, et il est sur le point d’en proposer 30 € du truc banca rota, mais heureusement son avocat est là et lui il est pas gastronome (à ce niveau on a pas le temps de manger on s’alimente simplement), c'est le type dont l'intervention est toujours un plus, et là c'est particulièrement remarquable puisqu'il lui conseille, après une consultation étayée avec plein d’écritures savantes, d’en proposer 50 € ce que fait un abonnement chez le pâtissier pour une tarte au citron quotidienne.

Voilà l’autre explication plus scientifique du "goodwill" : c’est ça, c’est ce que ça coûte en plus à l’acheteur ... qui se fait donc mettre bien plus profond avec l'intervention de son avocat que ce qu'il aurait accepté spontanément.

La formule en mathématique financière c’est le prix payé, c’est à dire 50 dans notre exemple pédagogique, moins valeur réelle c’est à dire zéro dans notre exemple toujours pédagogique , plus la tarte au citron et plus les honoraires de l’avocat de monsieur l’acheteur (15% de l’économie ... comment ça il y a pas d’économie ? Mais si vous comprenez rien taisez vous !). C'est de combien tu te fais avoir quand tu payes, ou plus exactement, car le "goodwill" s'apprécie du côté du vendeur, de combien tu arnaques l'autre.

Voilà le "goodwill" en quelques mots , le genre angliciste pour les nuls ... y a pas de quoi en faire un flan (au citron).

Il y a même des types chanceux qui portent un casque en permanence tellement ils ont des "goodwill" qui leur tombent dessus.

Là on parle de "nécessaire goodwill" qui est évidemment véridique comme expression.

Mais c’est pas comme quand Isaac Newton se prend une pomme gâtée dans la tronche et découvre l’attraction terrestre, le "goodwill" c’est pas toujours bénéfique « La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais" disait le pauvre Cesar Birotteau: avec le "goodwill" c’est couru, et c'est finalement un juste retour des choses.

Pour en revenir à notre concoursne jamais perdre de vue que les candidats ne sont pas de vrais gens comme nous.

Ce sont des cerveaux, un peu comme les types qui répondent quand on leur demande leur profession "je suis un intellectuel" ... C'est un métier ça "intellectuel" ? Mais oui je vous assure. Un métier. Certains "intellectuels" sont même "essayistes" que déjà pour l'écrire il faut être perturbé. Oui "essayistes" avec un i grec et un i à côté comme si ça suffisait pas.

Dans ce cas ils ont une chemise avec un col mao, largement ouverte sur le torse, une grande mèche et des cheveux avec mise en pli qui flotte dans le cou. Les plus performants épousent de vraies connes (mais là tout le monde peut pas comprendre), histoire d'équilibrer le niveau intellectuel du ménage.

Le type il fait des essais, mais ne confondons pas, pas des essayages de chaussures et il joue pas au rugby, il écrit des trucs, mais pas de vrais trucs, juste des tentatives de trucs.

Il dit "dans ma vie j'ai écrit de nombreux essais", que sa femme de ménage elle aimerait bien qu'il en transforme enfin un et qu'il l'augmente.

Il a des tournures de phrase compliquées (et c'est d'ailleurs pour ça que ses essais ne sont jamais transformés) : quand il parle il dit pas "je pense que", c'est trop simple, il dit "je suis de ceux qui pensent" histoire de bien montrer qu'il est à l'origine d'un courant de pensée ... "je suis de ceux qui pensent que je vais me ramasser une fois de plus avec mon essai à la con".

Mais je m'égare, revenons à notre sujet.

un autre candidat, mieux placé "oh mais moi hier, j'avais "switché" (échangé mais en plus noble) avec mon boss, je me suis retrouvé en "prime time" à un "workshop" (c'est juste le début d'un séminaire de "flies fucker" mais là comme déjà indiqué c'est un anglicisme spécifique qui vaut le coup d'être deviné, sauf si on est mouche) sur le sourcing, j'ai parlé qu'en anglais (c'est ce qu'il croit) .. personne a rien compris, pourtant c'était des anglais, mais ils ont pensé que c'était savant et m'ont applaudi de tant de science .. moi même je ne comprenais pas ces expressions mises bout à bout , mais j'ai fait un effet bœuf et au "debriefing" (rien de grave, inutile de sortir le défibrillateur, c'est juste le bilan de la réunion) j'ai eu un super feedback, ils étaient tout "supportive", on m'a félicité en me disant d'un air entendu "vous au moins vous annoncez la couleur, vous n'êtes pas que la moitié d'un con" (expression qui décidément est fort utile) .. J'ai répondu fièrement "oui je sais, je suis bien plus, tout le monde me le dit " ... mais jusque là c'était NDA (ça veut dire top secret, comme les agents du même nom, mais en disant ça tu te sens gagné par une puissance infinie).

En parlant de bœuf (mais en l'espèce c'est avec le porc que le syllogisme est le plus pertinent), le "gagnant" serait décoré d'une cocarde, en grandes pompes, comme les bœufs au salon de l'agriculture (si le lauréat est un "rainmaker" attention avec la tornade qui accompagne ce type en permanence: celui qui remet la décoration a intérêt à prendre un solide parapluie pour pas niquer d'un coup son costume à mille balles et son expérimentation capillaire, à mille balle aussi, il a un capilliculteur (mot inventé par l'auteur des traductions latines) "full of talent" qui lui fait des colorations personnalisés noir de jais avec tellement de gel pour bien agencer les mèches sur sa future calvitie qu'on croirait qu'il a un casque , je te le situe entre la botte de foin et le plat de nouille à l'encre de sèche, une réussite que je vous dis pas, mais plus cher que de vraies bottes ).. un petit tampon sur le front .. comme disait Coluche, c'est comme le Port Salut c'est écrit dessus "premier prix : un virgule quatre vingt dix neuf sur l'échelle de la connerie" (qui est graduée jusqu'à deux, les sommets sont atteints à une goutte de "waterfall" près) et si vous voulez lui faire très plaisir, le combler même vous ajoutez avant la photo "limited edition" (ce qui est heureux finalement).

« Étonnant non » (toujours le même magicien de la langue française ) 

Franchement, on aimerait bien être capable d'un élan très éphémère (on a quand même mieux à faire) de compassion, pour leur dire qu'il faut se détendre du slip de temps en temps et qu'on les plaint beaucoup de croire que la vraie vie c'est ça ... et quelle chance on a, nous, de le savoir, de ne pas se prendre au sérieux et de rire un peu entre vrais gens ... "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui", "il" disait aussi ! ... mais non franchement non ... en plus ils nous traiteraient de con, nous !!! eux !!!

En outre, à voir tous ces ignorants, saboteurs de la langue française, qui pensent orgueilleusement compenser leur infâme inculture en employant des anglicismes pour donner ce qu'ils pensent être de grandes leçons de droit, on aurait plaisir à indiquer que l'ironie de la chose est que, précisément, tout donneurs de leçon qu'ils soient, ils sont en infraction avec la loi.

Oui, déjà la Constitution de la République Française, dont l'article 2 dispose "La langue de la République est le français" puis la loi n°94-665 du 4 aout 1994 , qui dispose en son article 1 "Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics.".

Mais on ne fera pas constater l'infraction, ça serait leur donner une importance qu'ils n'ont pas, et on ne va pas non plus leur apprendre le droit, ça serait prétentieux de notre part, et surtout mission impossible qui durerait la vie des rats ... autant uriner dans une contrebasse.  

Et puis il faut être indulgent, on est pas responsable de ses propres tares et ce serait quand même cruel de leur dévoiler qu'en réalité ils ne connaissent du droit que ce qu'on peut en lire dans la chronique judiciaire de Gala ou Closer.

Il vaut mieux les tenir dans l'ignorance, même si, je le rappelle, il n'y a pas de pire con que celui qui ne sait pas qu'il est con .. et la plupart l'ignorent !

Voilà, pour en terminer, un conseil : prenez une minute de divertissement et cherchez ces traductions inventées par cet être si orfèvre de notre langue  ... vous en apprendrez plus sur le rire que de droit sur ce site , on peut se passer du second mais le premier est indispensable.

Je vous en donne quelques unes, vous trouverez les autres et celles que je n'ai pas citées, elles sont magnifiques

"- Ecce homo : Voici la lessive.

- Manou Militari: Germaine s'est engagée dans les paras!

- Mens sana in corpore salo : En tout homme, il y a un cochon qui sommeille (et, une fois de plus, le sous-titre de notre définition se justifie pleinement)

- Testis unus, testis nullus : On ne va pas loin avec une seule couille (Vieux dicton romain. D'abord employé par les garagistes à propos des roues des chars brisés dans les courses, il a pris un sens moderne sensiblement différent. Signifie actuellement : "Pour moi ce sera une glace à deux boules.")

- Veni, vidi, vici : Je suis venu nettoyer les cabinets."

- Chi va piano, va sano: Fais pas dans le piano, va aux toilettes.

Ce sont tous ces fou-rires qui confirment que j'ai bien fait de donner le livre du précédent à quelqu'un bleu qui est l'inverse de n'importe qui.

L'humour et la dérision ne sont finalement pas toujours où on croit, ce qu'une page de la plume de l'inégalable Reiser, reproduite ci dessous, illustre à merveille, avec en outre l'habituelle constatation de la proximité flagrante entre l'hominidé et l'espèce porcine (laquelle le prend, comme nous allons le voir, avec un humour fataliste).